Automatisation en élevageRobotiser la traite ou l'alimentation : les bons critères pour choisir

| par Tanguy Dhelin | Terre-net Média

Quinze ans après les robots de traite, la technologie d'automatisation de l'alimentation commence à trouver sa place dans les exploitations laitières. Pour les éleveurs confrontés à un choix entre ces deux investissements, plusieurs critères économiques et de temps en main d'½uvre permettent d'affiner la décision.

Choisir entre un robot de traite et robot d'alimentationPour gagner du temps ou réduire la pénibilité en élevage, vaut-il mieux robotiser la traite ou l'alimentation ? Tout dépend de vos objectifs et de la structure existante. Il faut alors se poser les bonnes questions et comparer les systèmes. (©Terre-net Média)

Choisir entre l’automatisation de l’alimentation ou la robotisation de la traite peut s’avérer un vrai dilemme sur une ferme laitière. Pour être sûr de faire le bon choix, un audit avec un conseiller spécialisé peut permettre d’y voir plus clair.

L'automatisation de l'alimentation impacte l'ensemble du troupeau, pas uniquement les vaches en lactation comme le robot de traite« Quand on étudie le temps de travail avec les éleveurs, on s’aperçoit qu’ils minimisent largement la durée consacrée à l’alimentation. Comme ils sont mobiles durant cette tache, ils n’y voient pas la même contrainte qu’en poste fixe dans une salle de traite », explique Anthony Baslé, responsable marché robot nutrition chez Eilyps. Autre constat souvent négligé, l’automatisation de l’alimentation impacte l’ensemble du troupeau, incluant génisses et vaches taries, et pas uniquement les vaches en lactation comme le robot de traite.

Robot de traite VS d'alimentation : quel gain de temps ?

Une étude des chambres d’agriculture du Grand Ouest met en évidence un gain de temps plus important en automatisant l’alimentation plutôt qu’en robotisant le traite. Elle inclut dans ce raisonnement le temps d’observation du troupeau, le fameux "œil de l’éleveur". « Certains éleveurs utilisent le gain de temps du robot de traite pour observer leur troupeau mais d’autres le réinvestissent dans d’autres ateliers. Attention dans ces cas là à la qualité du lait », prévient Valérie Brocart du service lait de l’Idele.

S'il faut ravitailler la cuisine du robot d'alimentation tous les jours, l'intérêt du système est moins évident...Ce constat doit aussi être adapté au cas par cas. Sur une ferme où le processus d’alimentation serait déjà optimisé au maximum, la robotisation de la traite pourrait s’avérer plus avantageuse. « Nous avons vu des situations d’automatisation de l’alimentation pour lesquelles l’éleveur devait ravitailler la cuisine tous les jours. Dans ces cas là, l’intérêt du système semble moins évident », explique Arnaud Bruel, l’un des auteurs de l’étude et conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

L'alimentation est plus simple à déléguer que la traite et le critère de pénibilité est à prendre en compte.Au-delà du gain de temps, la pénibilité de la tache doit entrer en ligne de compte. L’alimentation est aujourd’hui largement mécanisée alors que la traite reste une tâche manuelle. « S’il y un avantage certain sur le robot de traite, c’est la moindre pénibilité. Ce critère est particulièrement important en deuxième partie de carrière », analyse Valérie Brocart.

En forme sociétaire ou avec des salariés, l’astreinte des week-ends est également à étudier. Techniquement, l’alimentation est plus simple à déléguer que la traite, et la ration des génisses peut être préparée le vendredi pour le reste du week-end. Dans ce type de situation, la traite robotisée a un certain avantage.

Investir dans la robotisation : Un enjeu économique

L’un et l’autre de ces deux projets d’investissements représentent des sommes importantes. « Aux alentours de 130 vaches laitières, donc avec deux stalles de robot de traite, le coût va être à peu près similaire au robot d'alimentation avec plus de 200 000 € d’investissement », chiffre Anthony Baslé.

Un coût qui varie de 14,50 à 39,13 €/1 000 l selon la taille du troupeau.La taille du troupeau est un critère de choix primordial. Si un robot de traite peut convenir à un troupeau de taille moyenne en n’installant qu’une stalle, un automate d’alimentation est lui plus adapté au troupeau important.

Pour ces outils en plein développement, l’étude menée par les chambres d’agriculture du Grand Ouest met en évidence un coût d’investissement et de fonctionnement de 14,50 €/1 000 l pour un troupeau de 800 têtes, contre 39,13 €/1 000 l sur une exploitation de 150 bêtes. « La saturation de l’outil dépend de nombreux critères, tels que la complexité de la ration ou la fonctionnalité du robot. Mais dans la réalité, on constate que la saturation n’est pas atteinte sur de nombreux robots », indique Arnaud Bruel.

S’adapter à la structure existante

Lors de l’étude du projet, il faut prendre en compte les adaptations nécessaires aux bâtiments existants dans le coût total. Certaines structures de ferme ne permettent pas d’installer un automate d’alimentation, sauf à débourser des sommes très importantes. « Parfois l’investissement dans un système d’alimentation robotisé s’accompagne de la construction de nouveaux silos. C’est un coût induit qui doit être évalué au moment du choix », commente Arnaud Bruel.

Lorsqu'on conçoit un projet de bâtiment, il faut penser à une possible intégration de robot par la suite.Des infrastructures telles que les routes ou l’éloignement des bâtiments d’élevage peuvent également bloquer un projet d’automatisation de l’alimentation au profit de la traite robotisée. « Lorsqu’on conçoit un projet de bâtiment ou autres (silos, hangars...) aujourd’hui, on réfléchit à l'intégration possible de ce type de système sur l'exploitation par la suite, décrit Anthony Baslé. C’est d’ailleurs ce qui se passe actuellement. Certains éleveurs se sont rassurés avec la traite robotisée et quelques années plus tard, ils ont complété leur système avec une technologie automatisée pour l’alimentation. »


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DÉJÀ 7 RÉACTIONS


jersiaise
Il y a 38 jours
Après toute cette spéculation robotique qui ne profite qu'au vendeur et sav vont ils nous trouver un robot de la répartition des marges Merci
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Jonathan
Il y a 39 jours
Et en même temps l'évolution du prix de vente des produits dans les grandes surfaces. Sur un litre de lait qu'elle est la marge de la grande surface........
Si vous n'êtes pas capables, je veux bien. Laisser mon métier et prendre votre place.
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tony 03
Il y a 34 jours
c clair on a tous envie d 'évolué mais pas de s 'enterrer dans les investissement sachant que les charges ont évoluer de façon exponentiel mais que le produit converti en franc de il y a 40 ans reste le même aucune professions n'a continuer dans ce sens. les coop sont les premiers coupable lait viande céréales, elles ont été créer pour donner de la marge aux agri pas pour faire de la marges dessus en permanance.
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Jonathan
Il y a 39 jours
Web agri vous êtes complètement à côté de la plaque......
Faite de vrai sujet comme je vous l'ai demandé plusieurs fois!!!!!
Un comparatif des charges et produits sur 20-30 ans.
(Prix du lait, viande,veaux, blé....
Charges fioul, semences maïs, blé,herbe,luzerne.....fermage, vétérinaire, ia, contrôle laitier, machinisme, coût main d'oeuvre, engrais, phytos, soja, colza..............
Là vous serez pertinent
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Jb
Il y a 39 jours
Je ne sais pas combien les publicitaires vous payent... mais là c’est indécent !
A l’heure où il y aura des millions de chômeurs, le lait qui chute et une crise d’une gravité que les moins de 100ans n’ont jamais connus vous nous parlez encore des solutions qui n’augmentent que les charges et les dettes, là je dit bravo !!!
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titian
Il y a 39 jours
Tout est dit tintin, le bon sens se perd.
Un seul problème cependant, la sécurité alimentaire du système tout herbe...
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tintin
Il y a 39 jours
avec un système tout herbe on a 8 a 10 mois sur 12 avec une alimentation et des épandages automatiques sans investissement ni électricité ni panne!
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