Dossier Retour au dossier Sécheresse

Paroles de lecteursLa sécheresse de 2018 ouvre le débat sur l'assurance prairie

| par | Terre-net Média

Même si la pluie est revenue, son absence au cours des derniers mois est encore dans tous les esprits, d'autant que les effets vont se faire sentir pendant longtemps. Selon les lecteurs de Web-agri, fortement touchés, des prix corrects et de bonnes pratiques agronomiques seraient plus efficaces contre la sécheresse qu'une assurance prairie.

paroles de lecteurs secheresse assurance prairie « On va manquer de fourrages cet hiver et il faudra en acheter à un prix exorbitant », déplore Steph72. (©Terre-net Média)

Steph72 : « Semer des couverts fourragers… sans eau, ça va être difficile ! »

Poly : « On peut semer ce qu'on veut, sans eau rien ne pousse, ni méteil, ni maïs, ni prairies. L'irrigation est plus que jamais d'actualité (de manière raisonnée bien sûr). »

Commentaires issus des articles : 
Une sécheresse lourde de conséquences en grandes cultures comme en élevage
2018 pourrait entrer dans les annales des années les plus chaudes
et de plusieurs autres portant sur la sécheresse, parus au cours des derniers mois.

Patrice Brachet : « Sans eau, pas de vie ! Dire que l'excès du printemps aurait pu être stocké... »

Retrouvez le Paroles de lecteurs sur le stockage de l'eauLa guerre de l'eau s'est aussi déclarée dans les commentaires

X : « 50 % de perte en foin, 100 % pour les regains, un ensilage d'herbe de qualité très médiocre (ironiquement trop d'eau au mauvais moment) qu'il faut fortement complémenter, des maïs très courts sur pattes... j'ai fait partir des vaches parce que je ne pouvais plus les nourrir. Faut que l'État se bouge, sinon on va tous crever ! »

« Sans eau, rien ne pousse » et les animaux souffrent

Steph72 : « Heureusement qu'il y a eu le maïs chez moi parce que les prairies ont arrêté de pousser début août. »

L'occasion pour Patrice Brachet de rappeler l'intérêt du méteil : « Heureusement surtout qu’il y a le méteil ! On a réservé du maïs grain (mais si cela n'a pas été facile) pour le stocker en maïs humide. Avec notre maïs ensilage et du colza (3 kg), nous avons obtenu une ration équilibrée à 30 kg grâce au bon rendement et à l'excellente valeur alimentaire du méteil car malgré l'irrigation, la chaleur a pénalisé les maïs, en particulier dans nos sols argileux légers. »

À découvrir le Paroles de lecteurs sur le méteilDe nouveaux adeptes du méteil, dont Patrice Brachet loue souvent les vertus ?

Lolesque : « (...) La politique de l'eau en France est une catastrophe, on a l'exemple typique avec le barrage de Sivens, où 30 punks qui n'ont jamais rien foutu empêchent des agriculteurs de survivre grâce à l'irrigation. Je suis céréalier depuis 30 ans, irriguant et je n'ai aucun problème de rendement. »

Le cheval de devant : « Le pire maintenant, c'est que la pluie contrarie les semis des céréales d'automne. Et l'interdiction du Gaucho repousse les dates de semis. Nous risquons donc la double peine si nous ne réussissons pas les emblavements d'automne. Cela entraînera forcément des difficultés pour reconstituer les stocks de paille dans les années à venir. »

Ben  : « Pour les situations d'urgence, chez les éleveurs qui ont gardé leurs haies, pensez à remplacer une partie de la paille des litières animales par des plaquettes de bois. C'est l'occasion de tester la technique. »

« Cette sécheresse, la goutte d'eau qui fait déborder le vase »

Loulou : « Encore une année difficile... mais je crois que là, on touche le fond : un beau courrier des chambres d'agriculture qui nous conseillent d'équilibrer les rations d'analyser nos fourrages et de veiller à ne pas sous-alimenter nos futures reproductrices… Bref, rien de nouveau sous le soleil, même hors période de sécheresse. Le souci : les portefeuilles sont vides et ce ne sont pas les 70 % d'aides Pac, que Bruxelles nous doit, qui vont résoudre le problème. »

Steph72 : « L'année prochaine, les cessations d'activité progresseront encore en productions animales ! Entre la suppression de l'ICHN pour certains, les prix qui baissent et les charges qui augmentent, cette sécheresse est vraiment de trop ! »

Patrice Bry : « Je suis dégoûté : les prix de tous les intrants grimpent et vont même exploser pour l'alimentation animale alors que le prix du lait continue de dégringoler. Honte aux industriels, GMS et consort qui aggravent encore la situation ! »

Steph72 : « On va manquer de fourrages cet hiver et il faudra en acheter à un prix exorbitant. Cela va encore plomber les résultats des élevages ! Cette sécheresse est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Si les industriels ne font aucun effort, plein d'éleveurs vont devoir décapitaliser en vendant des animaux (beaucoup ont déjà commencé à le faire à cause des cours de la viande bovine, très bas…), voire mettre la clé sous la porte. »

MDR : « Quand on voit le prix du foin, de la paille et des céréales, on se dit que la sécheresse n'est pas mauvaise pour tout le monde ! »

Jonathan : « Bien dit, MDR ! »

« Que font l'État et les responsables agricoles ? »

Debout : « Bizarre... selon l'article publié juste avant, le moral des agriculteurs est bon ?! Je vois que beaucoup de gens constatent qu'il y a une importante sécheresse, c'est déjà pas mal. Mais que font les chambres d'agriculture pour aider les éleveurs ?? C'est grave car rien de concret n'est mis en place ! Une fuite en avant des parties prenantes !! Les vaches, qui seront abattues pour limiter les effectifs et donc les achats d'aliment destinés à combler le manque de fourrage, risquent de ne pas être remplacées une fois la sécheresse passée. Les politiques aussi s'en fichent de la disparition progressive de l'élevage en France... Et que font les responsables agricoles pour lutter contre cela ? Pas grand-chose non plus... » 

Un autre Paroles de lecteurs à propos du moral des agriculteursConstructeurs et agriculteurs auraient meilleur moral ? Mais pas les lecteurs !

Pedro : « Le gouvernement et les gens en général ne veulent plus d'élevage, bovin surtout. Ils tablent sur une érosion massive des revenus agricoles pour dégoûter les éleveurs. »

Steph72  : « En 2003 et 2006, on avait eu droit à des exonérations de taxe foncière et des aides calamités. Ce gouvernement veut faire disparaître les agriculteurs. Le meilleur moyen d'y parvenir : ne pas les aider dans ce type de situation. »

Maxens : « Il ne fallait pas de faire trop d'illusions. Vu les finances du pays et le peu de considération de nos dirigeants actuels pour l'agriculture, on pouvait s'attendre au mieux à des avances de trésorerie remboursables... Or, beaucoup d'entre nous n'ont pas encore digéré la moisson catastrophique de 2016. Alors qu'espérer ? »

X  : « Va peut-être falloir se dépêcher de distribuer des indemnisations dignes de ce nom. Si le gouvernement ne nous donne qu'une ATR, il peut rester couché. »

Bruno 02  : «"Le ministre a confirmé qu'un certain nombre de dispositifs nationaux seraient activés comme c'est le cas à chaque fois en cas d'intempéries " : ah, vraiment ? Les effets d'annonce des ministres précédents, non suivis de faits concrets, rentrent donc dans le cadre de dispositifs nationaux ? Voilà enfin une précision utile. (...) »

Debout : « Un éleveur s'adapte toujours avec les fourrages dont il dispose. Inutile de lui montrer comment faire, un éleveur sait ! C'est son environnement politico-économique qu'il n'arrive pas à maîtriser !!! La volatilité des cours agricoles fait très mal en cas de sécheresse... Et tout ceux qui gravitent autour de l'agriculteur ne font rien pour le soutenir face à ces incidents climatiques qui sont, somme toute, normaux et connus. Avant les banques prêtaient plus facilement de l'argent dans ces cas-là. Il y avait une plus grande confiance... Mais maintenant, vous n'avez qu'à vous débrouillez avec ce que vous avez ! »

« Avec des prix agricoles corrects, nous pourrions faire face »

The germs : « Comme je l'ai malheureusement déjà fait remarquer sur ce site web, on ne peut plus compter que sur soi-même et sur ses proches (voisins, amis...) pour s'en sortir... »

Isidore : « Du moment que les Parigots sont contents : ils ont pu profiter des "barbeucs" un peu plus longtemps, d'autant que le prix de la viande est de plus en plus bas. » 

Bonarien  : « J'ai déjà vécu ce genre de situation et en général, les agriculteurs paient le prix fort car nos concitoyens s'en foutent, du moment qu'ils ont eu leur dose de soleil, des - 10 voire 20 % de baisse de la production laitière ( malgré des frais plus élevés), des récoltes qui grillent, des bêtes qui souffrent de la chaleur. Le pire : si certains meurent, on vous accuse de maltraitance animale ! Les exploitations connaissent de graves difficultés financières, mais personne ne s'en soucie, il faut faire avec... »

Jett : « Nous n'avons pas attendu la FNSEA pour réagir, heureusement (achat de stocks fourragers et décapitalisation de cheptel), et intégrer financièrement le fait que la production de lait va diminuer cet hiver. Le prix du lait risque d'augmenter l'année prochaine, j'imagine que le syndicat majoritaire s'en vantera ! (...) »

Steph72 : « On va devoir assumer la sécheresse seuls. Les pouvoirs publics n'en ont rien à foutre, ils n'ont pas l'intention de nous aider. Les coûts de production agricoles explosent mais les prix de nos produits diminuent, surtout en viande bovine à cause de la décapitalisation liée au manque de fourrage. On n'a plus de marge de manœuvre : les euros manquants nous auraient bien aidés à supporter les aléas climatiques. Il y a encore trop d'éleveurs sans doute ! »

Lolesque : « Si les prix agricoles étaient corrects, les producteurs pourraient faire face à la sécheresse ! Tant que l'État n'aura pas compris cela, ce sera la crise. »

Bou21 : « Si nos produits étaient payés à leur juste valeur et non pas comme il y a plus de 30 ans, nous serions effectivement capables de supporter les intempéries, la sécheresse et la canicule. Au lieu de ça, il faut toujours remplir des dossiers qui, au bout du compte, ne donnent droit à rien. Il y a toujours un critère qui nous empêche d'être dans les clous. »

Beaucoup disent « bye bye » à l'assurance prairie

Kami : « Bientôt, il faudra une assurance pour tout et n'importe quoi : la récolte, moisson, les prairies, les semis, etc. On n'a déjà pas de quoi vivre de notre travail. Et en plus, il faudrait encore payer des cotisations ? Je ne cotise que pour la retraite car sinon, je n'aurais rien. C'est à se demander s'il ne vaudrait pas mieux aller bosser ailleurs. »

Prudence : « L'article précise bien qu'en 2017, un assureur a indemnisé un seul éleveur sur 10 cotisants. Faut-il conclure qu'il y en 10 qui payent pour un seul qui gagne ?! »

Bou21 : « Si on nous payait les produits à leur juste valeur, nous serions capables de surmonter les difficultés climatiques. On n'a pas besoin de faire vivre des bureaucrates et des compagnies d'assurances pour finalement n'avoir droit à rien. »

Tell14 : « L'assurance profite avant tout à l'assureur !! C'est à nous de nous adapter, il ne faut rien attendre des autres. »

Farmer50 : « Perso, je viens de dire bye bye à mon assurance récolte. Cette année, je suis passé de 14-15 tMS/ha en maïs ensilage à un peu plus de 10 tMS et l'expert de l'assurance m'a dit : "Vous êtes juste en dessous de la franchise, vous n'allez pas toucher grand-chose." L'assurance récolte, je vais la faire moi-même (quelques hectares de maïs en plus et un assolement diversifié par exemple) pour mettre l'équivalent de la cotisation sur un compte épargne. Aux dires du Groupama du coin, les agriculteurs sont nombreux à agir ainsi. »

Agrilot : « Et moi, j'ai dit bye bye à l'assurance prairie, pour laquelle j'ai une franchise de 20 %. Cette année, il me manque environ 50 t de foin et deux mois de pâturage. La réponse de mon assureur : franchise non atteinte selon le satellite. Or, la situation est pire qu'en 2003 dans mon secteur. Donc une fois de plus, l'assurance ne sert à rien. Pour la rendre obligatoire et efficace, il va falloir revoir bien des choses. »

Patrice Brachet : « Le système satellite de l'assurance prairie n'est pas fiable. C'est ce que m'a dit un assureur et votre témoignage en est la preuve. »

Bonarien : « Pourquoi de tels niveaux de franchise pour l'assurance récolte ? Parce que des collègues haut placés (syndicalistes, présidents de coop, etc.) ont fait jouer leur statut pour obtenir, pour eux ou leurs copains, des indemnisation indues dont ils se servent pour s'agrandir. Dans les autres secteurs d'activité, le syndicaliste du coin n'a aucun passe-droit ! »

« L'agronomie, la meilleure protection »

PàgraT : « Très heureux de voir tous les commentaires précédents. Nous n'avons rien à attendre des assureurs, juste des ponctions supplémentaires. Nous ne devons compter que sur notre bon sens paysan, sur l'agronomie... Une remarque toutefois, il semblerait que le tout herbe aussi soit risqué, comme quoi la diversité ne nuit jamais ! »

Titian : « Pour moi, c'est comme en grandes cultures, la première des assurances récolte, c'est ne pas avoir tous ses œufs dans le même panier, grâce aux rotations en l'occurrence. Il faudrait peut-être sécuriser les systèmes herbagers en intégrant un peu d'autres fourrages. Les modèles "tout maïs" dans le sud-ouest évoluent bien vers plus de diversité. »

Patrice Brachet : « Effectivement Titian, il faut s'adapter au changement climatique, surtout dans le sud. À ce jour, l'assurance prairie (contrairement à l'assurance récolte) n'est pas très intéressante car dès que le satellite repère un peu de vert, cela devient compliqué pour être indemnisé (dixit le commercial qui vend ce type d'assurances).»

Tell14 : « Nous devons en effet diversifier nos assolements, avec notamment des méteils, et constituer des stocks car l'assurance ne te donne pas de quoi manger au troupeau. »

Steph72 : « La meilleure assurance, c'est de ne pas tout miser sur l'ensilage et cultiver des plantes fourragères résistantes à la sécheresse (luzerne, dactyle, trèfle violet) ou des méteils qui craignent moins le manque d'eau. »

En savoir plus sur les plantes qui souffrent peu du déficit hydriquePlantain et chicorée : des espèces qui survivent à la sécheresse

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article