Cop21 et agricultureCouvrir sa fosse à lisier pour réduire les émissions d'ammoniac

| par | Terre-net Média

Selon l'Ademe et le Citepa, le développement de la couverture des fosses à lisier dans les élevages, notamment de bovins, permettrait de réduire de 36 000 t par an les émissions d'ammoniac du secteur agricole.

couverture de fosse à lisier Seulement 10 % des élevages de bovins sont équipés de fosses couvertes pour stocker les effluents. (©Terre-net Média)

« I nstallez couvert ! » Tel est le message qui pourrait être adressé aux éleveurs qui investissent ou modernisent leurs équipements de stockage des effluents . Selon l’Ademe et le Citepa, centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique, le développement de la couverture des fosses à lisier dans les élevages porcins et bovins lait, permettrait de réduire de 36 000 t les émissions annuelles d’ ammoniac (NH3) du secteur agricole.

Cop21 : Plein gaz sur les solutions agricoles

A l’approche de la Cop21, la Conférence mondiale sur le climat organisée du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, Web-agri.fr se penche tout au long du mois de novembre sur les marges de manœuvre existantes pour réduire l’empreinte carbone des exploitations agricoles.
Dans son kit de communication « Bon pour le climat », l’APCA estime à environ 20 % le potentiel d’économies de gaz à effet de serres grâce au large développement de 10 actions dans les exploitations.

L’ammoniac se transforme dans l’air en protoxyde d’azote (N2O), puissant gaz à effet de serre  : le N2O a un pouvoir de réchauffement 298 fois supérieurs au CO2 ! Selon l’APCA, le stockage des effluents en élevage porcins et bovins lait représente 15 % des émissions d’ammoniac.

Dans son kit de communication « C’est bon pour le climat », l’APCA rappelle les intérêts de la couverture des effluents : « réduire les émissions d’ammoniac en limitant les échanges lisier/atmosphère, réduire les émissions de méthane selon le type de couverture, mieux conserver l’azote pour la fertilisation des cultures, éviter la dilution des déjections par l’eau de pluie et optimiser les coûts d’épandage ».

Jusqu'à 90 % de réduction des émissions

La  couverture des fosses à lisier se développe chez les éleveurs de volailles et de porcs. Mais son développement reste encore faible dans les ateliers laitiers. Selon le Citepa, 39 % des élevages de volailles seraient équipés de fosses couvertes, contre 17 % des élevages porcins et seulement 10 % des fermes laitières.

Une couverture de fosse permettrait de réduire de 10 à 90 % les émissions de NH3, selon les Chambres d’agriculture. Ces dernières expliquent par ailleurs que, pour une capacité de stockage égal, une fosse non couverte doit présenter un volume supplémentaire de 15 à 60 % pour tenir compte de la pluviométrie. Avec une fosse couverte, le volume d’épandage est donc plus faible, de 20 à 30 % par rapport à une fosse non couverte.

Ceci dit, cette solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre a un coût : de 1 à 2 €/m 3 de lisier sur 10 à 20 ans selon la technique choisie : couverture souple ou rigide.

Quant à la couverture naturelle par formation d’une croûte – solution  au coût nul – elle permettrait une réduction de 35 à 50 % des émissions de NH3 et une réduction significative de méthane selon les techniques. « Mais elle demande des adaptations pour l’épandage. »

Les différents types de couvertures de fosses
  • Couverture par croûte naturelle (porcins, bovins) : la technique consiste à limiter le brassage pour qu’une croûte de surface se forme. Elle demande toutefois des adaptations pour le remplissage de la fosse et l’épandage ;
  • Couverture souple : toile en PVC traitée selon différentes configurations (mât central ou à plat, couverture flottante ou couverture gonflée) en fonction de la forme de la fosse ;
  • Couverture rigide : en béton étanche, panneaux en fibres de verre ou toiture. Elle convient bien aux zones avec risques d’enneigement.
Il existe plusieurs types de bâches pour les fumières : bâches géotextiles et tissées. Le bâchage des fumiers ne convient toutefois pas lors d’un système de renouvellement fréquent des fumiers. Dans tous les cas, les tas doivent être conçus en minimisant la surface de contact avec l’air.

« La décision de couvrir sa fosse ou sa fumière s’intègre généralement dans une réflexion plus large sur la gestion des déjections et la modernisation des bâtiments », explique l'APCA.
*Données issues du kit de communication « Bon pour le climat » de l’APCA


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