Reportage au Gaec Gardanes (53)Cinq associés et de la technologie pour produire 1,2 million de litres

| par | Terre-net Média

Le jeudi 30 août 2018, le Gaec Gardanes ouvrira les portes de son élevage situé à Astillé au c½ur de la Mayenne. Découvrez en avant-première cette exploitation où les nouvelles technologies ont toute leur place pour aider les 5 associés à produire les 1,2 million de litres de lait de leur contrat.

Cliquez sur la vidéo pour découvrir le Gaec Gardanes en images

L eur accent du Sud est toujours là ! Cela fait pourtant huit ans que la famille Gardanes a quitté sa ferme du Tarn-et-Garonne pour s’installer en Mayenne. « Nous faisions du lait et des légumes, explique Véronique Gardanes, mais nous ne parvenions pas à s’agrandir. Nous sommes alors partis à la recherche d’une autre exploitation et c’est ici à Astillé que nous avons repris 160 ha et 500 000 litres de quota en 2010. »

5 associés : chacun à son poste

Nicolas, l’ainé des deux fils, a rejoint le Gaec Gardanes peu de temps après l’installation de ses parents, suivi en 2015 par son frère Clément et sa belle-sœur Sarah en 2017. Les associés ont alors saisi l’opportunité de reprendre deux exploitations successives sur 2015 et 2016, qui les amènent aujourd’hui à exploiter 230 ha et produire 1 200 000 litres. Pour augmenter leur production, les éleveurs ont acheté quelques animaux à l’extérieur et se sont surtout concentrés sur le renouvellement de leur troupeau. Le troupeau actuel comprend 130 vaches laitières dont la moitié sont des primipares.

Le Gaec dispose également d’un atelier de 260 veaux de boucherie et d’un atelier porcin (270 porcs label rouge sur paille et 360 conduits en filière classique + 400 places en post-sevrage). Avec cette diversification, les associés n’ont pas le temps de s’ennuyer ! Côté organisation du travail, chacun est à son poste : Didier, le père, s’occupe plutôt du travail de plaine tandis que sa femme reste sur l’élevage, Nicolas gère l’alimentation des vaches laitières, Clément l’affouragement, l’élevage des génisses et des porcs, tandis que Sarah se concentre sur les veaux.

Le Gaec Gardanes : une exploitation d'élevage familiale De gauche à droite : Véronique, Clément, Sarah, Didier et Nicolas qui composent le Gaec Gardanes à Astillé (53) (©Terre-net Média)

Le Gaec Gardanes en quelques chiffres :
230 ha
130 VL
1 200 000 litres
10 000 l/VL
Taux : 39/33
180 000 cellules
Environ 2 mammites/mois
IPE (achat des semences via l’Ipem 53)
260 veaux de boucherie
270 porcs label rouge
360 porcs en filière classique
400 places en post sevrage

À la pointe des nouvelles technologies

Doubler le cheptel c’est bien mais il faut pouvoir loger tout le monde. Pour cela, le Gaec a fait construire une nouvelle stabulation dont le bardage est fait de filets brise-vent contrôlés par une station météo. Située sur le pignon du bâtiment, celle-ci mesure la température extérieure, le taux d’humidité, la vitesse du vent et sa direction. Avec ces données, elle contrôle la ventilation du bâtiment par l'ouverture les filets.

Pour leur confort, les vaches sont en logettes avec tapis + paille. L’installation de traite 2x6 postes a été remplacée par deux robots de traite Delaval. Une caméra BCS a été installée afin d’évaluer la note d’état corporel des animaux à chacun de leur passage au robot ce qui permet aux éleveurs d’inséminer au bon moment. « Il faut que les vaches soient suffisamment en état pour être mises à la reproduction, explique Nicolas. Pour les génisses, elles doivent atteindre 400 kg avant d’être inséminées. On vise un vêlage à 24 mois. » Concernant les veaux, ils sont en cases individuelles durant 1 mois puis sont regroupés en igloo jusqu’à 6 mois. Dès leur 5e jour, ils sont nourris à la poudre distribuée par un taxi à lait.

1 million d’euros pour s’agrandir et se moderniser

Une désileuse automotrice et un robot repousse fourrage complètent la gamme d’équipements technologiques dans le bâtiment des vaches laitières. Les génisses et vaches taries sont, quant à elles, dans un autre bâtiment. Les génisses disposent d’ailleurs de logettes afin de vite s’y habituer. Les éleveurs sont équipés dans la détection des chaleurs et des vêlages et disposent d’une caméra au-dessus des boxes de vêlage.

Au total, depuis leur installation, les associés ont déboursé près d’un million d’euros dans la reprise des exploitations et la modernisation de leur outil de production. « Si c’était à refaire, on n’aurait sûrement pas agrandi le troupeau laitier et on aurait installé qu’un seul robot, affirme Nicolas qui estime que les échéances restent importantes. On aurait plutôt développé l’atelier veaux de boucherie. » 

Lait de pâturage et sans OGM : + 21 €/1000 litres

Avec la mise en route des robots de traite, la famille Gardanes avait exclu le pâturage de leur système. Ils ont néanmoins changé leur feuille de route. Ils se sont récemment engagés dans la nouvelle charte de leur laiterie Bel : les vaches ont une alimentation sans OGM (qui leur confère + 6 €/1000 litres) et ont accès à 10 ha de prairies autour de la stabulation (+ 15 €/1000 litres). Cette prime de 21 €/1000 litres vient s’ajouter au prix du lait de base de 350 € sur 2018.

Les éleveurs se sont également tournés vers l’affouragement en vert . Ils distribuent ainsi de l’herbe durant 6 mois de l’année. Dans l’ordre de récolte : RGI + trèfle, RGA + trèfle, luzerne et enfin du colza fourrager jusque novembre.

Ration d’hiver (kg de MS)

Ration d’été (kg de MS)

14 maïs
2,2 colza
5 ensilage d’herbe
1,5 enrubannage de luzerne
1 luzerne déshydratée fibre

7 maïs
0,8 colza
7 affouragement en vert de RGA + trèfle
1,5 affouragement en vert de luzerne
0,5 luzerne déshydratée
pâturage

Au robot (en moyenne) :
2,5 kg de VL 4 litres
1,5 kg de correcteur

 

Portes ouvertes du Gaec Gardanes le 30 août 2018 :
Tous les 2 ans, l’association Prim’holstein 53 organise une journée portes ouvertes dans un élevage du département. C’est le Gaec Gardanes à Astillé qui ouvrira cette année ses portes au public le jeudi 30 août de 10h à 17h. « Cette année, le thème des outils connectés colle bien avec l’exploitation, affirme Julien Lagoutte vice-président de l’association. Près de 70 partenaires animeront cette journée autour des technologies au service de l’élevage ». Dans un même temps, un pôle végétal présentera les résultats d’essais fourragers et des concessionnaires feront des démonstrations de travail du sol sur chaumes de blé.

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DÉJÀ 15 RÉACTIONS


s’50410
Il y a 148 jours
Par rapport à 2016 (600 millions de litres)pour fin 2018 début 19 il faut passer les 415 millions supplémentaires.Il semble que la fnab soit confiante. Ensuite à voir si les promesses du plan « bio ambition 2022 » soit maintenu par le ministre de l’agri avec les fonds et l’engagement Vers la resto collective.
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Patricp
Il y a 149 jours
À propos du bio ( rien contre le bio je précise) des rumeurs de baisse de prix en lait êtes vous au courant ? Ou intox?
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La chouette
Il y a 148 jours
Étant donné que la demande en conso légumes-fruits bio explose depuis quelques années il est inévitable que la formule sur substrat (l’hydroponie) va l’emporater sur la culture de plein champ.De surcroît en import-export en dehors du logo rectangulaire euro feuille vert.
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titian
Il y a 149 jours
Si, si, renseigne toi, il y a déjà des dérogations "bio" pour la culture de légumes en hydroponie en Europe du Nord.
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Stéphane ETIENNE via Linkedin
Il y a 149 jours
Une belle visite à réaliser, de belles installations, un beau projet. Et en prime, l'acccent du sud pour accentuer le côté sympathique des hôtes.
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Bio
Il y a 151 jours
Petite précision quand même vu qu'on entend un peu tout sur le bio.
En bio il n'y a pas de légumes fait sans terre, si non c'est considéré comme du hors sol et donc interdit. Tout ce qui est fait par exemple sur des toits dans des bacs de terres ne peuvent être certifiés bio.
A une époque certains producteurs voulaient faire du bio comme ce qui se fait actuellement en conventionnel pour la tomate ou les fraises en serre chauffée sur un substrat, mais du coup ça a été interdit
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s'50410
Il y a 152 jours
Le bio a tellement le vent en poupe que tout se vend.Dans les légumes on en est arrivé à le produire sans terre ni lumière! et ça marche du tonnere. Et si y a autant d'investisseur dans le bio c'est pour cause de retour sur investissement carrément juteux. EN europe et aux état unis:Danone Nestlé Cargill Hain celestial Walmart City Group Houdini Martin Lockeed Monsanto Philip Morris CocaCola Stonyfield Farm Bjord Bonneterre...tout le monde en veut!
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pierre
Il y a 154 jours
pourvu qu elise lucet ne s empare pas du sujet
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s’50410
Il y a 149 jours
C très bien car l’exempl Que je cite est breton et collecté par Sodiaal.Et c salaires versés (à3)les 350€.La ferme dispose de 106 vl au total et 1 million de référence.Vous le dites vous même système productif -Ebe élevé-.Utilisation d’huiles essentielles et homéopathie.Pour finir vous avez en France 7 organismes Certificateurs en bio,ce dernier n’as pas forcément les mêmes exigences dans sont cahier des charges par rapport à l’industriel. Ce cas concret vous ne le trouverez pas chez Biolait.
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JETT
Il y a 152 jours
50410, je ne sais pas ou vous exploitez... mais déjà les betteraves ne sont pas bio dans ma région bretonne...mini 3 desherbage. Ensuite, EBE moyen en conventionnel c'est 150 euros la tonne de lait au centre compta en 2017 dans mon département, je suis à 220 grace à un système économe et productif (2 tonnes d'herbe+trèfle paturée par vache par an et 3 tonnes de mais ensilage). Les bios sont bien à 350 euros d'EBE à la tonne de lait.
Et enfin je comprends toujours pas comment on peut vendre du lait de paturage en ne sortant quasiment pas les vaches dehors
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