Contre l'engorgement du marché laitierLever le pied sur les concentrés pour ralentir la production

| par | Terre-net Média

En cette période de crise du coronavirus, les professionnels de la filière laitière en appellent à la responsabilité de tous et demandent aux éleveurs de ralentir leur production afin d'éviter un engorgement du marché laitier et donc une baisse du prix du lait. L'Idele recommande alors de réduire les apports de concentrés, une solution moins radicale que jeter du lait ou encore réduire les effectifs.

Vaches laitières à l'augePour éviter une saturation du marché laitier, les laiteries demandent à leurs producteurs de lever le pied sur la production. Cela passe notamment par l'alimentation du troupeau. (©Terre-net Média)

Face au coronavirus et aux mesures de confinement qui en découlent, la consommation des produits laitiers n'est pas au rendez-vous. La filière laitière craint un engorgement du marché et un effondrement du prix du lait. Plusieurs laiteries ont demandé à leurs éleveurs de ralentir la production. Une demande qui tombe très mal en cette période de mise à l'herbe.

L'Idele s'est penché sur le sujet et recommande aux éleveurs de réduire les quantités de concentrés distribués. « C'est une solution efficace, qui a le mérite d'être facilement réversible pour reprendre une production normale ensuite », expliquent les experts. Autre avantage : cette diminution fera aussi redescendre la pression logistique sur les usines d'alimentation, qui sont elles aussi en tension. Concernant le correcteur azoté, son apport peut également être limité pour accentuer la baisse.

En cette période, le cours des tourteaux fluctue beaucoup. Suivez les grâce aux cotations de Web-agri.

Attention tout de même : il faut continuer à maintenir un apport de fourrage suffisant et de bonne qualité et adapter la diminution du concentré à la ration du moment :

RationBaisse du concentré de productionBaisse du correcteur azoté
Pâturage dominant- 0,8 à - 1 kg de lait/VL/j par kg de concentré brut/VL/jLevier non mobilisable car correcteur non distribué
Pâturage + fourrages conservés- 0,5 à - 0,8 kg de lait/VL/j par kg de concentré brut/VL/j

À partir d’une ration équilibrée :

- 1,7 kg de lait/VL/jour pour -1 kg de tourteau de soja
- 5,0 kg lait/VL/jour pour -2 kg de tourteau de soja
(équivalence : 1 kg tourteau de soja pour 1,5 kg tourteau de colza)
Ration 100 % fourrages conservés- 0,5 kg de lait/VL/j par kg de concentré brut/VL/j

L'Idele recommande de réaliser un budget partiel pour évaluer l'impact économique en calculant les bénéfices (économie, + de TB) et les pertes (moins de lait, baisse du TP).

Pour en savoir plus, retrouvez les fiches FlexiSécurité de l'Idele.

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DÉJÀ 23 RÉACTIONS


The germs
Il y a 239 jours
@ Marius: je ne donne déjà pas de "concentrés", donc je ne vois pas où ma marge va s'améliorer surtout en diminuant ma production avec un prix du lait qui baisse!...
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marius
Il y a 242 jours
- de concentrés = + de marge. Mais à dû mal à convaincre.
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Lau
Il y a 243 jours
Bonjour
Tout à fait d accord avec l article
Un effort collectif de baisse serait salutaire
Mais à la lecture de certains commentaires on n y est pas...
Comme d habitude, ’’ nous on peut pas diminuer! ’’
Alors on ira encore dans une crise profonde et on perdra encore quelques collègues ! Et nous pourrons à nouveau agrandir nos fermes....
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BIOLAIT 29300
Il y a 243 jours
Eh les gars ! Ça ne vous rapelle pas la régulation ? Souvenez-vous de l'APLI de l'EMB et du PRM ! Avec de telles perspectives un tel système de maîtrise de la production serait particulièrement utile. D'ailleurs, certains dirigeants de coops y songent...
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The germs
Il y a 243 jours
Le risque de tout cela, c'est d'avoir un effet "boomerang" à la sortie de la crise sanitaire: partout il semble manquer de lait!
Car, il s'agit surtout d'un problème structurel, une désorganisation des marchés, lié à la crise sanitaire, bien plus qu'une surproduction à mon avis.
Donc, il y a de forte chance que l'on nous demande de produire plus à partir de juillet-août... pas la meilleur période pour monter en production.
Si la météo n'est pas de la partie, il faudra s'attendre au mécontentement de nombreux éleveurs!
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steph72
Il y a 243 jours
Dans cette etude on ne parle pas de l'impact sur le revenu ou sur la marge;
Nos emprunts on les rembourse tous les mois;
Le technique c'est bien mais s'il y a un impact financier important pour le producteur pourquoi c'est toujours à lui d'assumer le cout;
Comme je le dis plus bas on gele les redistributions ou les allocs provisoires c'est moins pénalisant;
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B_rouille_idele
Il y a 243 jours
Merci pour votre message !
Je connais la perception des éleveurs ! Mais je n'ai aucun pouvoir sur la situation, je reste donc à ma place.
D'un autre côté, si Idele n'avait pas produit ce type de dossier technique, d'autres éleveurs nous seraient "tomber dessus" en nous disant "vous foutez quoi ?". C'est sans fin mais on apporte notre petite contribution là où on peut ;)
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The germs
Il y a 243 jours
@Mr Rouillé: Votre analyse et votre aide part d'un bon sentiment, mais de la perception de nombreux éleveur, ça revient un peu à se débrouiller, encore une nouvelle fois, par soit même...
Il est évident que l'on trouvera chacun une solution, c'est l'avantage de l'élevage laitier, mais il n'en demeure pas moins que c'est encore aux éleveurs d'être flexible... et ça fait beaucoup surtout en pleine crise sanitaire, certes sans précédent. Par exemple, vendre plus de vaches de réforme pour baisser en production est clairement difficile dans ce contexte...

Bon courage à toutes et tous en tout cas, et prenez soins de vous!
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Bobocop
Il y a 243 jours
Qu'on arrête d'importer et l'on ne sera plus en surproduction,
Les frontières sont toujours ouvertes aux marchandises alimentaires il faut le savoir..

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Bobocop
Il y a 243 jours
Comme d'habitude on se rabat sur la variable d'ajustement : les producteurs.
Terra lacta nous a déjà annoncé une baisse du prix du lait pour les mois à venir,
Pourtant les rayons de produits laitiers dans les GMS son vide en permanence, avec la peur d'une pénurie des consommateurs.
C'est aux industriels d'orienter la transformation vers des produits à conservation longue, et non au producteur de réguler la production.

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