Prix du laitUn vrai casse-tête, bientôt coté en bourse

| Afp

Paris, 26 mars 2015 (AFP) - En France, la fixation du prix du lait payé aux producteurs se fait selon un système très compliqué et opaque, ce qui pousse Euronext à lancer à partir d'avril un contrat lait sur les marchés financiers.

Le mode de fixation du prix du lait est tellement complexe que « l'éleveur ne sait pas forcément, quand il traie sa vache, combien le lait va lui être payé », explique Marie-Thérèse Bonneau, secrétaire générale de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Pour les éleveurs qui travaillent sous contrat avec des entreprises privées, le prix résulte de savantes équations élaborées à partir d'indicateurs comme les cotations du beurre et de la poudre de lait, le prix des fromages allemands ou l'évolution des prix des produits de grande consommation. Les prix allemands font eux-mêmes référence aux prix de la coopérative néo-zélandaise Fonterra, premier exportateur mondial de lait. Les contrats sont signés pour cinq ans et le prix peut être réajusté en fonction de la qualité du lait produit.

Pour l'autre moitié des éleveurs, ceux qui livrent leur lait aux coopératives, les prix sont fixés par le conseil d'administration, en fonction de différents indicateurs. « Il n'y a pas de référence unique de prix aujourd'hui en Europe, mais plusieurs au niveau local », expliquait au début du mois Nicholas Kennedy, de la branche matières premières du groupe boursier Euronext. « Quand le collecteur achète le lait au producteur, cela se fait de manière bilatérale et peu transparente », ajoute Olivier Raevel, directeur matières premières d'Euronext.

Se garantir contre la volatilité du prix du lait

D'où l'idée de coter en bourse les produits laitiers, afin d'obtenir un « prix synthétique » et de permettre aux industriels de se garantir contre la volatilité des prix, même si « tous les secteurs ne sont pas très heureux de voir plus de transparence sur le marché des produits laitiers », souligne-t-il. « En tant qu'industriels laitiers, on n'a jusqu'à maintenant pas trouvé d'intérêt à ce genre de contrats et je ne vois pas pourquoi il y en aurait », avait expliqué au moment de l'annonce du contrat Gérard Calbrix, économiste au sein de l'Atla, l'Association de la transformation laitière française, première utilisatrice du lait frais.

Euronext lancera tout début avril trois contrats sur les produits laitiers à usage industriel : le beurre, la poudre de lait écrémé et la poudre de lactosérum. Ces contrats en euros seront cotés à Amsterdam, « au plus près du bassin de production » du lait en Europe, explique Euronext, qui n'exclut pas à terme de rajouter un contrat sur le fromage, en fonction de la demande du marché.


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