Hervé Pelé (49)Valoriser ses veaux mâles Jersiais grâce à la vente directe

| par Nathalie Tiers | Terre-net Média

En 2019, Hervé Pelé a élevé les 18 veaux mâles de race Jersiaise nés sur son exploitation sous des vaches nourrices. Six d'entre eux ont permis d'élaborer des produits à base de viande de veau pour la vente directe, tandis que les douze autres poursuivent leur carrière en tant que b½ufs. Des pistes à étudier, permettant aux éleveurs de Jersiaises de valoriser leurs veaux mâles.

Hervé Pelé, éleveur laitier dans le Maine-et-LoirePour optimiser la production de ses prairies, socles de son système d'élevage, Hervé Pelé y intègre de la chicorée et du plaintain. (©Terre-net Média)

Le système de production choisi par Hervé Pelé à son installation en 2003 à Trémentines en Maine-et-Loire (49) reposait dès l’origine sur la race Jersiaise. « Je voulais une vache rustique, ne pas me lever la nuit pour les vêlages, et avoir une qualité de lait offrant la possibilité de développer la transformation », résume-t-il. 17 ans plus tard, l’exploitation compte 70 vaches principalement de race Jersiaise, et 84 ha dont 66 sont accessibles aux vaches.

L’activité de transformation en produits ultra-frais (50 000 litres de lait à l'année) s’est développée depuis 2011 dans le cadre de la SARL Trem’lait, dans laquelle Hervé Pelé est co-gérant non-actif aux côtés de Patricia Grégoire qui prend en charge cette activité. Les débouchés sont les collectivités, et la vente directe en magasins, restaurants, ainsi qu’aux particuliers. Le lait non transformé est commercialisé auprès de Biolait.

Pour la vente aux particuliers, l'éleveur fait partie d’un groupement d’une quinzaine de producteurs locaux utilisant le site « Le Baluchon fermier » avec une livraison hebdomadaire sur plusieurs points de retrait.

Diversifier la gamme grâce à la vente directe

Comme d’autres éleveurs de Jersiaises, Hervé Pelé cherche des solutions pour valoriser les veaux mâles naissant sur son exploitation. « La vente directe présente une opportunité pour diversifier la gamme, mais la difficulté dans mon cas est de ne pas créer de concurrence avec le producteur de viande bovine déjà présent dans le groupement » explique-t-il.

Valoriser les veaux mâles sans concurrencer le producteur de viande bovine du groupement.En échangeant avec un transformateur à façon de la région, il retient l’idée de réaliser du saucisson ainsi qu’une gamme de conserves à base de viande de veau (bolognaise, rillettes, effiloché).

Produits transformés de viande bovineSix veaux abattus à l’âge d’un an ont fourni 600 kg de viande transformée en conserves et saucissons. (©Terre-net Média)

C’est ainsi qu’en 2019, il décide d’élever ses 18 veaux mâles sous 9 vaches nourrices en fin de carrière. Six d’entre eux sont abattus à l’âge d’un an, fournissant 600 kg de viande de veau. Celle-ci est destinée à la fabrication de saucisson (280 kg), de conserves (280 kg) et à la consommation familiale. « Ces produits sont appréciés par les clients. En revanche, la date limite de consommation pour le saucisson, six semaines après la fabrication, était beaucoup trop courte par rapport aux 520 saucissons à écouler ! Pour les conserves, la DLC est de deux ans, c’est plus facile à gérer. »

L'éleveur prévoit de renouveler l’expérience avec une moindre part de viande destinée au saucisson, et à l’aide d’un transformateur dont la recette permettrait une DLC plus longue. Il réfléchit aussi à l’élargissement de son périmètre de commercialisation au-delà de la clientèle locale pour ces produits sortant de l’ordinaire.

Aujourd’hui Hervé vous propose une vente de saucissons et de rillettes de veau de Jersiaises.

Publiée par Trem'Lait sur Vendredi 1 mai 2020

Des bœufs Jersiais élevés Dehors l'hiver

Le reste des veaux mâles élevés sous vaches nourrices en 2019 sont désormais des bœufs de 18 mois. « Pour la première fois cet hiver, je vais tester leur élevage à 100 % à l’extérieur car je n’ai pas de bâtiment pour les loger. Mon objectif est de les vendre vers l’âge de deux ans et demi à l’association E-bio pour une commercialisation par Unebio. Des essais d’engraissement sont également en cours avec BGS, l’organisme de sélection des races Brune et Jersiaise, pour étudier les coûts et les débouchés d’une telle production. »

Du point de vue technique, l’éleveur a tiré parti de son expérience des vaches nourrices. « Cette année, mes 24 génisses nées au printemps et à l’automne ont été gérées de cette façon avec six vaches nourrices à chaque saison. Certes, je vends moins de lait, mais cela présente beaucoup d’atouts en échange : je gagne du temps, les animaux sont moins malades, s’habituent rapidement à l’herbe et ont une meilleure croissance. Le seul point faible est qu’il faut engraisser les vaches après l’allaitement pour pouvoir les valoriser correctement. »

Veaux Jersiais élevés sous nourricesAprès avoir élevé ses veaux mâles sous vache nourrice en 2019, Hervé Pelé a recommencé l’expérience en 2020 avec ses génisses. (©Terre-net Média)

Viande bovine bio : saturation pour le veau, croissance pour le bœuf

L’union des éleveurs bio (Unebio), société commerciale pilotée par les associations françaises de producteurs, a commercialisé 3 000 veaux âgés de six à huit mois en 2019 pour un total de 31 000 gros bovins. « La filière est pourvue, nous ne cherchons pas de nouveaux éleveurs, précise Valentine Piet, responsable de secteur pour l’association E-bio lors d’un webinaire organisé en novembre par les agriculteurs bio des Pays de la Loire (GAB 85, CAB). La viande de veau n’est pas à la mode et peu rentable pour les éleveurs. D’après nos calculs, il faudrait les rémunérer entre 8,75 et 10 €/kg, or le prix moyen est actuellement de 6,10 €/kg. »

L’autre voie de valorisation des veaux mâles est la production de bœufs. Ceux-ci représentent 11 % des bovins laitiers et 20 % des bovins viande et croisés abattus pour Unebio, soit au total 5 200 animaux en 2019. « Cela augmente car de plus en plus d’éleveurs se lancent. Un contrat a été mis en place pour garantir une plus-value de 0,10 €/kg pour les animaux enregistrés avant l’âge d’un an, abattus avant 42 mois avec un état d’engraissement de niveau 3. » La filière bio valorise aujourd’hui des bœufs dont le poids de carcasse est inférieur à 450 kg. La rémunération des éleveurs se situe autour de 3,80 €/kg pour les animaux de type laitier et 4,40 €/kg pour les animaux de type viande ou croisés.


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 3 RÉACTIONS


bzhgrassland
Il y a 44 jours
intéréssante diversification, on est un peu dans la même optique mais uniquement en caissette et sans transformation actuellement.

la viande de veau est assea grasse pour faire le saucisson ou il y a ajout de gras de porc avec ?

bonne continuation à l'éleveur
Répondre
Massol
Il y a 44 jours
Bonjour Monsieur pelé ,la Jersey qu’elle race moderne ,moins d’entretien meilleure valorisation de l’herbe ,moins de méthane ,moins de phosphore dans les bouses( -45% ça va compter dans les quotas phosphore en effet au Canada et aux pays bas ceux qui avaient des Jersey n’ont pas eut à diminuer leur nombre d’animaux ),moins de place /vache dans les bâtiments ,beaucoup plus de matière sèche transporté /litre de lait ça va compter sur le bilan carbone.Et côté viande c’est une bombe ,super rapport viande nette/ carcasse 66% d’une vrai race à viande .chez nous elles s’en graissent à l’herbe et que de l’herbe et avec ça pas besoin de les avoirs suifardes pour que la viande soit persillé et goûteuse à souhait de plus qui dit petite vache dit petit morceaux 120 à 150 g en moyenne hyper adapté au citadins sédentaire qui veulent juste se régaler .et les bœufs à partir de deux ans ils sont près à tuer tous les ans à partir de mai jusqu’à noël .seul le poids change .ici ça rapporte autan que les amouillantes 1500€ en moyenne après frais d’abattage et decoupe.
Répondre
Capitaine
Il y a 45 jours
Mon commentaire n’a pas été retenu ?
Répondre