À l’occasion de son assemblée générale, l’Organisation des producteurs de lait Grand Ouest voit Jean-Michel Yvard passer la main de sa présidence à Frédéric Epineau, « sans toutefois s’éloigner » de l’organisation. Avec les éleveurs administrateurs de l’OP, ce dernier aura la tâche de « trouver un compromis avec Lactalis pour la signature d’un accord-cadre équilibré ». « Il faudra acter une formule de fixation du prix du lait rémunératrice de façon à redonner confiance aux producteurs, et à répondre aux enjeux de renouvellement des générations d'éleveurs laitiers ».
« Les producteurs ont du mal à imaginer à quel point les responsables d’OP sont sollicités et même maltraités, estime Jean-Michel Yvard, l’ancien président. Il est vrai que les résultats des OP tardent à se concrétiser mais l’organisation collective n’est pas du goût de tout le monde. Des producteurs refusent d’adhérer à une OP jouant ainsi le jeu des industriels. Certains espèrent les faveurs de leur acheteur, d’autres, plus défaitistes, pensent le changement impossible. Restent alors les éleveurs engagés, convaincus et surtout disponibles pour à la fois, négocier avec les industriels, informer les adhérents, interpeller les pouvoirs publics sur la filière laitière en déclin, contrairement à ce qui est affiché ».
Le désormais ex-président de l’OPLGO regrette finalement une mise en place des OP « de façon désordonnée ». « Les organisations de producteurs ont dû faire avec des contrats individuels rédigés par les acheteurs et signés par les éleveurs en 2011. Aujourd’hui, on voudrait croire que la seule volonté de s’organiser entre producteurs suffit ». Selon lui, « les contrats individuels induisent d’emblée un déséquilibre dans les relations commerciales, laissant la gestion de la production entre les mains des acheteurs. »
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