« Né d'une seule ferme »Des yaourteries clé en main pour valoriser localement du lait à 550 ¤/1 000 l

| par Arnaud Carpon | Terre-net Média

Avec l'initiative « Né d'une seule ferme », André Bonnard, éleveur dans la Loire et bientôt ex-secrétaire général de la FNPL, propose aux éleveurs laitiers une formule clé en main pour transformer à la ferme du lait en yaourt, valorisé localement auprès du réseau Intermarché. Grâce à un conteneur intégrant tous les équipements d'une yaourterie, « Né d'une seule ferme » promet une valorisation de 550 ¤/1 000 l et un EBE annuel de 32 000 ¤. L'initiateur du projet espère installer 50 yaourteries dans des exploitations d'ici fin 2020, et ambitionne, à terme, de prendre 5 % de part de marché sur le segment des yaourts, grâce à 2 000 yaourteries.

André Bonnard, créateur du projet Né d'une seule ferme, dévoile, avec le président d'Intermarché, le conteneur yaourterie, lundi 24 février au salon de l'agriculture.André Bonnard, créateur du projet Né d'une seule ferme, dévoile, avec Thierry Cotillard, le président d'Intermarché, le conteneur yaourterie, lundi 24 février au salon de l'agriculture. (©Terre-net Média) 

Comment mieux valoriser les litres de lait produits sur l’exploitation en circuit court et local ? En fabriquant des yaourts à la ferme », répond André Bonnard. Bientôt ex-secrétaire général de la FNPL, l’éleveur a lancé en grande pompe au Salon de l’agriculture son initiative «  Né d’une seule ferme », visant à proposer aux éleveurs laitiers des yaourteries tout équipées et clé en main dans des conteneurs. Objectif : mettre à disposition ces yaourteries en location aux éleveurs qui n’auront la charge que de la transformation en yaourts. La startup s’occupe ensuite de la commercialisation auprès des magasins Intermarché du secteur, l’enseigne ayant signé un contrat d’exclusivité de 3 ans.

Dans chacune des réponses, cliquez sur le bouton de lecture pour écouter l'intégralité de l'interview d'André Bonnard

Web-agri.fr : C’est quoi le concept « Né d’une seule ferme » ?

André Bonnard : « Né d’une seule ferme » propose aux éleveurs un conteneur clé en main à installer sur l’exploitation, équipé de tout ce qu’il faut pour fabriquer des yaourts : un pasteurisateur, une conditionneuse, une étuve qui se transforme en chambre froide pour réduire au maximum la surface. Une fois les yaourts produits, « Né d’une seule ferme » se charge de commercialiser les produits, les achemine vers les points de distribution autour de l’exploitation, et s’occupe du référencement commercial.

Cette formule garantit une traçabilité de l’unique ferme de production, une recette 100 % naturelle et française, sans additifs, sans poudre de lait, sans standardisation et sans homogénéisation, pour un produit local commercialisé et consommé à proximité de la ferme.

Web-agri.fr : Que peut espérer un éleveur qui se lance dans ce projet en termes de rémunération ?

André Bonnard : Une yaourterie est calibrée pour pouvoir transformer 50 000 litres de lait par an pour 400 000 pots de yaourts. En embauchant un salarié à 80 % rémunéré 1,4 Smic. Ce format proposé permet de générer 32 000 € d’EBE permettant la rémunération de l’emploi et une valorisation supplémentaire à l’éleveur. Le lait transformé en yaourt par ce système est valorisé 550 €/1 000 l.

Sur un pot de yaourt qui sera vendu entre 40 et 50 centimes d’euros, le producteur récupèrera 61 %, Intermarché 22 %, « Né d’une seule ferme » 11,5 % et le reste, ce sont les taxes.

Pasteurisateur, étuve, conditionneuse: le conteneur-yaourterie Pasteurisateur, étuve, conditionneuse: le conteneur-yaourterie "Né d'une seule ferme" contient tous les équipements pour fabriquer des yaourts. La startup espère en déployer une cinquantaine chez des éleveurs d'ici fin 2020. (©Terre-net Média) 

Web-agri.fr : Quels investissements doit engager un éleveur intéressé ?

André Bonnard : L’investissement est nul pour le producteur. Né d’une seule ferme lui loue le conteneur-yaourterie. Il loue le conteneur tant qu’il est dans le projet. Le jour où il souhaite faire autre chose, il arrête sa location. La location mensuelle est entre 1 200 et 1 300 €. Il faut tout de même compter environ 10 000 € de frais d’installation – raccordement au tank à lait, raccordement à la fosse pour les eaux usées – que la startup prend en charge. Si un éleveur souhaite arrêter dans les cinq premières années, un remboursement partiel de ces frais d’installation sera prévu au contrat.

Web-agri.fr : Que doit faire un éleveur intéressé par cette démarche ?

André Bonnard : Il suffit de se rendre sur notre site internet Né d’une seule ferme et d’y laisser ses coordonnées. Ensuite, on vient voir l’éleveur. On mise sur l’humain et la motivation des éleveurs.

Web-agri.fr : Quels sont vos objectifs de développement après ce lancement ?

André Bonnard : Nous lançons la production de 6 yaourteries qui seront déployées chez des éleveurs dans les prochains mois. D’ici fin 2020, notre objectif est de mettre en service 50 yaourteries partout en France. Nous avons signé un partenariat d’exclusivité avec Intermarché pour trois ans. Mais sur d’autres segments de commercialisation, nous souhaitons mettre en place, de la même manière, des partenariats dans la durée, notamment avec la restauration hors foyer.
Notre objectif est de prendre 5 % de part de marché sur le marché des yaourts. Cela représente 2 000 yaourteries chez les agriculteurs.


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DÉJÀ 19 RÉACTIONS


Bob
Il y a 106 jours
Wahou ! génial; le kit débutant pour faire des "yaourts" sans rien comprendre aux technologies lactiques... j'ai vu quelques génies se lancer là-dedans il y a quelques années; avec des labo " clef en main", ils se sont tous cassés la figure en moins de 5 ans; car des personnes formées ont lancé leur projet en parallèle; des projets issus d'une mûre reflexion et d'une formation de base solide; autant dire que ça n'a pas fait un pli...
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gg22
Il y a 124 jours
Ca n est pas une nouveaute
les circuits courts en lait j ai commence a les coseillers il y a 30 ans
j ai mis au point et iinstaller ce type de ligne partout e france et et en afrique
maintenant a la retraite j en suis fier car pas un seul de mes clients n a mis la cle sous le paillasson
par contre pas normal de se mettre en ertermediaire entre paysan et GMS ...... et de plus le tenir avec une location....
il vaut mieux penser formation .... car ca ne marche jamais du premier coup et j en ai l experience
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Lau
Il y a 129 jours
Le calcul ne doit pas être le point fort du rédacteur de l article...
ENCORE un mec de la FNSEA qui est prêt à arnaquer ses collègues paysans
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steph72
Il y a 130 jours
@Marius
Je sais pas qui est le plus obtu?
Comme il est dit plus bas,le producteur au final n'a qu'une petite part tout comme dans le circuit classique ou le prix est bien plus bas;
Les EGA l'ont bien montré,les prix ont augmenté aux magasins mais pas chez le producteur;
Le probleme est le rapport de force,les producteurs ne peuvent se regrouper sous peine d'etre sanctionné par le droit de la concurrence et c'est pas rejeter la faute sur l'autre que de le dire.
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Didier77
Il y a 130 jours
1l de lait = 8 yaourts x 0,40euros=3,20euros le litre
Valorisation finale 3200e les 1000l .550e pour le producteur
Qui est le gagnant?
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Gcmpr
Il y a 130 jours
Un bel exemple d intégration complète mais pas équitable des producteurs à la grande distribution.
Par pitié, les paysans ne reproduisons pas les erreurs du passé !
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DANIEL
Il y a 128 jours
le comble c,est que certains vont tomber dans le panneau
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lolo 50
Il y a 130 jours
ENCORE UN PARASITE QUI TROUVE LA TERRE TROP BASSE , VIVRE SUR LE DOS DES ESCLAVES PAYSANS C'EST A LA MODE .PAUVRE RIGOLO !!
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????
Il y a 130 jours
Marius qui ne dépend de personne déclare tout son chiffre d affaire au moins car votre réponse ressemble à la vieille génération qui avait l édredon pour compte en banque c est bien ce système ?
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Marius
Il y a 131 jours
La tête dans le guidon.... ah! Ah! Si j'avais eu la tête dans le guidon. Je serai peut être plus dans le métier. Je ne suis soumis à aucun organisme m'imposant leurs diktats. Chez moi, les prix c'est moi qui décide. (Produits laitiers - oeufs - ve aux - porcs et surplus cultures). Je comprends que les personnes n'ont pas le droit de changer. (Être obtus c'est évident je ne change pas et le mur arrive). La place qu'il a occupé ce monsieur c'est que certains lui ont accordée. Toujours reporter la responsabilité sur l'autre sans se poser la question : qu'es j'ai fais pour améliorer ma situation. ? Attendre tout des autres. Et pour boucs émissaires les politiques bien évidemment.
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