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ClimalaitDes éleveurs aux manettes du changement climatique dans les Mauges

| par Emilie Durand | Terre-net Média

À travers le programme Climalait, initié par l'interprofession laitière, dans 30 micro-régions laitières françaises, des éleveurs ont pu réfléchir à adapter leur système de production, au travers d'un jeu, le Rami Fourrager. Explication dans la région des Mauges.

Vaches laitières au préDans les Mauges, les années à venir devraient être marquées par un démarrage en végétation plus précoce qui  permettra d’avancer la mise à l’herbe. (©Terre-net Média)

« Ensiler une partie des céréales ou les valoriser à travers des rations paille alimentaire + grain, maintenir ou développer la luzerne, mettre en place davantage de couverts hivernaux (ray gras, seigle, triticale) récoltés tôt soit avant le semis du maïs, mettre en place de la betterave à distribuer ou faire pâturer, déléguer l’élevage des génisses, garder un deuxième troupeau (taurillons) qu’on pourra éventuellement réduire face à un aléa, etc. », telles sont quelques-unes des multiples solutions qu’ont trouvé, ensemble, éleveurs et techniciens dans la région des Mauges (Maine-et-Loire) lors d’une partie de Rami fourrager, ce « serious game » inventé par l’Institut de l’élevage.

Cette réflexion rentre dans le cadre du programme Climalait, initié par le Cniel, dont le but est d’évaluer l’impact du changement climatique sur les différents systèmes d’élevage et de fournir des pistes d’adaptation.

30 micro-régions ont été ainsi analysées et la région des Mauges a livré ces résultats en avant-première. Pour ce faire, il a fallu réaliser un exercice de prospective quant à l’évolution du climat dans la zone. Plusieurs modèles ont été utilisés pour des prévisions à l’horizon 2030-2060, voire plus.

Du micro-climat à l’évolution des systèmes d’élevage

Il ressort de ces modèles que, dans les Mauges, « les températures moyennes sont en augmentation sur les dernières décennies et dans le futur, notamment en ce qui concerne les maximales. Au printemps, cette augmentation pourrait permettre d’avancer la mise à l’herbe. En été, elle se traduirait par une augmentation des épisodes caniculaires, qui impliquent un arrêt de la croissance voire la mort de certaines espèces prairiales, et un stress thermique plus ou moins marqué chez les animaux. Les précipitations sont variables d’une année sur l’autre, et cette variabilité se retrouve dans le futur », selon les résultats de l’étude.

Cette évolution se traduit sur le plan agricole par « un démarrage en végétation plus précoce accompagné de bonnes conditions au printemps, qui permettent d’avancer la mise à l’herbe, les premières coupes et les semis des cultures de printemps. Conséquence de l’augmentation des températures, les rendements restent stables voire en légère hausse pour ces coupes précoces, malgré un cycle de croissance raccourci. »

Des surprises dans les résultats

L’étude décrypte l’évolution par saison : « En été, l’augmentation du déficit hydrique se traduit par un ralentissement de la croissance de l’herbe plus marqué et plus long. En revanche, la reprise automnale pourrait se prolonger en fin de saison. En ce qui concerne le maïs, on observe une avancée des dates de floraison et récolte, pour des rendements stables ou en légère hausse. La variabilité inter-annuelle des rendements reste importante, notamment sans irrigation ».

À l’aide d’une typologie des systèmes de production, les éleveurs ont ensuite réfléchi à faire évoluer leur exploitation, riches de ces données. Cela a également permis de soulever quelques interrogations, notamment face à la gestion de l’eau et de faire certains constats. Ainsi, « la production sous cahier des charges AB est moins facile à réguler face à des aléas climatiques majeurs : les achats étant extrêmement coûteux […] La sécurisation du système est plus facile à raisonner sur un enchaînement de deux ans que sur la seule campagne en cours. ».


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DÉJÀ 24 RÉACTIONS


capitaine
Il y a 17 jours
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capitaine
Il y a 15 heures
a vous lire tous vous devriez prendre une remontée de bretelles je suis furieux!Quand je pense qu,il aura fallu la suppression au 31 mars 2009 du prix garantit au producteur de lait pour que la profession se réveille!!! (on appelait ça le seuil d'intervention) sous le régime des quotas ça permettait de maintenir un prix rémunérateur pour les éleveurs laitiers... Sous cette période bcp ont investit et depuis aussi ,sauf que le compte n'y est plus.Nous syndicat minoritaire avions sécuriser nos revenus il y a de ca plus de 20 ans .j'invente rien c'est la pure vérité et on voit disparaitre toute les fermes qui n'appartiennent pas à nos réseaux encore mieux que les RICA.Pour info en Europe une ferme s'éteint toute les 2 minutes.Meme en systeme toute herbe on continue de faire du revenu avec 60 vl pendant que ceux qui en possèdent 150 sont au bord du gouffre!
Un peut d'espoir pour certains :les stocks de poudre à l’intervention diminuent,en novembre 56000tonnes ont étées adjujées entre 1251 et1313E à voire le 11 décembre si ça se confirme.En tout etat de cause c'est bien en maitrisant les volumes et les investissements que la situation est prospère.
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steph72
Il y a 18 jours
Surtout pour les fournisseurs qui sont contents
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Oups
Il y a 19 jours
Ceci dit, maïs, rgi ensilage, blé soja, ça marche aussi
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Oups
Il y a 19 jours
Pascal massol, ancien président de l'apli, c'est bien toi !!;;????!
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tell14
Il y a 19 jours
le monde agricole fonctionne depuis des annees de la façon suivante :les coops et le para agricole se gaves sur le dos des paysans et cela ne doit pas changer!!
si PATRICE ou d autre arrivent avec l idee d etre plus autonome travailler pour soit
etc tu peux vite imaginer la panique du para mais aussi des agriculteurs(administrateurs syndicalistes majoritaires...)
je pense que seul les gens qui vont tendre vers l autonomie seront encore la dans 10 ans et le para agri va degraisser
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hub
Il y a 17 jours
Moty. C'est vrai qu'on se sent un peu isolé,en décalage, pr l'echange et l'entraide c'est pas évident mais les petites fermes vont se developpées et elles répondent completement aux attentes sociétales.. Quel plaisir de travailler pour soi et que son travail soit reconnu !!
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Moty
Il y a 18 jours
Dans le monde agricole ( lent & long à évoluer ) beaucoup ont du mal à accepter que d'autres systèmes que les leurs peuvent bien fonctionner.
Les " majoritaires " en Bretagne ont 2 journaux hebdomadaires distribués trés largement ( financer par : les coops , l'un crédit agri , l'autre credit mutuel, chambres d'agri... ) . Leur Credo : évidemment c'est : il faut produire ++++ .
Dans un tel contexte, si tu prones autre chose, tu es le mouton noir c'est mon cas
Heureux avec 32ha d'herbe et 25VL sans transformation en couple sur la ferme
avec 3 enfants
Le Petit Paysan Heureux
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Patrice Brachet
Il y a 19 jours
Steph je vais te répondre : les deux ! Les uns craignaient que je leur bouffe leur pain ( pas tous et même certain m on soutenus en me disant : je préfère moins vendre mais être payé car mon client a amélioré sa trésorerie) et les autres qui croyaient ( parce que les uns le leur avaient soufflé)que j allait faire pondre des règles qu ils s’étaient inventé ! Donc de la gentillesse des uns et des autres en est sorti 3 contrôles et dans le contrôle le plus hard les contrôleurs m ont dit : » on est là sur dénonciation « ! Et j en passe des pressions et interventions ! Alors les collègues vous ne pouvez savoir à quel point vous me faites plaisir en disant sur cette page que vous faites comme nous et que c est l avenir cdlt
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steph72
Il y a 19 jours
par des collègues ou par ceux qui on fait vivre?
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Patrice Brachet
Il y a 19 jours
A tous mes collègues de web agri : quand on parle entre nous on s aperçoit que produire mieux et moins laisse plus de marge Pourquoi quand j ai osé le dire haut et fort je me suis fait démolir ? Et démolir c est un tout petit mot et c est pour cela que je dis attention
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