Temps de travailDéléguer les travaux de champs et accéder aux technologies de pointe

| par Julien Dedenon | Terre-net Média

Pour réduire leur temps de travail ou parce qu'ils ne peuvent pas forcément s'équiper à titre individuel, certains agriculteurs choisissent de déléguer les travaux de plaine. Cela leur donne également accès aux progrès techniques avec du matériel de pointe.

Semis de maïsAvec la coupure de rang, plus de pieds de maïs en doublons au niveau de la fourrière. (©CC)

Jusqu’à ses dernières années, deux situations motivaient les agriculteurs (et plus particulièrement les éleveurs) à déléguer des travaux de champs à une ETA ou à une Cuma :

- soit le gabarit, et le prix, du matériel ne justifie aucunement un achat individuel (moissonneuse, ensileuse…) ;

- soit l’exploitant est en mesure de faire le chantier lui-même mais il n’a tout simplement pas le temps.

L’arrivée de nouvelles technologies sur le matériel offre une troisième bonne raison d’avoir recours à un prestataire. Le guidage RTK et toutes les applications qui en découlent en sont une bonne illustration. Pour le semis, la fertilisation ou la protection des cultures, de plus en plus d’agriculteurs s’interrogent : est-ce que je continue à faire ces travaux avec mon matériel qui n’est pas des plus performants ? Ou n’est-il pas plus raisonnable de les confier à un prestataire qui fournira un travail plus précis et de meilleure qualité ?

Voici un tour d’horizons des gains potentiels :

3 à 6 % de semences économisées avec la coupure de rang sur le monograine

Sur un semoir monograine, une console avec guidage RTK coupe automatiquement la distribution des éléments semeurs en bout de champs. Si la parcelle est en pointe, les coupures se déclenchent une à une, de l’extérieur vers l’intérieur, si bien qu’à la levée, les rangs ne se croisent pas.

« Cet avantage n’est pas qu’esthétique, souligne un entrepreneur de la Mayenne. Chez nos clients, nous avons constaté des économies de semences comprises entre 3 et 6 %, voire plus dans un champ biscornu. En maïs cela représente 10 €/ha. » Sachant qu’une prestation par ETA coute généralement 40 € à 50 €/ha, l’économie couvre donc 20 à 25 % de la facture. Autre intérêt : sans recroisement, le risque de verse à la récolte diminue également.

Biner au plus près des plantes

Si la technique fonctionne sur le semoir, pourquoi ne pas l’appliquer aussi sur les bineuses ? C’est ce que proposent la plupart des constructeurs avec des éléments relevables individuellement par vérins hydrauliques. Ainsi le chauffeur bine l’intégralité de la parcelle sans abîmer de plantes, y compris dans une parcelle triangulaire. Alors que sans cette technologie, il serait obligé de relever le matériel quelques mètres avant la fin, laissant des zones en pointe non travaillées.

Autre avantage du guidage sur une bineuse : la précision. Avec un positionnement par RTK ou bien grâce à une caméra reconnaissant les plantes, le chauffeur travaille rapidement en passant au plus près du rang sans le toucher. « Grace aux performances des guidages, nous voyons ces dernières années un véritable regain d’intérêt pour le binage, constate un constructeur. Cela concerne toutes les cultures y compris les céréales implantées à 15 cm. Les socs passent à moins de deux centimètres et la bineuse ne dévie jamais. »

Des coupures buses par buses sur le pulvérisateur

Même principe sur les pulvérisateurs avec la coupure automatique par tronçons de trois ou quatre mètres, voire buse par buse. À la clé une économie de produit, mais aussi un gain réel en termes d’image pour l’agriculteur. Plus de risque de doublons ou de manque sur des pans entiers de parcelle.

Les constructeurs d’épandeurs d’engrais proposent aussi cette technologie avec la variation en continu du débit et de la largeur de travail. Des applications très concrètes ont prouvé leur efficacité comme les sondes embarquées de type N-Sensor qui modulent l’apport d’azote selon le potentiel de la culture. À la clé, un gain en rendement et en taux de protéines sur blé.

Inclure le gain de performances dans le comparatif économique

Cette tendance n’en est qu’à ses débuts : les capteurs se multiplient sur les machines, les cartes de modulation d’intrants s’affinent et le matériel est déjà disponible.

L’agriculteur aura sans doute de plus en plus de difficultés à s’équiper individuellement. D’une part l’investissement n’est pas toujours rentable, d’autre part il ne pourra pas se former à tous ces outils plus complexes, mais aussi plus performants.

Déléguer a bien entendu un coût, mais le montant est connu. Ce prix est à confronter avec celui d’un chantier réalisé par l’agriculteur avec son matériel. Un comparatif économique efficace nécessite d’inclure le temps passé, le carburant et le cout du tracteur utilisé, sans oublier le bénéfice lié au gain de performances permis par la technologie du prestataire. Ce dernier point fait parfois la différence.


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DÉJÀ 7 RÉACTIONS


Louis54
Il y a 13 jours
Hi from the US ❤✌💙? Good process to enjoy your life . Congratulations👍👍👍??䀈ā
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Herve
Il y a 14 jours
Tous des beaux parleurs mais quand il faut faire le travail au bon moment ils ne peuvent se couper en QUATRE !
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jacky
Il y a 14 jours
Nous avons une ETA proche de de l'exploitation qui est à 98% irréprochable sur la qualité de son travail. L’intérieur des tracteurs et MB est plus que nickel.Le matériel est renouvelé régulièrement avec la dernière technologie et donc c'est bien le client qui paye a la fin.Tout ça pour faire du lait de vache où de la viande au même prix qu'il y a 20 ans: aucun intérêt pour l'agriculteur une fois de plus il subi et n'arrive plus à vivre de son métier
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Jmb67
Il y a 15 jours
En CUMA ou ETA tous le monde veut faire le travail au bon moment. Il y a un moment où ça coince au nom de la rentabilité.
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Marie
Il y a 15 jours
Je rejoins mes collègues chaque fois que j ai délégué j ai trinqué par la suite faut dire que les salariés du prestataire s en foutait un peu. Je pense que cela peut marcher si plusieurs conditions sont réunies par rapport au type de prestations : une bonne fenêtre météo et un prestataire compétent
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jersiaise
Il y a 15 jours
J'ai délégué les semis de maïs et autres travaux, le prix des technologies se répercutent sur les tarifs pratiqués sans parler des chantiers réalisé sous la pluie pour les semis de maïs et autres tout compte fait peut rentable.
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Rêveur
Il y a 15 jours
Déléguer un ,oui pourquoi pas mais beaucoup de prestataires qui se sont installés n ont ni la capacité ni la compétence et la d avantage cela devient une ruine. Exemple. Pressage enrhubannage trop tardif, désherbage trop tard. Souvent pour rentabiliser leurs équipements ultra onéreux les prestataires prennent plus de chantiers qu ils ne peuvent faire. Résultats travail bâclé ou fait trop tard. Un bel exemple : chez un ami il fait traiter 100 ha de maïs , je ne sais pour quelle raison le chauffeur démarre à 6 m du bord et oublié de revenir. Bilan : les clients n à pas contrôler croyant que , le prestataire n a pas contrôlé et quand le client s en ai rendu compte il était trop tard. Donc oui mais attention aux compétences
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