Une Bretonne en Nouvelle-ZélandeElisa partage son expérience dans une ferme laitière de 930 VL

| par | Terre-net Média

Elisa est originaire du Morbihan. Depuis un an, elle travaille dans une exploitation laitière en Nouvelle-Zélande. Via le réseau AgriBretagne, elle partage son quotidien à l'autre bout du monde.

Elisa se présente : « J'ai 23 ans et je suis originaire de Moréac dans le Morbihan. » C'est à son tour de prendre la parole sur le compte Twitter d'AgriBretagne, association qui donne la parole aux agriculteurs bretons pour faire découvrir leur métier au grand public à travers les réseaux sociaux.

Durant une semaine, la jeune femme nous emmène à l'autre bout du monde : « Depuis un an, je travaille dans une exploitation laitière à Ashburton, une commune située à 1h au sud de Christchurch. » Après avoir obtenu son BTS Acse et sa licence pro, Elisa a travaillé dans une exploitation laitière de sa région puis en Irlande et enfin en Nouvelle-Zélande où elle figure parmi les 5 salariés pour gérer les 930 vaches laitières et 235 ha.

Ces expériences me font apprendre beaucoup de choses et je rapporterai des techniques avec moi en France.

« Je souhaite à l'avenir m'installer sur l'élevage laitier familial mais avant cela, il est important pour moi de découvrir différents systèmes de production dans d'autres pays », explique-t-elle.

Du pâturage maximisé grâce à l'irrigation

Sur la ferme comme majoritairement en Nouvele-Zélande, on compte sur le pâturage, sauf l'hiver où les animaux partent sur une exploitation voisine. « En ce moment [pleine période estivale, NDLR] la pousse de l'herbe est de 70 kg MS/ha/j mais elle grimpe au printemps à 100 kg MS/ha/j. » Elisa montre en vidéo ce qu'elle appelle « la tâche principale de la journée » : l'irrigation, qui se gère via un pivot et quatre rotorainers :

Elle explique : « Le pivot, installé en juillet 2020, couvre 1/3 de la surface de la ferme. Il est en marche 24h/24 et 7j/7 et permet un gain de 30 % de kg de MS/ha d’herbe supplémentaire comparé à un rotorainer. Il faut 6 jours pour que le pivot fasse un aller-retour. »

« Les rotorainers ont une rotation de 9 jours. Par passage, il y a 45 mm d’eau qui sont dispersé au sol soit 5 mm d’eau par jour. Il faut savoir qu’il y a très peu de pluie dans notre région, d’où l’importance de la rigueur en ce qui concerne l’irrigation. »

Une saison laitière rythmée par la pousse de l'herbe

« Ici les journées commencent tôt. À 4h15 il est l’heure de démarrer la moto pour aller chercher les vaches au champ. La parcelle la plus éloignée de la ferme nous oblige parfois à être à 4h dans le champ. À 5h, une deuxième personne arrive dans la salle de traite et met la machine en route. La personne qui emmène le troupeau le matin commence avec le décrochage des griffes. Une troisième personne emmène le deuxième troupeau aux alentours de 5h45. Pour réduire la pression physique, nous échangeons de poste entre le trayeur et celui au décrochage à la fin du premier troupeau. La traite dure 3h le matin et 2h l'après-midi. »

« Les vaches sous antibiotiques ou boiteuses sont dans un troupeau prénommé les "reds". Elles ne sont traites qu’une fois par jour (le matin). Elles sont traites en tant que troisième troupeau pour pouvoir fermer le tank à lait une fois qu’elles entrent dans la salle de traite. En Nouvelle-Zélande ils optent en majorité pour une traite une fois par jour pour ces vaches pour leur permettre de récupérer le plus rapidement possible. »

En ce qui concerne l'alimentation, Elisa explique : « Les Néozélandais utilisent la technique du "break-fencing". Cela consiste à installer une clôture temporaire dans la parcelle d'herbe pour gérer au maximum l'ingestion des vaches et conserver une bonne qualité de l'herbe. L'objectif est de faire entrer les vaches quand les pâtures ont atteint 3000 kg MS/ha et de les sortir à 1550 kg MS/ha. Lorsque l'objectif n'est pas atteint et que les vaches laissent trop derrière elles, on y met les taries pour nettoyer. »

Et voilà comment ils suivent les mesures d'herbe :

En ce moment, avec le manque d'herbe dû à la sécheresse, les vaches sont complémentées : « Leur alimentation se compose donc de 15 kg de MS d’herbe, 4,4 kg d’aliment pour vaches laitières et 1,5 kg d’orge soit 20,9 kg MS/VL », explique la jeune femme.

Un tarissement l'hiver dans les betteraves fourragères

« Une saison laitière commence début juin et termine fin mai. C'est vers cette période que nous tarissons l'intégralité des animaux, poursuit Elisa. Pour l’hiver 2020, nous avons tari les vaches en trois fois, soit environ 310 vaches par journée de tarissement. »

Pour ce faire, les coups de main sont les bienvenus, confie-t-elle. Ils utilisent alors un produit antibiotique et un obturateur interne. En tout, ils mettent 2h pour tarir 300 vaches. Les animaux sont ensuite envoyés sur des parcelles voisines de betteraves fourragères.

Les animaux reviennent ensuite sur la ferme pour la saison des vêlages de fin juillet à fin septembre. « Pour la saison 2020, j'étais chargée de l'élevage des veaux. C'est le moment le plus intense de l'année entre les ramassage des veaux au champ, nourrir les nouveaux nés, apprendre aux autres veaux à boire au seau à tétines collectifs... Et tous les jours, j'étais en relation avec le marchand de veau pour collecter les mâles. 500 ont été vendus. »

Merci à Elisa pour ce partage d'expérience ! Pour en retrouvez d'autres, suivez AgriBretagne sur Twitter et Facebook.

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DÉJÀ 13 RÉACTIONS


polo
Il y a 31 jours
Très beau reportage avec de belles photos et surtout ELISA en pleine forme. Pas trop de dépaysement par rapport à la bretagne? Bonne continuation à vous!!!!!
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Popeye76
Il y a 32 jours
Interessant de montrer que produire du lait a l'herbe est tres technique mais malheureusement pas durable en nouvelle zelande:l'rrigation en tapant dans la nappe accelere l'extinction de l'espece humaine:les 27 grandes aquiferes de la planete ont perdu 30% de leurs reserves!si on arretait aujourd'hui l'irrigation il faudrait 6000 ans piur reconstituer le stock....au rythme ou l'homme preleve l'or bleu ,a la fin de ce siecle il faudra desaler l'eau de mer pour les usages domestiques.....mais on s'en fout ca sera le probleme de nos enfants et petits enfants!!!!
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SANGARE
Il y a 32 jours
Bonjour à tous moi j’ai une petite parcelle de 20hec..en Côte d’Ivoire suis à la recherche d’un asocié pour l’exploiter dans le domaine de l’élevage bien sûr..
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guillaume
Il y a 32 jours
le reportage est très bien fait et c est une très belle expérience bravo ELISA!!.
il faut tout de même avoir la sante. la production d herbe tourne a 20 t/ans/ha cela doit passer par pas mal d azote ?d autre part peux tu nous en dire plus sur les 4 kg aliments vaches laitières et comment est t il distribué ainsi que l orge?
Peux tu nous donner le volume de lait?
tu fais des semaines de combien d heure et arrivez vous a avoir une journée de repos par moment?
encore bravo !.
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Moty
Il y a 33 jours
Merci pour ce beau témoignage. Je pense que la majorité des jeunes qui ont passé un certain temps en NZ reviennent convaincus par le paturage et même le systeme paturage. Effectivement les normes sont différentes de chez nous. Chaque pays a ses particularités comme chaque ferme ou chaque région ont leurs spécificités. A travers ces reportages et/ou ces échanges, cela peut nous aider à avancer vers + de résilience, d'éfficacité économique et de Bonheur
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Jmb67
Il y a 33 jours
Très belle expérience, les découvertes permettent de ce forgé et préparer l'avenir pour les futures générations qui produiront du lait autrement que le système maïs soja.
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Léa
Il y a 33 jours
http://www.lejournalinternational.info/nouvelle-zelande-un-rapport-alarmant-sur-la-biodiversite-locale/
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Jerome
Il y a 33 jours
Ce système n'est pas reproductible en France car nous avons des réglementations environnementales qui ne nous permettent pas d'atteindre ces niveaux de chargements ( 4 VL/ ha + le renouvellement). D'ailleurs la pollution des eaux par les nitrates est devenu un problème majeur dans ce pays...
Conclusion : vu de notre campagne française ce reportage sur la gestion du pâturage est sympa à la veille du printemps, mais ce lait "low cost" impact les cours mondiaux et donc le revenu des producteurs français sans pour autant respecter les mêmes règles environnementales
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ptiloui
Il y a 33 jours
Peu de charges, c'était le cas autrefois ! Maintenant que la NZ intensifie à tout va, comme dans cette ferme, l'endettement a explosé. Le prix du lait reste ridiculement bas, et détermine d'ailleurs le prix mondial, mais uniquement parce que les banques financent ces fermes là de peur de les voir couler... Jusqu'au jour où. Et c'est aussi une catastrophe environnementale, avec des rivières à sec, des nitrates dans l'eau, etc. Cela ne pourra durer éternellement. En Europe le Danemark au moins est dans une situation similaire, il n'y a rien à leur envier. La force de la NZ était son système de pâturage extensif, quasiment sans bâtiment, sans engrais, sans stock fourrager, peu de mécanisation,etc. C'est du passé en règle générale.
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Lau
Il y a 33 jours
Bonjour
Beau reportage. Système incomparable à nos élevages
Mais n oublions pas que ce sont ces grands élevages avec peu de charges qui inondent le marché international du beurre et de la poudre de lait et qui tirent le prix du lait européen vers le bas !
Alors ne soyons pas naïfs. ....
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