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Cop21 et agricultureLe pouvoir de l'herbe en faveur du climat

| par | Terre-net Média

Avec un potentiel d'économies de 2,5 Mt éqCO2 à l'horizon 2030, l'optimisation de la gestion des prairies constituerait l'une des trois actions agricoles les plus efficaces en matière de réduction des gaz à effet de serre, avec la méthanisation et l'amélioration de la fertilisation azotée.

L'herbe et son pouvoir de captation du carbone En séquestrant le carbone, les surfaces en herbe offrent au secteur agricole un potentiel important de réduction des émissions de gaz à effet de serre. (©Terre-net Média)

A vec le développement massif de la  méthanisation et l’optimisation de la fertilisation azotée des cultures, la meilleure gestion de l’herbe constituerait, selon l’Inra, la troisième voie pour contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre . Les bonnes pratiques de gestion des prairies temporaires et permanentes permettraient une économie de 2,5 Mt éqCO2 d’ici 2030. Cette action contribuerait à plus de 13 % de l’effort que pourrait consentir le secteur agricole pour réduire ses émissions de Ges. Elle participerait notamment à atteindre l’objectif que souhaite se fixer le ministre de l’agriculture, de parvenir à une hausse de 4 pour 1 000 par an des stocks de matières organiques des sols.

Cop21 : Plein gaz sur les solutions agricoles

A l’approche de la Cop21, la Conférence mondiale sur le climat organisée du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, Terre-net.fr se penche tout au long du mois de novembre sur les marges de manœuvre existantes pour réduire l’empreinte carbone des exploitations agricoles.
Dans son kit de communication « Bon pour le climat », l’APCA estime à environ 20 % le potentiel d’économies de gaz à effet de serres grâce au large développement de 10 actions dans les exploitations.

Mais cet objectif d’une économie de 2,5 Mt éqCO2 sera difficile à réaliser. Entre 1980 et 2010, les surfaces en prairies permanentes ont diminué de 25 % en France, soit plus de 3 millions d’hectares. Or une prairie permanente capte sept fois plus de carbone qu’une prairie temporaire : de 250 à 1 250 kgC/ha/an (570 en moyenne) pour une prairie permanente contre environ 80 kgC/ha/an.

Reste que les éleveurs doivent aussi tenir compte des objectifs économiques. En la matière, les résultats penchent à l’avantage des prairies temporaires et artificielles. Ces dernières, cultivées actuellement sur 3,1 Mha produisent environ 9 t de matière sèche par hectare, contre seulement 5 pour les prairies permanentes.

Dans sa promotion d’actions agricoles en vue de la Cop21 et pour inciter les éleveurs à bichonner leurs prairies, l’Apca détaille quelques gains financiers. Augmenter le pâturage de 20 jours par exemple permettrait une économie de 50 kg éqCO2/ha/an, et surtout un gain de 15 à 30 €/ha (20 à 40 €/vache laitière). Certains éleveurs pourraient aussi économiser de 100 à 120 €/ha en allongeant la durée des prairies temporaires à cinq ans. La planète éviterait, elle, l’émission de 620 kg éqCO2/ha/an.

*Données issues du kit de communication « Bon pour le climat » de l’APCA


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DÉJÀ 8 RÉACTIONS


stephane
Il y a 1721 jours
On n'a pas de prix rémunérateurs en elevage ,donc à l'avenir le nombre d'hectare de prairies va diminuer encore au profit des cultures. La responsablité des industriels de l'agro alimentaire dans le réchauffement climatique est grande....
On ne parle pas non plus des surfaces en prairies qui changent de destination pour d'autres utilisations ( urbanisation,routes, tgv....)
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Patrick
Il y a 1745 jours
depuis 1992 on a subventionné le maïs et les céréales au détriment des prairies, il était évident que l'on allait en arriver à cette situation, de plus on a augmenté ainsi le coût des fourrages et enrichit les céréaliers, incité les éleveurs a passer au cultures, et bien maintenant il faut cesser les aides aux céréales et les consacrer à l'herbe, ainsi en élevage on produira à un cout mondreon a perdu 20 ans et des milliers d'ha d'herbe ou il sera impossible de revenir en arrière
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E L
Il y a 1746 jours
Autres remarques, le fourrage de bonne qualité est difficile dans notre région du nord, le prix de vente de celui ci atteint difficilement les 120€ (en bonne qualité où tu le gardes !). Soit 7t/ha/an*120(si tu as de la chance) a cela tu retire 200€fermage qui étrangement augmente encore cette année, l engrais, la flore indésirable, le fauchage, pressage ( trop peu d hectares de prairies pour acquérir du matériel), fanage, ....et il reste avant MSA 100a250€/ha si tu as eu de la chance ! A part celui qui a des animaux... (bon pour leur santé ,pattes. )qui pourrait s'amuser a cultivé de l'herbe ? Je dis, on baisse prime du maïs ( grain et ensilage) pour augmenter celle des prairies. Arrêter d attaquer les céréaliers car vous pouces le devenir un jour pour beaucoup dé raisons, maladie, économiques,familiale.... même si il me reste des parthenaises et qq d'hectares de prairies bien contraignantes !
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E.l
Il y a 1746 jours
Et on en fait quoi de l'herbe après ? On se la sert en salade pour Noel, non excuses, pour le ramadan ? Ces même imbéciles de politiciens prônent le repas végétarien dans les cantines !
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jaguar15
Il y a 1748 jours
oui c'est sur qu'une prairie bien menée dure plus que 5 ans avec de tres bons rendements en quantités et qualités....
mais les grosses coop et semenciers ne vont pas etre d'accords à allonger les 5 ans.....
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titian
Il y a 1749 jours
Très bonne remarque Xavier, car ne pas "retourner" les prairies pour quant même les réintégrer dans la rotation par le SDCV, fait encore parti des pratiques ultra marginale et très difficile à appréhender.
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pier296
Il y a 1746 jours
il ne faut pas oublier que beaucoup de fermes d'élevage bovin sont rachetées par des des céréaliers qui achètent les fermes à prix d'or. Les céréaliers n'ont pas besoin de ces prairies permanentes.
Maintenant ça va encore être à nous éleveur de ruminants d'en payer le prix...
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xavierb
Il y a 1749 jours
Une autre option serait de primer le retour des sols cultivés (pour les stocks de céréales et fourrages auto-consommés notamment) à des formes de prairies permanentes optimisées (comme on a su primer les céréales par le passé) et de rendre plus flexible leur possibilité de retournement. En effet, les prairies temporaires sont classifiés "prairies permanentes" au bout de cinq ans d'existence : elles sont donc bloqués dans la PAC souvent au moment où elles sont les plus productives (si elles ont été bien gérées, bien sur) et les éleveurs ont tendance à les retourner à ce moment là, pour pouvoir continuer d'avoir leurs terres dans une rotation adaptable aux conditions économiques...D'où la moindre captation carbone des PT (elles sont retournées trop tôt et libèrent une grande partie du stock de Carbone qu'elles ont accumulées jusque là)..."Retourner tous les 5 ans" peut donc étre une erreur (productive, économique et écologique) mais "bloquer" les possibilités de retournement de prairies aussi...
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