Affouragement en vertJoseph Lalloué : « Au pré ou à l'auge, de l'herbe fraîche dix mois sur douze »

| par Nathalie Tiers | Terre-net Média

Pour valoriser au mieux ses prairies éloignées, Joseph Lalloué pratique l'affouragement en vert après plusieurs coupes d'ensilage. De juillet à novembre, l'herbe jeune et riche apportée chaque jour maintient un bon niveau de production laitière et limite l'achat de correcteur azoté.

Herbe fraîche distribuée à l'augeL’herbe fraîche est récoltée et distribuée à l’auge l’après-midi ; les vaches y ont accès après la traite. (©Nathalie Tiers)

Le mois de novembre touche à sa fin et avec lui s’achève la saison de pâturage et d’affouragement en herbe fraîche du troupeau de Joseph Lalloué à Moisdon-la-Rivière en Loire-Atlantique (44). L’éleveur produit 400 000 litres de lait avec 58 vaches. Il a adopté l’affouragement en vert au début des années 2010, au moment de sa conversion à l’agriculture biologique. Sur les 67 ha de l’exploitation, 23 ne sont pas accessibles au pâturage, car distants du siège entre 1,5 et 5 km.

« Je cultive 11 ha de maïs et 6 de mélange céréalier autoconsommé, en rotation avec des prairies de ray-grass et trèfles installées pour trois à quatre ans, explique l’agriculteur. Selon les années, j’ai entre 15 et 17 ha de prairies non pâturables sur lesquelles je fais de l’affouragement en vert après deux à trois coupes d’ensilage. »

700 € la tonne de correcteur azoté bio

La stratégie de Joseph Lalloué est d’intégrer de l’herbe fraîche dans la ration le plus longtemps possible dans l’année. « Le mélange ensilage de maïs et ensilage d’herbe seul fait chuter la production. Or je veux produire du lait sans utiliser trop de correcteur azoté, car c’est un aliment cher quand il est bio. J’en achète entre 8 et 16 tonnes par an – plutôt 8 ces dernières années – à plus de 700 euros la tonne. »

Dès février, voire janvier comme ce fût le cas en 2019, les vaches commencent à pâturer. En mars, elles sortent jour et nuit, puis vers mi-avril, les silos sont fermés jusque mi-juillet et laissent place à une alimentation à 100 % à base d’herbe. Seul un peu de mélange céréalier triticale – féverole – avoine est distribué au cornadis.

Joseph Lalloué (à gauche) et son salarié Olivier Auffrais qui le rejoindra bientôt comme associé.Joseph Lalloué (à gauche) et son salarié Olivier Auffrais qui le rejoindra bientôt comme associé. (©Nathalie Tiers)

« Dès que la production d’herbe commence à chuter en juillet, nous ouvrons le silo de maïs et nous complétons avec de l’affouragement en vert. Les vaches ont l’ensilage et le concentré le matin, puis elles vont pâturer. Nous récoltons et distribuons l’herbe l’après-midi, quand elle a séché un peu. Les vaches y ont accès après la traite : ça les motive ! Au cours de l’été, il arrive que l’herbe durcisse et que les vaches la boudent. Dans ce cas, nous faisons du foin. »

 Certaines années, je coupe de l’herbe six jours sur sept de juillet à décembre ! Ça augmente l’astreinte.

Joseph Lalloué a investi dans une autochargeuse Supertino de 26 m3 achetée d’occasion au prix de 21 000 euros. Il ramasse environ 20 m3 d’herbe fraîche à chaque voyage. La récolte quotidienne demande entre 30 min et 1h15, en fonction de l’éloignement de la parcelle et du rendement disponible. « C’est le principal inconvénient, reconnaît l’éleveur. Certaines années, je coupe de l’herbe six jours sur sept de juillet à décembre ! Ça augmente l’astreinte. À deux associés, c’est plus souple. Et depuis l’hiver dernier, nous avons un second tracteur pour éviter de changer constamment l’attelage. »

Autre inconvénient : l’herbe fraîche est un fourrage lourd et volumineux, moins facile à repousser vers l’auge. En contrepartie, les éleveurs apprécient l’absence de chantier d’enrubannage à l’automne, et ils n’ont pas besoin d’une grande capacité de stockage. Mais surtout, ils apportent aux vaches un fourrage de meilleure qualité. « Nous faisons de petites coupes d’herbe jeune et riche. Nous n’avons pas besoin d’attendre qu’il y ait beaucoup de volume. Nous pensons qu’il y a moins de pertes, que tout est bien valorisé. »

La productivité des vaches atteint 7 200 litres avec un taux butyreux de 40 g/litre et un taux protéique de 32 g/litre. Dans le groupe des producteurs laitiers bio de Seenovia du nord du département, l’exploitation est plutôt bien placée. Pour 1 000 litres de lait produits, le coût du concentré est de 50 € (dont 7 pour les génisses) et le coût de la surface fourragère principale est de 38 €.

Du colza frais à l’auge en octobre

Tout éleveur en système herbager a pour habitude d’adapter son calendrier de pâturage et ses travaux de récolte en fonction de l’année climatique. Joseph et Olivier n’y échappent pas, en particulier au cours d’une année de sécheresse comme 2019. « En juillet, nous avons fait une dizaine de jours d’affouragement en vert avec de tout petits volumes, puis nous avons été contraints d’arrêter et d’ouvrir le silo d’ensilage d’herbe. En août et sur une bonne partie de septembre, les vaches ont mangé la ration hivernale. Elles ont pu pâturer à nouveau fin septembre. »

Pour faire face au déficit fourrager, ils ont semé 6 ha de colza après la récolte des céréales. La levée fût satisfaisante mais la pousse a vraiment démarré fin septembre avec le retour des pluies. L’objectif de départ était de faire pâturer ce couvert. Toutefois, le risque de matraquage du sol étant trop élevé en raison de l’humidité, les éleveurs ont opté pour un apport à l’auge de colza fauché quotidiennement au cours du mois d’octobre (deux remorques par jour).

« L’autochargeuse n’est pas un engin très lourd. Avec ses deux essieux et ses rouges larges, on arrive à passer dans le champ. » Cette alternative employée pendant trois semaines a laissé le temps aux prairies de reconstituer du stock sur pied. « À cette saison, la pousse est lente et il y a peu de risque de perdre en qualité avec la montaison. Nous pourrons faire une dernière tournée d’affouragement en herbe fraîche la deuxième quinzaine de novembre, puis nous passerons à la ration d’hiver pour deux mois. »

Fabrice Charles (22) mise quant à lui sur le 100 % pâturage. Retrouvez son témoignage > « Pâturage 10 mois sur 12, vêlages groupés et monotraite : comment doubler son revenu en travaillant deux fois moins »

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DÉJÀ 12 RÉACTIONS


kami
Il y a 14 jours
impossible a faire chez nous dans le 57 . la terre est beaucoup trop argileuse d'ailleurs les vaches sont a l'interieur au moins 6 mois dans l'annee vu que les sols ne portent pas
ce serait vraiment le reve de les avoir a l'herbe 10 mois par an
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tintin
Il y a 15 jours
nous fonctionnons sur le même principe en tout herbe et achat de mais grain.
pour éviter de faire de l affouragement le samedi/dimanche et en période de vacances on alterne avec de l enrubannage.
le problème les jours de pluie est de freiner le transite.

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The germs
Il y a 15 jours
Salut Steph.
Non, je n'ai pas essayé le maïs grain humide, juste un peu rehaussé le bec de l'ensileuse, pour monter un peu en UF.
Mais je distribue de l'orge laminé au printemps et à l'automne, et des betteraves durant l'hiver, histoire d'augmenter l'autonomie et augmenter les taux... Certaine année, c'est presque 30€/1000 de plus grâce aux taux et la qualité...
L'idée de l'auto-chargeuse au départ, c'était parce que certaines pâtures sont plus humide, et donc tardive au printemps. Puis j'ai pu échangé des terres et obtenir plus de surface accessible portante.
Il est vrai que l'apport d'herbe en hiver diminue les risques métabolique, stimule les animaux et permet de diminuer les concentré azotés et les minéraux.
Par contre, chez nous les sols sont acidifiant, et il faut pas mal chauler, car ça pompe pas mal de calcium les mélanges avec trèfle...
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steph72
Il y a 15 jours
Ttres intéressant ton systeme the germs et pas forcemment plus couteux que d'acheter du tourteaux,des levures,hépato...
T'as pas essayé de faire du mais humide en complement,l'autonomie est de 100% une bonne partie de l'année;
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hautot nicolas
Il y a 15 jours
hollande une bonne partie élevage laitier sont comme sa . herbe tu la sème une fois tout les 5ans . généralement ils sont en caillebotis intégrale il fertilise que au lisier . pas problème de nitrate herbe une pompe azote. problème de phosphore je pense que c'est atelier porcin.
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Patrice Brachet
Il y a 15 jours
Sympa c est le mot. Peut-être une alternative au pâturage pour les grands troupeaux. Par contre cette année cela fait 1 mois que les parcelles sont inaccessibles ( du jamais vu ) simple question le coût de ration inclus quoi ? Car quand j annonce un coût de ration cela comprend du tracteur qui fauche, à la fertilisation au semis et la récolte es ce pareil ? A ps elles n ont que de l herbe ( plus méteil) et du maïs humide la litière reste correcte
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hautot nicolas
Il y a 15 jours
-ce qu'il oublier dire l'herbe fraiche est un produit Alcalin pas besoin traité céréale alliplus ou bicarbonate ou autre .
-inconvénient quand tu as trop herbe, il faut la stocker,pour les mois ou on peu rentré dans la parcelle même il faut pas s’inquiète même si il pleut l'herbe pousse toujours.(avoir des parcelles de luzerne pour les mois qu'il fait trop sec).

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The germs
Il y a 15 jours
J'applique cette méthode depuis plus de dix ans. Pâturage plus apport à l'auge. C'est certes un peu de travail en plus, mais c'est plus sympa d'aller couper de l'herbe que de tirer sur les bâches à maïs pour ouvrir le tas...
J'ai deux types de culture: celle pour l'été, souvent des mélanges "suisses", implantés pour quatre cinq ans, et des mélanges six mois, semés en direct après céréales.
Cette années, malgré la pluie, j'ai réussie a récolter quasiment tous les jours, dès qu'il y a une accalmie. Pour que cela rentre mieux dans l'auto-chargeuse, j'incorpore de l'avoine dans tous mes mélanges. Cela permet d'éviter les salissement de la parcelle de surcroit...
Je suis passez en filière "pâturage non OGM", se qui valorise bien le surcout mécanisation.
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The germs
Il y a 15 jours
Tout dépend du niveau d'herbe dans la ration, et du niveau d'azote de celle-ci. Il est évident que si l'herbe est majoritaire, cela donne des bouses plutôt liquide...
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Ps
Il y a 15 jours
Pour le paillage comment ça fonctionne sur aire paillée ?
Affouragement en vert ça doit bouser très liquide derrière les vaches non?
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