AcidoseHenri Devillepoix (80) a gagné 6 points de TB grâce au miscanthus

| par | Terre-net Média

Éleveur de Prim'holsteins dans la Somme, Henri Devillepoix s'est tourné vers le miscanthus il y a désormais trois ans suite à des problèmes de taux. Produit dans son département, le miscanthus lui a permis de faire grimper le TB de ses vaches de plus de six points.

Henri Devillepoix a fait remonter le TB de ses vaches laitières en intégrant du miscanthus dans la ration pour un coût journalier de 10 cts/vache.Henri Devillepoix a fait remonter le TB de ses vaches laitières en intégrant du miscanthus dans la ration pour un coût journalier de 10 cts/vache. (©Terre-net Média)

Le miscanthus : quésaco ? Aussi appelée « herbe à éléphant », cette plante qui peut atteindre jusqu’à 4 m de hauteur sur pied connait divers débouchés : elle s’utilise en copeaux dans le paillage horticole, en litière pour les volailles mais aussi pour de plus gros animaux comme les bovins et équins. Néanmoins, c’est dans la ration de ses vaches que Henri Devillepoix l’utilise.

Henri Devillepoix élève avec sa femme 70 Prim'holsteins à Vron (80). Il intègre depuis trois ans du miscanthus dans la ration de ses vaches : « Nous avions de gros problèmes au niveau des taux, explique-t-il, le TB avait chuté à 33 g. Pourtant, nous n’observions aucun signe d’acidose. Mon nutritionniste de l’époque me conseillait de mettre de la paille dans la ration mais ma mélangeuse ne possédant pas de couteaux, il aurait fallu une paille coupée très fine de base. » En échangeant avec d’autres éleveurs, Henri réfléchissait aux anas de lin mais le prix l’en a dissuadé. Il s’est alors tourné vers le miscanthus, qui en plus est produit dans son département.

En ration mélangée distribuée deux fois par jour, les vaches ne trient pas le miscanthus et l'ont vite bien ingéré après un petit temps d'adaptation les premières semaines.En ration mélangée distribuée deux fois par jour, les vaches ne trient pas le miscanthus et l'ont vite bien ingéré après un petit temps d'adaptation les premières semaines. (©Terre-net Média)

« Pour un premier essai, nous nous sommes faits livrer 6 tonnes de miscanthus et l’avons distribué à raison de 500 g/vache/jour, se souvient l’éleveur, en plus de notre ration classique (maïs, pulpe, drèches, aliment liquide). Très vite, le TB est passé de 33 à 37,5 pour être aujourd’hui au-dessus de 39 g. On constatait pourtant que tout ressortait dans les bouses durant les trois premières semaines. Philippe Colin, notre fournisseur, nous assurait qu’il fallait laisser un temps d’adaptation aux vaches. Et en effet, on en trouvait de moins en moins au fil des jours. Aujourd’hui, on est à environ 400 g/vache/jour pour un prix de 240 €/tonne, soit un coût de 10 centimes/jour/vache. »

Le miscanthus n’a pas de valeur alimentaire

Le miscanthus est livré à la ferme en semi-remorque (environ 6 tonnes tous les 6 mois). Il est baillé dans le corps de ferme devant les silos de maïs et est ensuite repris au godet pour être mis à l’abri dans un bâtiment (le camion ne passant pas sous le hangar). La quantité intégrée dans la ration varie en fonction des valeurs du maïs. « Si le maïs est un peu plus fibreux, j’aurais tendance à réduire la part de miscanthus, explique l’éleveur, néanmoins je ne le compte pas dans le calcul de ration. Pour moi, il n’a ni valeur alimentaire ni influence sur la production de lait. Il ne sert qu’à piquer le rumen. »

« Je n’ai jamais été tenté d’arrêter, par peur de revoir arriver les problèmes, confie l’éleveur. Le TB est même monté à 41 g/kg lorsqu’on est passé sur le nouveau maïs. Le surcoût engendré par l’intégration du miscanthus est compensé par la prime de la laiterie. On n’en retrouve que très peu dans les refus. De plus, la ration est mélangée donc les vaches ne peuvent pas le trier. »

Le Gaec de Balance en quelques chiffres :
2 associés, 1 salarié et 1 personne en prestation de service pour la traite
140 ha dont 28 de maïs et 10 de pâtures pour les génisses
70 vaches laitières pour une production de 730 000 litres
En moyenne sur l’année : 39,5 TB et 32 de TP
130 000 cellules
2,5 lactations/vache en moyenne
IA pour tout le troupeau (les génisses sont inséminées en sexée et sont rattrapées par le taureau au bout de 3 IA)
La génétique est axée la morphologie (pattes et mamelle)
Les veaux mâles sont presque tous vendus à 3 semaines (sauf une dizaine/an élevés en bœufs)

L’avis de Philipe Colin, producteur de 250 ha de miscanthus

En cultivant 245 ha de miscanthus dans la Somme avec un rendement moyen de 12 t/ha, Philippe Colin est un expert de l'herbe à éléphant. Il l’affirme : son principal débouché reste l’alimentation des vaches : « 1 000 tonnes partent chaque année dans différents élevages des Hauts-de-France principalement pour alimenter des vaches laitières, même si depuis deux ans ce secteur est en baisse à cause de la crise du lait et d’un grand nombre de cessations d’activité. Néanmoins, si certains ont tenté de supprimer le miscanthus dans leur ration pour diminuer leur coût, beaucoup ont fait machine arrière car aucun autre produit n’est aussi performant pour la rumination », confie-t-il. 

Contrairement au miscanthus brut que l’on trouve chez beaucoup de revendeurs, le "rumine-fort" comme il le surnomme est retravaillé pour entrer dans la ration des animaux : il est effeuillé et dépoussiéré. Pour ce qui est du rationnement, Philippe Colin a tendance à dire que le miscanthus est très similaire à la paille : « D’après plusieurs analyses, le miscanthus présenterait des valeurs alimentaires proches. L’avantage c’est qu’un éleveur en distribue trois à quatre fois moins puisqu’on se situe autour de 500 à 600 g/vache/jour au maximum. »


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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


Capitaine
Il y a 162 jours
Un nutritionniste qui conseil de la paille dans la ration des vl à renvoyer chez sa mère ! Je pratique la même ration que l’eleveur Qui témoigne Maïs Pulpe de betterave et Drêche de brasserie et E d’H au lieu de l’aliment liquide : taux d’hiver 37/47 ! Le Miscanthus je l’utilise en paillage mais n’entre pas dans la ration et me coûte 100€ de moins la tonne.Pour moi le « rumifort « qui correspond le mieux c plutôt de la luzerne entière ou achée riche en béta carotène et disposant de par sa propriété de bicarbonate permettant l’assimilation du phosphore .Son troupeau pourrait s’orrienter vers 5,5 lactations au lieu de 2,5.On est d’accord valeur alim’ du Miscanthus zéro !Donc à proscrire.Aussi le foin de bonne qualité permet des bons résultats de rumination et donc de taux élevés en préservant la fertilité des vaches ainsi que des bonnes pattes.Des temps qui courent mieux vaut éviter les dérapages.
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PATRICE BRACHET
Il y a 167 jours
J ai été sévère dans mon commentaire et ceci n est pas contre mon collègue mais contre le système du lait dit industriel, que demain une association de consommateurs fasse analyser ce type de lait et là on est tous des tordus pour rester poli Nos collègues qui pratiquent ce type d alimentation ont une toute petite part de responsabilité la majorité revient à un prix pas assez élevé et à un manque de compétence des acteurs de la filière et le jour où cela va tomber ils ne seront pas là pour soutenir les collègues Si je choque c est pas grave mais il faut que cela soit les producteurs qui se prennent en main et uniquement eux Sincèrement je ne sais pas si c est réalisable ! Revenons aux fondamentaux de l alimentation et ayez le courage de faire faire le ratio oméga de votre lait cela sera la santé de vos vaches que vous pourrez contrôler
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hautot nicolas
Il y a 168 jours
c'est sur que 33 TB il y a de quoi s’inquiéter.
beaucoup éleveur sont dans son cette situation ne inquiète pas d être payé au dessous du prix base ... (pas la pêne de aller manifester après )
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PATRICE BRACHET
Il y a 168 jours
Je suis rabat-joie mais avec du méteil ( qui lui est un aliment) on peut monter à 47 de T B et la ration aurait une autre gueule et surtout le profil du lait !
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