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Comparaison des systèmes laitiersProduire moins de lait pour vivre mieux : la stratégie à adopter, selon le Civam

| par | Terre-net Média

En comparant les résultats technico-économiques de 2008 à 2017 des fermes laitières conventionnelles contre celles en agriculture durable du Grand Ouest, le Civam l'affirme : les systèmes herbagers sont plus performants et durables. Contrairement aux idées reçues, le fait de produire moins de lait ne pénalise pas leur résultat final.

Vaches laitières au pâturageD'après une étude réalisée par le Civam, les systèmes herbagers sont les plus performants. Ces fermes produisent certes moins de lait, mais ont aussi bien moins de charges que les systèmes conventionnels. (©Terre-net Média)

« Avec moins de terres, d’animaux et d’investissement, les systèmes herbagers dégagent autant, si ce n’est plus de revenu que les systèmes conventionnels. Ils font vivre plus de monde sur les fermes et préservent l’environnement. Recherchant la création de richesse plus que les quantités produites, ils résistent mieux aux aléas économiques. » Voilà la conclusion d'une récente étude de l'observatoire technico-économique du réseau Civam menée sur 10 ans et résumée sur l'infographie ci-dessous :

Mieux vivre en produisant moins de lait : durabilité des systèmes herbagersConclusion d'une étude menée par le Civam comparant les exploitations laitières conventionnelles du Rica et les systèmes herbagers du Grand Ouest. L'infographie complète est à télécharger sur le site du Civam. (©Civam)

Cette étude compare les résultats économiques d'élevages en agriculture durable (soit une moyenne de 127 élevages bovin lait spécialisés - dont 68 en bio -, répartis en Basse-Normandie, Bretagne et Pays de la Loire, comprenant moins de 20 % de maïs dans la SFP) et ceux des exploitations du Rica (314 élevages en moyenne, répartis dans les mêmes régions et représentatifs de 21 282 fermes au total).

Du lait supplémentaire qui coûte cher à produire

Ces 10 dernières années, les fermes laitières du Grand Ouest (quel que soit le système) se sont agrandies. Elles produisent plus de lait, avec plus de surfaces, d'animaux et de capitaux. En parallèle, elles ont aussi connu des évènements économiques importants : la rallonge des quotas laitiers en 2008, puis la fin des quotas en 2015 qui ont été suivis par des crises laitières.

Les résultats économiques ont alors été très fluctuants et ceux de l'échantillon Rica prouvent que ces litres de lait supplémentaires coûtent cher à produire et que le prix du lait a un impact très fort dans ces systèmes. « Cela démontre qu'il n'y a plus d'économie d'échelle », concluent les meneurs de l'étude.

Résultats économiques des fermes laitières de l'Ouest sur 10 ans.Comparaison du résultat courant par actif des exploitations Rica et "agriculture durable" non bio. (©Civam)

Le graphique ci-dessus montre bien que le prix du lait se répercute de manière très forte sur les fermes Rica. Les fluctuations sont plus lissées dans les systèmes herbagers et leur résultat ne passe en moyenne jamais sous 16 000 €/actif. Si sur la période étudiée, le prix du lait non bio a varié de 6 % (écart moyen), le résultat courant par actif a quant à lui varié de 30 % en système Rica et 14 % pour les fermes herbagères non bio.

Moins de produit mais aussi moins de charges

« Les systèmes herbagers étudiés sont plutôt caractérisés par la recherche de valeur ajoutée : produire au moindre coût. L'objectif : dégager de la richesse pour assurer la rémunération du travail et la robustesse de l'outil de production », expliquent les membres du Civam. Et les chiffres le prouvent : l'agriculteur moyen de cet échantillon doit s'occuper de moins de surface (- 8 %) que son voisin conventionnel, moins d’animaux (- 15 %), moins de matériel et bâtiments (- 13 %).

La stratégie du volume n'est pas la bonne.

En zoomant sur le compte de résultat, on constate bien que les fermes herbagères font moins de produits (60 000 € en moyenne dont 30 000 € de lait en moins), mais les charges sont inférieures sur quasi tous les postes, surtout les aliments (- 20 000 €), les cultures et la mécanisation :

Compte de résultat des exploitations laitièresLes fermes herbagères font certes moins de lait mais ont moins de charges, ce qui leur confère un meilleur résultat économique. (©Civam)

« La ferme Rica moyenne vend 85 000 litres de lait de plus que la ferme "agriculture durable" non bio, mais 57 000 litres disparaissent économiquement dans l’aliment acheté », commentent les experts. « Preuve que la stratégie du volume n'est pas la bonne. »

D'autres aspects sont également soulevés par ce travail, notamment l'impact du système sur l'environnement. Pour tout savoir, consultez l'étude complète > L'observatoire technico-économique des systèmes bovins laitiers : évolution sur 10 ans

Dans leur étude, les membres du Civam abordent aussi la question de la transmissibilité des fermes laitières et alertent : « Face au nombre de départs à la retraite dans les dix années à venir et à la tentation de cette stratégie d’agrandissement sans fin, il est indispensable que les acteurs du monde rural, agriculteurs comme décideurs, œuvrent à l’installation, au maintien et à la transmission de fermes herbagères à taille humaine. »


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DÉJÀ 32 RÉACTIONS


bzhgrassland
Il y a 14 heures
bravo les veaux !
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titian
Il y a 22 heures
Attention à ne pas tomber dans la caricature, les "herbagers" ne sont ils pas aussi obligés de faire de la "conserve".
Tendance lourde si d'aventure l'augmentation des températures est avérée pour les prochaines années.
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Marius
Il y a 2 jours
L'on voit tout de suite les ayatollahs du gavage (ensilage-concentrés). Seule leur façon de faire est la meilleure (2 à 3 lactations, vaches déjà usées - veaux vendus 45/60euros, etc...). esclavage animaux et personnes....
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denis62
Il y a 2 jours
beaucoup d éleveurs voient leur systeme comme le meilleur
Pour s en assurer, il faut demander au comptable de lui montrer les chiffres d une exploitation qui est la plus performante du coin, pas de nom juste les chiffres
certains vont tomber de tres haut parce que la difference de revenu entre éleveurs est énorme
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Henriki
Il y a 2 jours
Pourquoi les vaches à l'herbe donneraient-elles moins qu'au maïs? Qu'est-ce qui empêche de donner un complément de céréales, donc du concentré, genre triticale-avoine-pois, produit sur la ferme, pour que la vache donne tout son potentiel? J'ajoute qu'une vache élevée à l'herbe, et pas systématiquement bourrée de concentré industriel (soja...) produira beaucoup plus longtemps, jusqu'à 12, 15, et même 17 ans chez moi, (et même 19 ans chez un collègue!),contre... 3...4 ans... faîtes vos comptes vous-mêmes!!!
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galopin
Il y a 3 jours
moi , avec 25 VL et du lait bio payé + de 710 euros ,et 140 000 litres de lait , je me rends compte que ceux qui ont toujours voulu produire plus croule sous le travail et les dettes et leur fermes sont invendables , il est grand temps de stopper la course au toujours plus
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Penn kalet
Il y a 4 jours
C'est quoi le Grand ouest ???? Une région virtuelle artificielle ,ce n'est pas avec ce genre de dénomination que l'on va mettre en valeur ,labelliser , les produits laitiers entre autres .Vive la Bretagne réunifiée ,l'Anjou ,le Poitou le Maine ,la Normandie .
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Patrice Brachet
Il y a 4 jours
Avant de se mettre en rj pour le comptable et le contrôleur on était bon à part que l on avait des dettes fournisseurs et il faut un grain de sable et tout s écroulé Dans cette affaire celui qui a une bonne marge c est le marchand d aliment après il y’a toujours quelques exceptions et c est tant mieux
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Moty
Il y a 4 jours
Dans les systèmes herbagers et durables , on ne parle pas beaucoup de MB, c'est intéressant mais trés insuffisant. Il faut aller plus loin . Pour ma part, ça fait 15-20 ans que je ne parle plus de MB ( elle peut être bonne, mais avec un revenu faible)
Dans les systèmes herbagers , les charges fixes sont souvent inférieures que dans les systèmes maïs ( - de batiments, - de stockage de fourrage,- de stockage d'aliments concentrés, - de matériels .. )
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denis62
Il y a 4 jours
j ai comparé 2 fermes de 60 vl ayant toutes 2 de sacrés performances
la premiere herbagere
la seconde mais avec un peu herbage
il ny a pas photo la seconde gagne plus
l herbe est plus economique mais la technicité de l autre est bien meilleure
la marge brute au mille litre est remportée par la 1 de 90 euros. Les francais aime bien calculer avec ce systeme.Il sont bon
quand on ramene ce meme calcul a la vache 2,7 euros de plus par vache en faveur de la seconde
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