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Agriculteur-méthaniseurPhilippe Collin roule au « biogaz naturel véhicule »

| par | Terre-net Média

Sur son exploitation de Haute-Marne, Philippe Collin vient d'installer une station d'épuration du biogaz issu de son méthaniseur pour faire rouler une dizaine de voitures au bio-GNV, le « gaz naturel véhicule ».

Cliquez pour voir l’interview de Philippe Collin, du Gaec de Grivée (52) 

Céréalier et éleveur en agriculture biologique à Colombey-lès-Choiseul en Haute-Marne (52), Philippe Collin a construit en 2010 une unité de méthanisation d’une capacité de 250 kW électriques obtenus par cogénération du biogaz. La chaleur dégagée par la combustion est valorisée grâce à un séchoir à céréales. Membre des Agriculteurs méthaniseurs de France, Philippe Collin utilise principalement du lisier de vaches laitières et des déchets d’agro-industries.

Depuis quelques mois, il s’est lancé un nouveau défi : faire rouler une flotte de véhicules avec le biogaz issu de sa ferme. Pour cela, il vient d’installer avec l’aide de l’entreprise Prodeval la première micro-station française d’agriGNV ou bioGNV, le gaz naturel véhicule issu de la fermentation de matières organiques. Cette station épure le biogaz afin de pouvoir l’utiliser comme biocarburant pour des véhicules essence adaptés. Une fois épuré et débarrassé du dioxyde de carbone, ce « gaz vert » présente les mêmes caractéristiques que le gaz dit « naturel » traditionnellement importé de Norvège, de Russie, ou d’Algérie.

350 km d’autonomie sur la réserve de gaz

« Dans un premier temps, nous utilisons uniquement les excédents de production de gaz que l’on ferait brûler dans une torchère ou évacuer à la soupape, précise Philippe. Car pour le moment il n’y a que ma voiture et celle de mon salarié qui soient équipées pour rouler au GNV. A terme, nous devrions avoir une dizaine de véhicules qui viendront s’approvisionner sur le site. Ce seront des véhicules commerciaux d’entreprises locales qui s’éloignent peu de la station. » Ces entreprises avec une « flotte captive » sont particulièrement intéressées par ce carburant écologique (issu de carbone renouvelable), 20 à 30 % moins cher que l’essence et qui rejette 97 % de particules fines en moins que le diesel.

Tous les véhicules essence peuvent être équipés d’un kit GNV. La petite voiture de la ferme est équipée d’une bicarburation avec un réservoir d’essence classique, plus une réserve de 80 litres de GNV (soit 16 kg de bioGNV), ce qui permet de rouler avec une autonomie d’environ 350 km au gaz avant de basculer sur l’essence. Il est tout a fait envisageable de faire rouler des véhicules plus importants comme des poids-lourds, des bus, voire sans doute un jour des tracteurs agricoles.

la réglementation doit évoluer

En France, tout le monde n’est pas autorisé à vendre du carburant. Philippe Collin a donc passé un partenariat avec Enercoop, distributeur spécialisé dans les énergies renouvelables, pour commercialiser le bioGNV produit sur son exploitation.

« Il s’agit encore d’un projet expérimental et innovant pour montrer que la réglementation doit évoluer dans le domaine de l’agriGNV, notamment sur la fiscalité, car j’estime que le biométhane carburant est vraiment une voie de diversification pour les unités de méthanisation en cogénération », assure l’agriculteur-méthaniseur.

« En termes de rentabilité, on est quasiment équivalent à l’injection de biométhane dans le réseau de gaz de ville, mais sur des volumes moindres ». Question investissements, l’installation de la station d’épuration nécessite 60 à 80 000 euros pour une production de 20 000 kg de bioGNV par an. Sachant qu’un véhicule consomme environ 5 kg de GNV pour 100 kilomètres parcourus, la petite station à la ferme pourrait ainsi fournir aux entreprises locales près de 400 000 kilomètres rien qu’avec du lisier et des déchets verts !

 

 


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DÉJÀ 1 RÉACTION


tt
Il y a 191 jours
Félicitations et beaucoup du courage. De telle initiative doit être encouragée un peu partout surtout en Afrique où l'élevage reste pastoral en général pour atténuer les problèmes sociaux liés et diminuer l'émission de GES.
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