Paroles de lecteursNe pas traire le dimanche soir : avez-vous déjà essayé ? Qu'en avez-vous pensé ?

| par | Terre-net Média

Il y a quelques semaines, des éleveurs ont témoigné sur Web-agri à propos de la suppression de la traite du dimanche soir, toute l'année ou au moins pendant quelques mois. Plusieurs lecteurs ont déjà testé cette pratique et si certains sont satisfaits, pour une question de qualité de vie surtout, d'autres mettent en avant un impact négatif sur la production, donc les résultats économiques, et le bien-être animal.

paroles de lecteurs web agri suppression traite du dimanche soir « Question astreinte, c'était le top mais économiquement ça coince... », estime gillesdu01. (©Yoann Gorieu // Création Terre-net Média) 

Popo raconte : « Nous sommes en monotraite dominicale depuis notre installation en 2011 et ça se passe très bien. On trait à 10 h le dimanche et on redémarre à 7h30 le lundi sans souci. Un peu plus de leuco si prélèvement le lundi mais c'est rarement la cata et le TB est bon, 47 g/l voire 48 parfois ! »

Meilleure qualité de vie

Fabien, lui, « pratique cette technique depuis trois ans » et « ne reviendrait pas en arrière ». « Je profite du dimanche avec mes enfants et ma femme, explique-t-il. Et quand on sort le dimanche, on ne regarde pas la montre. Ça fait du bien ! »

On ne regarde plus la montre quand on sort.

bzhgrassland « trait une fois/jour toute l'année depuis deux ans ». « S'il fallait repartir en double traite, je pense que j'arrêterais le lait, lance-t-il. Une fois qu'on y a goûté, impossible de faire marche arrière vu la qualité de vie ! »

Moty « trouve cela bien pour les éleveurs qui peuvent » même s'il n'a « pas réussi à y passer ». « Mais pendant la belle saison, on trait un dimanche sur deux à tour de rôle avec des voisins, c'est sympa. Et on fait une pause de deux mois chaque hiver. À chacun de trouver la solution la plus confortable pour lui. »

Je ne reviendrais pas en arrière !

Quid du bien-être animal ?

Stivi, en revanche, s'indigne, mettant en avant le « bien-être animal ». « Si on veut traire des vaches, c'est deux fois par jour sinon il faut les vendre ! »

Les vaches, c'est 2 traites/jour, sinon autant les vendre !

Mick mac lui répond du tac au tac : « @Stivi, bravo, belle mentalité ! Avec des gens comme toi, pas étonnant que les laiteries nous prennent pour des esclaves !! Continue de penser comme ça, bosse comme un c... sans être rémunéré et pendant ce temps-là, nous, nous profitons un peu de la vie !!! »

Voir aussi sur le même sujet le témoignage : Pâturage, vêlages groupés et monotraite − F. Charles (22) : « Doubler le revenu en travaillant deux fois moins »

« Bosse comme un c... sans être rémunéré »

Pas étonnant qu'on nous prenne pour des esclaves...

Jonathan renchérit : « Si ça marche et que les éleveurs sont contents, c'est parfait ! @Stivi, tu peux même traire trois fois par jour si tu veux !! Les industriels laitiers te donneront sûrement une prime de 50 000 € pour ton courage et ton dévouement à ton départ en retraite !!! »

Les laiteries te donneront sûrement une prime !?

Rêveur  nuance : « Cela dépend du niveau d'étable. C'est sûr qu'à plus de 30 litres, les vaches doivent demander à être un peu soulagées. Après une coupure, cela ne doit pas faire de mal non plus. »

Voir aussi le témoignage de Ronan Guernion, éleveur en Bretagne : Partir un mois en vacances grâce aux vêlages groupés

Rythme, résultats technico-économiques... : c'est pas ça !

Traire tard le samedi soir, en fin de matinée le dimanche et à 5 h le lundi matin...

Lau a lui aussi « pratiqué la monotraite dominicale à plusieurs périodes ». « J’avais du mal avec le rythme, témoigne-t-il. Traire tard le samedi soir, en fin de matinée le dimanche et à 5 h le lundi matin... Difficile niveau sommeil surtout quand on entend les vaches gueuler ! Alors maintenant, je ne le fais plus que lorsque je n'ai pas d'autres solutions et parfois d'autres jours que le dimanche. »

gillesdu01, qui a également essayé quelques années, observait « un litrage en dent de scie ». « On plombe le dimanche et il faut quasiment toute la semaine pour revenir à la normale, insiste-t-il. Soit une baisse de production laitière de l'ordre de 5 % du volume total. Question astreinte, c'était le top mais économiquement ça coince... »

Quasiment toute la semaine pour revenir à la normale !

Stan conseille « les vêlages groupés », c'est-à-dire « le groupage des chaleurs et l'insémination par lots de 10 vaches, pour tarir 20 bêtes toutes les semaines ». « Si tout est bien calé, tu peux avoir 15 jours sans traite. (...) Le problème, ce sont les laiteries qui veulent du lait tout le temps. Avant, elles le payaient plus cher au printemps alors que maintenant, c'est l'été. Les laiteries ont tout fait pour déssaisonner la production laitière et baisser le prix du lait. (...) »

« Le problème, ce sont les laiteries »...

Elles font tout pour déssaisonner la production et retirent les primes !

Pour Grochat, « 5 % en moins et pouvoir vivre presque comme les autres, une journée par semaine, je l'ai fait pendant 10 ans, sans parler du mois et demi avec la salle de traite fermée et du mois en monotraite avant. Mon seul regret : que ma laiterie (une coop pourtant !) me retire systématiquement les primes du challenge qualité sous prétexte que je ne livrais pas de lait régulièrement toute l'année. Du coup, je suis passé en vaches allaitantes... »

Du coup, je suis passé en vaches allaitantes... 

... Et « le prix du lait » !

Bzh est plus radical : « Pour la qualité de vie, c'est plus de bestioles du tout car marre de ces prix de m... pour ne jamais se faire remplacer par manque de moyen ! La question de mettre tout en culture pour attendre la retraite, la libération, se pose sérieusement !! »

Autre solution : mettre tout en culture.

Et Terminé encore davantage : « Malheureusement, c'est la triste réalité, celle de la non-rentabilité de la production laitière en France. Des éleveurs dans l'incapacité de prendre des vacances et quelques week-ends... Ou alors faut trouver un vacher et le payer plus cher le dimanche, mais avec un prix du lait au plus bas... L'impasse sur la traite du dimanche soir, le dernier espoir pour certains éleveurs de se libérer un peu, bien triste solution, que beaucoup d'éleveurs ont essayée avant de revenir en arrière car il a plus d'inconvénients que d'avantages. Le problème, c'est le prix du lait qui ne permet pas de se dégager un revenu agricole suffisant et de se faire remplacer. Le mieux, c'est d'arrêter la traite 7 jours sur 7. Le bonheur est juste là... »

Ou encore arrêter la traite 7 jours sur 7 !

Et sur Facebook, parmi les 243 commentaires :

posts facebook suppression de la traite du dimanche soir (©Page Facebook de Web-agri) 


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


Stan
Il y a 24 jours
Les laiteries devraient aider d'avantage avec des primes pour les traités du week-end pour permettre le remplacement par des jeunes avec le service de remplacement et permettre une installation dans la continuité pour être éleveurs. décourager les jeunes c'est pas la solution l'état devrait revoir sa politique.
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BRUNO LE FLOCH
Il y a 35 jours
JE NE TRAIT PLUS LE DINANCHE SOIR DEPUIS 15 ANS ET JE NE REGRETTE RIEN LES VASCHE S'ADAPTE TRES BIEN .IL Y AURA TOUJOURS DES ESPRIT CHAGRIN POUR REGRETTER LA PERTE DE PRODUCTION MAIS AU FINAL ON EST MIEUX DANS SES BASKETTES Y A PAS QUE LE BOULOT CE QUI NOUS ENTOURE PENSE LA MEME CHOSE.
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