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[Space WebTV] Earl du CalvaireObjectif 1,2 million de litres avec le robot traite MR-D1 double box de Boumatic

| par | Terre-net Média

En Alsace, la famille Debes a confié depuis un an la traite de ses 85 vaches au robot MR-D1 de Boumatic qui a la particularité de traire par l'arrière deux vaches simultanément. Retrouver les constructeurs de matériel de traite au Space 2016 à Rennes du 13 au 16 septembre dans le Hall 11.

Cliquez pour voir le reportage vidéo à l’Earl du Calvaire

« Avant j’avoue que je ne m’intéressais pas trop aux vaches, c’était le domaine de mes parents, mais depuis que le robot est arrivé, je les connais toutes ! », se remémore Marc Debes. A 29 ans, ce jeune agriculteur a rejoint Robert et Michel Debes sur l’exploitation familiale de Jetterswiller dans le Bas-Rhin. Grâce à un lait jusqu’ici correctement rémunéré auprès de leur coopérative Alsace Lait, l’Earl du Calvaire a l’intention de maximiser les capacités de production de leur nouveau robot de traite MR-D1 double box et atteindre 1,2 million de litres de lait par an. « Notre objectif à terme est d’arriver à saturer le robot avec le minimum d’animaux, soit environ 95 vaches à 12 500 litres de moyenne », envisage Marc Debes. Le potentiel génétique du troupeau est bien présent et les éleveurs ont pour objectif de produire 42 litres/VL/j. Certaines sont même à plus de 60 litres par jour ! Pour le moment, le robot double box de Boumatic est loin d’être à saturation avec 80 vaches présentes dans un bâtiment de 80 logettes qu’il faudra agrandir de 20 places si l’élevage obtient l’augmentation de référence laitière souhaitée.

La ration des laitières (kg brut)
à l’auge :
30 kg d’ensilage de maïs
8 kg de pulpe de betterave
4 kg d’ensilage d’herbe
1 kg de maïs grain broyé
1 kg d’orge broyé
2,5 kg de correcteur azoté
0,5 kg de mélasse de canne
0,2 kg CMV 7/21/3,5
Au robot :
VL 2,5 L : de 1 kg (30 litres) à 7kg (50 litres)
Correcteur azoté : de 1,7 (10 litres) à 2,6 kg (50 litres)
Propolyne glycol 200 g sur 30 jours

Total : 24 kg MS ingérés
Coût : 4,26 €/VL/j ; 108 €/1000l

Le troupeau de Prim’holstein de l’Earl du Calvaire est conduit en un seul lot, sans pâturage. Les vaches ont librement accès à un côté ou à l’autre du robot, ce qui a l’avantage d’éviter qu’une vache dominante se mette à jouer les gardes-barrière à l’entrée de la stalle, empêchant les autres d’entrer. « Nous dressons les primipares d’un côté puis de l’autre. Les génisses s’habituent en deux ou trois jours, parfois elles ont besoin d’une semaine, cela dépend beaucoup de leur caractère. En traite robotisée, les meilleures vaches sont celles qu’on ne voit pas, fait remarquer Marc. En général nous allons chercher dans le bâtiment entre deux et cinq vaches chaque jour qui sont en retard à la traite. Mais si une vache ne va pas d’elle-même au robot pendant plus d’un mois, je préfère la vendre. »

Le nombre de passage varie entre 2,5 et 3 traites par jour selon la productivité individuelle des vaches. Les animaux passent indifféremment dans les box gauche et droit et la fréquentation se répartit uniformément entre le jour et la nuit. La radio est constamment allumée, et un spot à led éclaire la zone durant la nuit. En complément du robot, l’Earl du Calvaire a également installé deux grands brasseurs d’air de marque APM ainsi qu’un robot pousse-fourrage Moov, de l’entreprise hollandaise Joz. Les éleveurs ont recouvert de béton la fosse de l’ancienne de salle de traite afin de la transformer en box de vêlage.

Traite par l’arrière

Performances au contrôle laitier de mai 2016 :
Lait : 39,2 kg/VL/j
TB 33 g/l; TP 32 g/l
Niveau exprimé : 12 426 kg/VL
5,6 mois moyen de lactation
219 000 cel/ml moy 2015

Avec un bras de branchement pour deux vaches, le MR-D1 s’adresse au gros marché des étables de 70 à 100 vaches. Avec un prix annoncé aux alentours de 185 000 euros, Boumatic revendique déjà une centaine d’élevages français équipés du MR-D1. Il s’agit du seul robot à traire par l’arrière (TPA) : l’unique bras robotisé branche les gobelets laveurs et trayeurs puis effectue également le trempage des trayons, toujours en passant entre les deux pattes arrières. « Avant le passage de la salle de traite au robot, nous avions conservé beaucoup de vaches pour faire du tri si besoin, et finalement nous n’avons eu besoin de réformer qu’une seule vache à cause du robot, parce que deux de ses trayons se touchaient. »

Stimulation de la mamelle

Fabriqué en Hollande, ce robot se caractérise par un bras articulé hydrauliquement et suspendu sur un pont roulant qui se déplace d’une vache à l’autre. Un seul gobelet, placé entre les deux stalles, permet de préparer et stimuler la mamelle : il lave le trayon à l’eau froide qui est aspirée, puis il tire les premiers jets de lait. Le bras vient ensuite brancher les quatre gobelets trayeurs un à un. La traite s’effectue quartier par quartier, avec détection de la conductivité du lait (indicateur de cellules somatiques) et colorimétrie (présence de sang). Par ailleurs, il est possible de brancher les gobelets manuellement en cas de besoin. Prochainement, Boumatic prévoit d’améliorer ses futurs robots avec un système de double accrochage des gobelets par paire afin de gagner 30 secondes à une minute par vache.

La traite par l’arrière facilite l’installation du bloc de traite au-dessus d’une fosse, un élément pratique pour être à hauteur lorsqu’il faut intervenir sur la mamelle. Cette fosse évite de s’accroupir ou de risquer de se prendre des coups de patte.

« Je privilégie le smartphone »

Du côté de la maintenance, rien à signaler : « nous n’avons encore pas rencontré de pannes gênantes, mis à part quelques coupures de courant dues à l’orage, précise Marc Debes. Mais mieux on connaît la machine, moins on a de problème. Il ne faut pas avoir peur de l’ouvrir et d’y mettre les mains. Nous faisons la maintenance trois fois par an avec notre installateur Agri-service, qui peut aussi intervenir à distance. De même, nous avons conservé le contrôle laitier et l’étalonnage du robot par Opti’traite. »

La gestion du troupeau est confiée au logiciel Herd Metrix de Boumatic, relié à l’EDE pour les notifications d’animaux. « Je regarde l’ordinateur environ une fois par jour, c’est suffisant. Pour le reste du temps, je privilégie le smartphone, très pratique pour savoir quelles vaches aller chercher dans le bâtiment. »

Plus rentable qu’un tracteur

Le robot a bien entendu apporté davantage de souplesse dans l’organisation du travail de cette exploitation qui compte 170 hectares et tout autant d’animaux à s’occuper. « La souplesse de travail c’est une chose, mais surtout, la question du robot s’est posée lorsque mes parents commençaient à rencontrer des problèmes de troubles musculo-squelettiques (TMS) après des décennies passées en salle de traite. Il y a deux ans, nous envisagions de renouveler notre tracteur de tête. Mais lorsque l’on compare le nombre d’heures passé et la rentabilité d’un tracteur neuf par rapport à un robot de traite… Le choix a été vite vu ! Après, peu importe la marque du robot choisie, ce qui compte c’est que le système soit cohérent et bien calé. Chez nous pour le rentabiliser, il nous faut au moins 80 vaches hautes productrices. » Si le robot double stalle peut supporter jusqu’à 100 vaches, la famille Debes envisage plutôt de limiter le nombre de laitières (90 à 95) en visant le maximum de lait par vache pour dépasser le million de litres par an. Il paraîtrait même que parmi les élevages équipés d’un robot MR-D1, le plus productif d'entre eux parvient à dépasser les 1,3 millions de litres produits annuellement.

Robot de traite Boumatic doouble box MR-D1Boumatic est le seul constructeur de robots à traire par l'arrière. Avec ses deux entrées, le MR-D1 peut être utilisé en un seul lot jusqu'à 100 vaches, ou bien au centre du bâtiment en séparation de deux lots de vaches (~2 x 45 VL). (©Terre-net Média) 

Retrouver BouMatic au Space 2016 du 13 au 16 septembre dans le Hall 11 stand A15


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