Veaux laitiersLes effets positifs de l'élevage des veaux sous nourrices

| par | Terre-net Média

Élever les veaux laitiers sous des vaches nourrices présente de nombreux avantages. La récente étude portée par Caroline Constancis d'Oniris révèle une diminution des diarrhées, une croissance rapide des veaux et une infestation modérée par les stongles gastro-intestinaux.

Veaux sous nourriceL'élevage des veaux sous une vache nourrice ont des effets bénéfiques sur leur croissance et leur santé. (©Terre-net Média)

« L'élevage des veaux sous nourrices consiste à faire adopter entre 2 et 4 veaux à une vache laitière dédiée (qui ne sera pas traite). Par rapport à une conduite classique, le mode d'alimentation des veaux est modifié, tout comme leur logement, leur conduite au pâturage et la mise en contact avec des vaches adultes dès leur première année de vie », expliquait Caroline Constancis (Oniris) à l'occasion des 3R (Rencontres recherches ruminants).

Étudiant dans le cadre de sa thèse les performances des veaux laitiers conduits avec des vaches nourrices en agriculture biologique, elle a compilé les résultats d'une vingtaine d'exploitations suivant ce schéma. Pour la plupart, elles pratiquent le croisement de race, le groupement de vêlages et la monotraite. Voici en pratique comment se déroulent les différentes phases d'élevage :

Conduite des veaux élevés avec leur nourrice.La phase d'allaitement artificiel est optionnelle. Elle dépend du temps d'adaptation et d'adoption du veau par la nourrice. (©Caroline Constancis)

La phase d'adoption est la plus cruciale : « L'éleveur doit veiller à ce que le veau tête bien la nourrice. Elle se fait en bâtiment et dure environ une semaine avant de pouvoir mettre les couples veaux/nourrices à l'herbe. Le sevrage se fait durant la première saison de pâturage ou au retour au bâtiment ; le veau a alors entre 4 et 9 mois. En deuxième saison de pâturage, les veaux et nourrices sont séparés », détaille Caroline.

Des effets positifs sur la santé et la croissance des génisses

Les analyses de fécès réalisés sur les veaux ont permis de mettre en évidence une moindre sensibilité vis-à-vis de la cryptosporidiose. Même chose concernant le parasitisme : la mise à l'herbe jeune avec une conduite tournante permet de réduire la pression parasitaire pour les génisses (notamment des strongles digestifs). De plus, la part d'herbe consommée reste assez faible par rapport à la quantité de lait. Autre aspect : les nourrices sont de leur côté immunisées donc faible excrétrices.

L'élevage sous nourrices a également un effet positif sur la croissance des veaux. Les pesées effectuées ont révélé un GMQ moyen proche des 800 g/j dans les 5 premiers mois de vie, correspondant aux objectifs pour un vêlage à 24 mois.

L'étude se poursuit actuellement avec de nouvelles mesures portant sur la deuxième année des génisses (notamment sur le bien-être animal, la croissance, la reproduction et le parasitisme).

Du gain de temps mais un suivi pointu

Dans ce système, pas de doute : le gain de temps est conséquent sur le soin et l'alimentation des veaux. Si l'experte recommande aux éleveurs de se tourner vers l'élevage sous nourrices, elle rappelle néanmoins que cela nécessite un certain suivi (notamment autour de l'adoption des veaux par les nourrices).

Dans la documentation, on trouve d'autres recommandations comme l'adaptation des clôtures pour les veaux, mais aussi la mise à disposition d'abris. Autre préconisation : conserver une relation éleveur-animal dans ce système avec un contact régulier. Un point de vigilance à avoir en tête également : la période de vêlage. Elle impacte forcément la conduite ensuite puisqu'elle est censée se faire au pâturage.

Pour ce qui est du choix des nourrices, « il s'agit en pratique d'une forme de réforme (vaches boiteuses ou problèmes de mammites), constate Caroline. Certains les choisissent aussi sur des critères maternels. À l'issue de la saison d'allaitement, si certaines vaches font une seconde saison de pâturage, elles partent pour la plupart à l'abattoir car les chaleurs semblent difficiles à détecter chez ces animaux ensuite. »

Témoignage du Gaec Bioloval (85) dans le cadre des Bio pratiquent :

Il y a 3 ans, Valérie et Laurent ont commencé à élever les mâles sous des mères pour économiser du temps de travail. Pas de traite et de distribution du lait aux veaux qui partent entre 2 et 3 semaines, c’est moins de temps d’astreinte. « On s’est dit : pourquoi ne pas élever nos femelles de la même manière ? On cherchait à gagner en conformation pour nos génisses. On observait un creux de croissance en période post-sevrage (choix de ne pas leur donner de concentrés) : elles perdaient sur l’année suivante et étaient d’autant plus affectées en période de canicule. » Ainsi, ils ont fait le choix de conduire de la même manière leurs génisses il y a deux ans. Avec certaines appréhensions au départ : ne vont-elles pas devenir trop sauvages ? Risquent-elles de s’échapper ? Vont-elles avoir assez à boire ?

Les premiers résultats sont positifs ! Les vaches adoptent bien les veaux. Le choix des nourrices se fait suivant différents critères : vaches à cellules (cela permet de les assainir), caractère maternel, stade de lactation... Comme les veaux sont manipulés, notamment pour les aider à boire au début, ils ont l’habitude de l’éleveur. Il est important de surveiller qu’ils aient assez de lait. Les génisses accompagnent les vaches au plus tôt au pâturage (parcelle proche des bâtiments), ce qui les habitue à la mise à l’herbe jeune. Ça facilite aussi la transition alimentaire : par mimétisme, les réflexes et les capacités pour s’alimenter en foin ou au pâturage arrivent beaucoup plus vite.

Les femelles sont sevrées vers 5/6 mois (contre 4,5 mois avant). Elles consomment plus de lait mais leur meilleur état post sevrage devrait permettre des premiers vêlages plus précoces, autour de 2,5 ans. « Ça correspond aussi à notre vision de l’éleveur, ça nous plaît de voir nos femelles élevées par nos vaches. »

Pour en savoir plus sur cet élevage, retrouvez sa fiche technique sur le site Bio Pays de la Loire.

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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


699351715
Il y a 40 jours
Cela peu provoquer l'hypocalcemie ( fièvre de lait ) donc pour moi c déconseillé
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Lau
Il y a 41 jours
Bonjour
J ai pratiqué cette technique mais je la réserve à des vaches en voie de réforme car c est très difficile pour la vache d assurer une nouvelle gestation quand 3 veaux sollicitent son lait à longueur de journée et c est vraiment difficile de les vendre en état correct d engraissement , aucune n à été saisie pour maigreur. ..faire adopter es veaux peut être difficile, il faut être patient et certaines vaches n acceptent pas le rôle de nourrice
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Raph
Il y a 41 jours
J'ai mis ceci en place voilà 2 ans le système est bien -de travail des génisses plus belle mais voilà les vaches donne tous ce quel ont et ont se retrouve avec des vache très sèche et très compliquer à remonter ce n'est pas des vaches allaitantes mais bon c'est un choix à faire
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bzhgrassland
Il y a 41 jours
pour en avoir fait durant quelques années, une holstein avec 3 veaux dessous pendant 6 mois, c'est saisie à l'abattoir. il faut quasiment 1 an d'engraissement pour les retaper au paturage
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bleu ciel
Il y a 41 jours
j ai un doute pour la lactation suivante , 2/3 veaux à une holstein pendant toute sa lactation est la vache est lessivée ......ce n est pas de la traite 2 ou 3 fois par jours mais 24 heures sur 24 ,encore un article qui veut faire prendre des vessies pour des lanternes ....
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guillaume
Il y a 41 jours
cela permet de garder des vaches qui sont charger en cellules voir de les assainir pour la lactation suivante plutôt que de reformer trop vite. ainsi on arrive a baisse le taux de reforme entre 15 et 20 %
sur un plan sanitaire c est le top aussi
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Azur
Il y a 41 jours
Ah! Bon, élevé par une vache c'est mieux? Incroyable...
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hub
Il y a 41 jours
Serieux !! Quand un veau est elevé par une vache ,c'est tout benef. !! Ben ca alors !!
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JEFF
Il y a 41 jours
L'élevage de veaux sous nourrices présentent effectivement de nombreux avantages. Pour ma part j'ai choisi de les élever en plein air,au milkbar,sans aliments concentrés. Ils sont nourrit 6 mois au lait,foin et paturage. Les résultats sont encourageants tant au niveau travail,que croissance et immunité aux parasites. De plus ce mode d'élevage est compatible avec le cahier des charges bio.
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