Tarissement courtQuelles vaches peut-on tarir pendant un mois au lieu de deux ?

| par BTPL | Terre-net Média

Il est possible, voire conseillé, de tarir certaines vaches laitières hautes productrices pendant seulement 30 à 42 jours au lieu des deux mois habituels. Le tarissement court peut s'appliquer aux multipares qui produisent encore plus de 20 litres 60 jours avant le vêlage. Cette pratique améliorerait même les résultats de reproduction. Le Btpl détaille les clés de réussite pour perdre deux fois moins de temps improductif au tarissement.

Traite et tarissementLa tarissement court convient bien aux fortes productrices qui n'ont pas de problèmes de cellules. (©Terre-net Média)

Pour une vache laitière haute productrice, le tarissement est souvent source de stress :

  • Passage à une ration pauvre en énergie le premier mois de tarissement, avec régression des papilles du rumen ;
  • Retour à une ration riche 2 à 4 semaines avant vêlage ;
  • Déplacement et changement de lots, qui perturbent la vache ;
  • Risques de troubles métaboliques : cétose, fièvre de lait, pas de chaleurs, si la vache s’engraisse trop avant vêlage.

Un tarissement court, 30 à 35  jours semble être le bon compromis entre les effets bénéfiques sur le bilan énergétique en début de lactation, et les effets négatifs sur la santé de la mamelle et la qualité du colostrum.

Par rapport au tarissement classique de 60 jours, le tarissement court (5 à 6 semaines) utilisé sur de fortes productrices, limite les risques de maladies métaboliques autour du vêlage.

  • Les vaches ont tendance à être moins grasses, et à perdre moins de poids après vêlage.
  • Le déficit énergétique en début de lactation est limité, car le niveau d’ingestion en début de lactation est plus élevé qu’en tarissement classique.
  • Il y a moins de risque de fièvres de lait, et moins de problèmes métaboliques.
  • Au niveau reproduction, les résultats sont meilleurs.
  • Le pic de lactation est écrêté et les courbes de lactation plus plates.

Le tarissement court n'est cependant pas adapté à tous les animaux. Cela demande également des pratiques correctes pour en tirer tous les bénéfices.

Cibler les vaches candidates au tarissement court

- Principalement les multipares : Pour les primipares, un tarissement proche de deux mois est préférable pour un renouvellement correct du tissu mammaire et pour ne pas pénaliser la deuxième lactation. Les vaches ayant eu un tarissement court après la première lactation, produisent en général moins de lait en deuxième lactation, mais un lait plus riche en matières grasse et protéique.

- Vaches à tendance à l’engraissement excessif : ces animaux présentent plus de risques de problèmes métaboliques après vêlage avec un tarissement classique.

- Vaches avec pic de lactation prononcé : risque de déficit énergétique important en début de lactation.

- Vaches ayant déjà eu des problèmes métaboliques ou de reproduction.

- Vaches qui produisent encore au moins 20 l par jour 60 jours avant vêlage : Elle produira encore du lait sur les 25 prochains jours et elle n’aura pas à subir un tarissement brutal avec une production laitière encore importante. La vache qui produit moins de 10 litres/jour, 60 jours avant vêlage, risque de ne plus en produire pendant 25 jours de plus. Il vaut mieux la tarir de manière classique.

- S'il n'y a pas de possibilité de séparer les vaches taries du reste du troupeau.

- Repérer les vaches qui portent des jumeaux, ou qui peuvent vêler précocement : Il n’y a aucun problème à utiliser le tarissement court pour une vache gestante de jumeaux. Par contre, étant donné la forte probabilité d’un vêlage précoce, il est préférable de tarir cette vache au moins 42 jours avant vêlage présumé afin d’assurer un tarissement de 35 jours même si elle vêle une semaine à l’avance (fig.2).

- Eviter les vaches avec un comptage cellulaire élevé : En rallongeant la lactation, on risque d’augmenter fortement les concentrations cellulaires sur les derniers jours de traite. La guérison des vaches avec comptages cellulaires élevés pendant un tarissement court n’est cependant pas plus difficile qu’en tarissement classique si on utilise un produit adapté.

Viser 35 à 42 jours de tarissement

En tarissement court, la durée de tarissement idéale se situe entre 5 et 6 semaines.

  • À moins de 30 jours, la production laitière est notablement affectée. De plus, les risques de résidus antibiotiques en début de lactation sont importants. Les risques de réforme hâtive et de mortalité augmentent également.
  • A plus de 42 jours, les vaches risquent d’être suralimentées, avec engraissement excessif et problèmes métaboliques accrus au vêlage.
  • Viser 35 jours laisse une marge de manœuvre en cas de vêlages précoces ou tardifs par rapport aux prévisions.

Les dates d’inséminations doivent être enregistrées précisément. La marge de temps étant plus étroite, il est capital d’estimer au plus proche la date de vêlage pour un tarissement réel correspondant aux objectifs de 35 jours.

Le tarissement à 35 jours évite que la vache ne s'engraisse trop.Le tarissement à 35 jours évite que la vache ne s'engraisse trop. (©Btpl)

Un antibiotique adapté

Utiliser un traitement antibiotique adapté au tarissement court, et noter la date de tarissement. Attention également à la notion de délai d’attente et de vêlage prématuré qui peuvent être différents entre produits. Mieux vaut prendre les conseils d’un vétérinaire.

Une seule ration pendant tout le tarissement

Contrairement au tarissement classique :

Les vaches en tarissement court ne doivent recevoir qu’une seule ration pendant la période sèche : la ration des vaches en préparation vêlage.

Les vaches peuvent passer en ration foin sec trois à quatre jours avant le tarissement, pas plus pour faire diminuer la production laitière.

Alimentation des vaches taries Alimentation des vaches taries avec une ration de préparation au vêlage pendant trois semaines. (©Btpl) 

Le tarissement court pénalise-t-il la production laitière ?

La production laitière de la lactation suivante sera diminuée, mais cet effet est compensé par la lactation précédente rallongée. Une partie de la production laitière est donc déplacée du début de lactation (le moment critique à gérer) à la fin de la lactation précédente.

Au niveau de la production par jour de vie, il n’y a pas de différence significative.

Quels sont les risques sanitaires ?

Lors du tarissement, les cellules sécrétrices de lait sont régénérées à partir de 35 jours avant vêlage. Un tarissement court de 30 jours ne gêne donc pas ce processus.

Par contre, en cas de suppression totale du tarissement (pas d’arrêt de la traite avant le vêlage), il n’y a pas renouvellement de ces cellules, et on observe des teneurs en cellules somatiques plus élevées durant la lactation suivante, en particulier chez certaines races.

La reproduction est-elle améliorée ?

Des essais américains et européens sur un tarissement de 30j au lieu de 60 montrent :

  • que les vaches ovulent plus rapidement,
  • qu’il y a moins de vaches non cyclées,
  • que la période vêlage-IA fécondante est raccourcie
  • que le nombre d’inséminations par gestation diminue

Toutes ces améliorations sont principalement dues à l’amélioration du bilan énergétique les premières semaines de lactation.

La qualité du colostrum est-elle modifiée ?

Selon des essais récents réalisés en Suisse, le taux d’immunoglobulines du colostrum ne semble pas être influencé par la durée du tarissement.

N.B : Article déjà publié le 24 juin 2015.

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