Santé des veauxDiarrhées et maladies respiratoires : agir pour éviter de lourdes conséquences

| par | Terre-net Média

40 % de la mortalité des veaux se fait dans le premier mois de vie. Les maladies digestives et respiratoires en sont les deux causes principales. Si le colostrum joue un rôle capital pour la santé des veaux, d'autres leviers de prévention existent comme la vaccination qui n'est pourtant que peu considérée en élevage et agit trop souvent en curatif.

Une génisse présentant des lésions pulmonaires durant ses 2 premiers mois de vie aura une production laitière inférieur de 550 kg de lait sur sa première lactation.Une génisse présentant des lésions pulmonaires durant ses 2 premiers mois de vie aura une production laitière inférieur de 550 kg de lait sur sa première lactation. (©Terre-net Média) « Le taux de mortalité des veaux de moins de 6 mois est encore relativement important en élevage. Les deux causes principales sont les maladies digestives et respiratoires. Or, les signes cliniques de ces maladies ne sont pas toujours visibles, « d'où l'importance de prévenir plutôt que de guérir », rappelle Thibault Jozan, vétérinaire au sein de l'entité MSD santé animale.

Le vétérinaire est intervenu sur le plateau TV de Web-agri au Space pour aborder ces deux pathologies et les leviers de prévention :

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Veau malade : future carrière laitière impactée

« La mortalité des veaux pèse lourd dans le bilan de l'exploitation et dans le cas où les animaux touchés s'en sortent, la future carrière de l'animal sera quant à elle impactée. En effet, ces maladies obligent à retarder la mise à la reproduction, ce qui impacte le renouvellement et fait grimper les frais d'élevage des génisses », explique l'expert. D'ailleurs, les études révèlent qu'une génisse présentant des lésions pulmonaires sur ses 2 premiers mois de vie diminuera sa production laitière de 550 kg de lait sur sa première lactation.

En ce qui concerne les diarrhées, plusieurs signes permettent de les repérer : le pli de peau, la profondeur de l'œil, le réflexe de succion et la température. Parmi ses conseils pour repérer les signes de déshydratation et de diarrhées chez les veaux, Sarah Neumann-Raoux, vétérinaire chez Eilyps, rappelait d'ailleurs de « toujours mettre de l'eau à disposition des veaux, et ce depuis la naissance. »

En engraissement aussi, la santé des veaux pèse lourd

« Perdre un veau en élevage allaitant, d'un point de vue économique, c'est pire qu'en lait puisqu'il s'agit de la principale source de revenu », affirme Thibault Jozan. En revanche, tout se joue au premier mois d' engraissement, contrairement à l'élevage laitier où on se focalise sur le premier mois de vie.

C'est donc au rassemblement des animaux pour l'engraissement que les problèmes s'imposent. « La plupart des animaux arrivent sans qu'on ne connaisse leur passé. Il est donc primordial que le naisseur vaccine ses veaux avant cette phase d'engraissement. Ainsi, le protocole à appliquer sera le même qu'en lait. » Le suivi des lots est aussi très important avec une prise de température et des pesées régulières. Des essais menés en élevage prouvent d'ailleurs que la vaccination permet de réduire le recours aux antibiotiques en ateliers d'engraissement.

Prévenir des diarrhées et maladies respiratoires

Plusieurs leviers indissociables permettent de prévenir des maladies : les conditions de logement, la nutrition de la mère en phase de tarissement pour conditionner la future immunité du veau, les conduites d'élevage -notamment l'hygiène- et bien entendu l'immunité du veau apportée par le colostrum et la vaccination. Pour ce qui est du colostrum, il faudra bien vérifier sa qualité (tant sur la teneur IgG mais aussi sur la qualité bactériologique) et ne pas lésiner sur les quantités à apporter.

Contre les diarrhées, miser sur la qualité du colostrum. Concernant les maladies respiratoires, la vaccination s'impose. Quant à la vaccination, le vétérinaire recommande : « Le but est de renforcer l'immunité apportée par le colostrum permettant de couvrir les 2 premiers mois de vie. Pour les maladies digestives qui surviennent sur les 3 premières semaines de vie, il faudra compter sur l'immunité transmise par le colostrum. Cette immunité peut-être renforcée en vaccinant les mères en fin de gestation. »

« Du côté respiratoire, la période à risque s'étend jusqu'aux 6 premiers mois de vie du veaux. Il faut donc prendre le relai de cette immunité colostrale par la vaccination le plus tôt possible. » D'un vaccin à l'autre, le délai d'installation sera plus ou moins rapide. L'idéal est donc de vacciner à 15 jours d'âge. Le vaccin couvre alors le veau durant ses 3 premiers mois, d'où l'importance du rappel pour pousser jusqu'aux 6 mois d'âge. Le protocole reste bien sûr à définir avec le vétérinaire référent de l'élevage et s'adaptera en fonction des pratiques et des risques qui évoluent d'une année sur l'autre.

Vacciner pour prévenir et non pour guérir

Habitué à être sur le terrain, Thibault Jozan constate qu'il y a « une grosse disparité entre les productions : la vaccination contre les maladies digestives et respiratoires est mise en place dans environ 50 % des élevages de bovins viande contre 15 % seulement des élevages laitiers. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui l'instaurent suite à la détection d'un problème et l'arrêtent au bout d'un moment lorsque ça va mieux, mais ça n'est pas la solution. Le vaccin ne doit pas être employé en curatif. »

Un sondage réalisé sur Web-agri du 29 octobre au 5 novembre 2019 révèle qu'en effet, la vaccination des veaux, comme des mères, est loin d'être systématique. En effet, 53,8 % des répondants n'y ont jamais recours. Pour ceux qui vaccinent, les pratiques divergent entre ceux qui luttent contre les diarrhées, ceux qui luttent contre les maladies respiratoires et ceux qui vaccinent contre les 2.

Le vétérinaire incite les éleveurs qui souhaitent en savoir plus de se rendre sur la plateforme Veaucation pour améliorer ses connaissances sur la santé des veaux sous la forme d'un jeu.

N.B. : Les résultats de ce sondage sont indicatifs (l'échantillon n'a pas été redressé).


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DÉJÀ 5 RÉACTIONS


Patrice Brachet
Il y a 33 jours
En réponse à Tintin : mon veto m a dit qu il préfère un petit client qui le paye qu un gros qui lui laisse des ardoises. Chez nous leur fond de commerce c est la canine Les week-ends de chasse comme hier et aujourd’hui leur rapportent plus que d aller faire des césariennes et il restent au chaud
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steph72
Il y a 33 jours
Les diarrhées des veaux peuvent venir d'un probleme geobiologique;
J'avais une veine d'eau qui traversait la nurserie,j'avais tout le temps des probleme de diarhées (les meres etaient vaccinées) sur tous les veaux et des problemes pulmonaires;
Depuis que le geobiologue est passé pratiquement plus de souci de santé sur les veaux;
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Professeur tournesol 🌻?
Il y a 33 jours
Tintin votre lait haut de gamme devait ressembler au miel chinois: pur sucre et sans pollen. Aujourd’hui on est dans un monde de business où le fric compte plus que la moralité. Ce qui est grave c est que ceux qui osent le dire se font dezinguer. Les Tintin, Patrice sont très nombreux mais on les écrase pour les faire taire. Il faut et faudra revenir à du conventionnel car un jour la société nous le fera payer
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tintin
Il y a 33 jours
Mais PATRICE comment va faire ton veto pour changer les pneus de son 4*4 merco ?
au vu du prix des veaux et du prix du veto c est pas étonnant !
mon système est proche de celui de PATRICE et même conclusions avec tout de même un minéral vaches taries.
En revanche tous mes veaux sont fait avec du lait doux =pas de problèmes
et j ai fait un essai au printemps 2019 avec une poudre haut de gamme=plein de problème avec des veaux qui patines qui tousses voir qui crèves .mon lait est adapte a mon environnement.

ou en sont les systèmes tout herbe avec la pluie.ce serait bien de ne pas attendre le soleil du mois de mai pour faire intervenir PATURSENS?
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Patrice Brachet
Il y a 33 jours
Plus on force la production de la vache , plus le veau sera fragile. Pendant nos années de folie, on vaccinait et l on mettait des sommes énormes sur les petits veaux pour finalement les perdre ! Maintenant on produit moins de lait par vaches 8500/9000 on n acheté presque rien ( colza non ogm) et l on garde tous nos veaux ( sauf accident) et les mères n ont plus un minéral sauf un bloc à lécher magnésien au tarissement De temps en temps on donne un peu de lithotame aux laitières. Quand je dis ça on me dezingue mais cela va faire trois ans Fécondité ?? Très très bonne .
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