Soigner son troupeauChez Étienne Perin (62), l'homéopathie a fait fondre les frais vétérinaires

| par | Terre-net Média

Dans l'armoire à pharmacie de l'EARL Perin, élevage laitier du Pas-de-Calais, on ne trouve pas grand chose d'autre que des tubes de granules. Étienne Perin soigne son troupeau à l'homéopathie depuis huit ans. Non seulement, cette technique a diminué ses frais vétérinaires de 15 ¤/1 000 l mais a complétement changé sa façon d'aborder et d'observer ses animaux. L'éleveur est aujourd'hui plus serein et ses vaches aussi.

Etienne Perin et ses vaches laitières à Maisoncelle (Pas-de-Calais)Étienne Perin élève 55 vaches laitières sur 130 ha de SAU à Maisoncelle dans le Pas-de-Calais. Son credo : « vivre de mon métier et pouvoir me dégager du temps. » (©Terre-net Média)

« Dans notre famille, on a toujours été suivis par un homéopathe mais je ne m’étais jamais intéressé à cette médecine pour mon troupeau », raconte Étienne Perin, éleveur laitier à Maisoncelle dans le Pas-de-Calais (62). Il se souvient : « Alors que mes vaches traversaient une période compliquée avec des taux cellulaires élevés, j’ai assisté à une formation animée par un groupe de bio sur l’alimentation, l’environnement, mais qui énonçait aussi quelques principes d’homéopathie… Puis j’ai croisé des éleveurs déjà en route et l’idée a germé tout doucement dans ma tête. » Et c’est en 2012 qu’Étienne s’essaie réellement à cette pratique.

« Je tentais depuis quelques temps de traiter un panaris mais j’étais face à un mur. Les antibiotiques n’y faisaient rien. J’ai donc repris ce que j’avais vu en homéopathie et ça a fonctionné. J’ai surement eu de la chance pour un premier essai, reconnait Étienne, mais j’ai poussé pour qu’on organise des formations dans notre groupement d’éleveurs et c’est comme ça que tout a commencé... »

Étienne fait partie du Geda du Haut-Pays rassemblant environ 300 adhérents. Parmi eux, une vingtaine d’éleveurs se sont rassemblés pour constituer un groupe sur les médecines alternatives reconnu GIEE par l’État.

« On regarde l’animal dans sa globalité et dans son environnement »

Avec ses 55 vaches laitières, l’éleveur est un adepte du travail simple mais bien fait. Dans sa ferme, pas de bâtiment flambant neuf. L’ancienne stabulation avec table d'alimentation centrale a été quelque peu modifiée pour héberger tout le monde et surtout garantir une place par vache à l’auge, mais c’est tout. Avec une ferme nichée au cœur du village, difficile de pousser les murs, et de toute façon ce n’est pas au programme. « Je ne veux pas entrer dans ce système très productiviste. Mon objectif : vivre de mon métier et pouvoir me dégager du temps, rien de plus. »

On a soigné des veaux qui présentaient des symptômes différents avec le même remède homéopathique connu pour résoudre les problèmes de « coup de froid ». À partir de ce constat, j’ai compris que la cause était un courant d’air dans mon bâtiment.

En s’intéressant à cette médecine complémentaire, il a d’ailleurs revu sa façon de travailler : « Je passe plus de temps à observer mes vaches et leur comportement. Je me suis formé à la méthode Obsalim, ce qui me permet de les regarder différemment. En homéopathie, on ne soigne pas une maladie mais plutôt des symptômes. On remet l’animal en ordre dans sa globalité, pas seulement de façon localisée. » Ainsi, il faut se poser beaucoup de questions et voir plus loin. On a soigné des veaux ayant des symptômes très différents avec un seul et même remède : l’Aconit, qui est en général utilisé contre les coups de froid. Cela nous a fait comprendre qu’on avait un problème de ventilation dans la nurserie. Depuis qu’on a réglé ce problème, on n’a quasiment plus de soucis. » Pour l’éleveur, il faut élargir le diagnostic à l’environnement général : « ça ne sert à rien de faire de l’homéopathie si on a déjà un problème de fond sur l’élevage. »

Avec un regard plus transversal, Étienne est parvenu à modifier plusieurs choses sur son exploitation. Il est par exemple passé d’1 à 2 repas par jour et a changé son mode de distribution : « En sortant de la traite, les vaches ont d’abord de l’enrubannage et seulement après, je leur distribue le reste de la ration. » Il a aussi installé un système de géothermie sous son aire paillée : les tuyaux qui passent sous le bâtiment permettent de refroidir le fumier et la chaleur est réemployée pour chauffer sa maison. Il est également passé au croisement 3 voies Procross sur une partie de son troupeau pour régler des problèmes de reproduction et améliorer les taux.

L’Earl Perin en quelques chiffres :
130 ha de SAU dont 55 de SFP
2 UMO (Étienne + un salarié)
55 VL prim’holsteins et quelques croisées 3 voies
Ref. 460 000 l (Danone)
8 000 l/VL de moyenne
Taux moyens : 33/41
Cellules : 250 000 en moyenne sur l'année
Une quinzaine de bœufs/an

« En homéopathie, il n’y a pas de recette toute faite »

Étienne Perin recommande : « Lorsqu’on débute en homéopathie, il vaut mieux se focaliser sur une pathologie et élargir seulement ensuite. C’est difficile du départ de trouver le bon remède. Il n’y a pas de recette toute faite, tout dépend des symptômes. D’une mammite à l’autre, les observations ne seront pas les mêmes. Moi je prends la température de l’animal, je regarde la mamelle, je cherche à voir de quel côté se couche la vache, etc. Il faut répertorier tout ce qui est rare, inhabituel, curieux chez l’animal et dans son comportement. »

Ainsi, l’éleveur tient un carnet dans lequel il inscrit toutes ses observations et le traitement testé avec un commentaire s’il a fonctionné ou pas. « Lorsque je fais un traitement l’après-midi par exemple, je suis censé voir une réponse dès le lendemain. S’il n’y a pas de changement, je cherche autre chose. » Selon lui, il faut accepter d’y passer du temps, surtout au début : « C’est la réflexion qui est assez chronophage mais une fois qu’on a repéré plusieurs pathologies et qu’on connait les symptômes, c’est rapide. » L’éleveur se trouve d’ailleurs plus serein lorsqu’il intervient désormais.

La pharmacie d'Etienne Perin est remplie de tubes de granules d'homéopathie.La pharmacie d'Étienne Perin est pleine, non pas de traitements antibiotiques mais de tubes de granules homéopathiques classés par ordre alphabétique. (©Terre-net Média)

Aujourd’hui, Étienne soigne principalement des mammites, métrites, des panaris ou encore des abcès de pied. Sa pharmacie est bien ordonnée avec les tubes de granules, les premières dilutions dans de l’eau distillée et des flacons à dispositions en cas de besoin. En général, il profite de la traite pour appliquer le traitement dans la vulve des vaches, le traitement homéopathique fonctionnant par contact avec les muqueuses. Bien-sûr, il ne compte pas exclusivement sur l’homéopathie : « Lorsqu’une grosse mammite se déclare et m’inquiète, j’interviens mais si je ne vois pas de changement dans les 12 h, ça m’arrive d’appeler le vétérinaire. »

Dilution de granules d'homéopathie dans de l'eau distilléeL'éleveur réalise des dilutions de granules dans de l'eau distillée. À chaque flacon son traitement. (©Terre-net Média)

Des frais vétérinaires qui ont chuté de 15 €/1 000 l en 3 ans

L’agriculteur suit de près ses charges. Il pointe du doigt le graphique de ses frais vétérinaires : « Avant, je tournais à 25 €/1 000 l. On était à environ un traitement mammite/VL sur l’année. Aujourd’hui, seules une sur quatre en reçoivent. Depuis le passage à l’homéopathie, les frais vétérinaires ont bien diminué puisqu’on pointe à 10 €/1 000 l sur les trois dernières années. » Et l’éleveur ne compte pas s’arrêter là car son objectif est de passer sous la barre de 8 €/1 000 l. « Pour réduire la note, je pourrais supprimer les seringues au tarissement et le vermifuge. Cela me ferait économiser environ 3 €/1 000 l mais je ne sais pas encore si je suis prêt à passer le cap. Je vais sûrement y aller au cas par cas selon les vaches. »

Étienne s’intéresse également aux autres médecines complémentaires comme l’aromathérapie ou l’acupuncture. « Je n’ai pas suivi la formation sur les huiles essentielles et ça me parait encore trop compliqué. Pour moi, ça ressemble beaucoup à l’antibiothérapie donc je ne l’utilise quasiment pas, si ce n’est quelques complexes tout faits. En revanche, ma prochaine formation sera certainement sur l’acupuncture. » À suivre donc !


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DÉJÀ 5 RÉACTIONS


Seb59
Il y a 13 jours
"Pour l’éleveur, il faut élargir le diagnostic à l’environnement général"
"Cela nous a fait comprendre qu’on avait un problème de ventilation dans la nurserie. Depuis qu’on a réglé ce problème, on n’a quasiment plus de soucis."
"Il est par exemple passé d’1 à 2 repas par jour et a changé son mode de distribution : « En sortant de la traite, les vaches ont d’abord de l’enrubannage et seulement après, je leur distribue le reste de la ration. » Il a aussi installé un système de géothermie sous son aire paillée : les tuyaux qui passent sous le bâtiment permettent de refroidir le fumier et la chaleur est réemployée pour chauffer sa maison. Il est également passé au croisement 3 voies Procross sur une partie de son troupeau pour régler des problèmes de reproduction et améliorer les taux."
"Bien-sûr, il ne compte pas exclusivement sur l’homéopathie : « Lorsqu’une grosse mammite se déclare et m’inquiète, j’interviens mais si je ne vois pas de changement dans les 12 h, ça m’arrive d’appeler le vétérinaire. "
"Je passe plus de temps à observer mes vaches et leur comportement"

Mais bon c'est l'homéopathie qui a fait fondre les frais veto...
Ici les même types de changement (logettes, nurserie, alimentation, procross, observation...) ont été mis en place (sans homéopathie) et les frais veto (6€/1000l), c'est du vermifuge, tarissement (3/4 bouchons & 1/4 antibio suite analyse), 7 mammites /80VL (5 pendant la canicule), un peu de mortellaro (en baisse) et c'est tout.
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bernardg76
Il y a 14 jours
il serait très intéressant de partager vos connaissances et votre savoir faire auprès de médias qui ont contribué à descendre l'homéopathie.
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choubaka
Il y a 18 jours
bravo à tous les eleveurs qui essaient de soigner les animaux autrement.c'est vrai qu'au début c'est assez compliqué.quant à la ministre,elle dit ce que les labos pharmaceutiques lui disent de dire!!
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etiennedu
Il y a 18 jours
ma femme s'est remis de son cancer en grande partie grace a l'homeopathie donc c naturel que l'elevage s'y mette aussi bien pour des couts economiques que d'efficacites mais il ne faut pas blamer les eleveurs qui ne le font pas encore tout vient a point
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Massol
Il y a 19 jours
Nous depuis dix ans ,nous avons trouvé l’homeopathie Pour les fainéants à savoir les produits du labo solidago.ce sont des mélanges tout prêt avec un nom qui correspond à un problème .solisep pour anti infectieux,solisfaph pour une mamite à staphylocoque .....il y’a un site très intéressant .quand j’entend l’a ministre busyn décréter que l’homeopathie c est placebo lol
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