[Space WebTV] National MontbéliardLes 80 Montbéliardes s'expriment pleinement en bio au Gaec des champs fleuris

| par | Terre-net Média

La race Montbéliarde tient son concours national au Space à Rennes le mercredi 14 septembre de 13 à 16h, à suivre en vidéo en direct sur Web-agri.fr. Loin de sa Franche-Comté natale, découvrez la Montbéliarde à l'élevage du Gaec des Champs fleuris, à Maulevrier, dans le Maine-et-Loire, qui a acheté ses premières Montbéliardes dans les années 80 et s'est converti à l'agriculture biologique depuis 1998. Un système herbager optimisé où les qualités de la race s'expriment pleinement.

Cliquez pour voir le reportage vidéo au Gaec des Champs fleuris (49)

Passionnés de génétique montbéliarde, Daniel Coutant et son fils Maxime essayent de participer tous les ans au Space. Parmi les 80 vaches du Gaec des Champs fleuris à Maulévrier, près de Cholet, dans le Maine-et-Loire, la jeune vache Halloween (Dribble x Urocher) a été retenue pour le concours National à Rennes.

Daniel Coutant a acquis ses premières Montbéliardes dans les années 80, pour remplacer ses Rouges des Prés, afin de conserver la couleur et la mixité lait/viande de l’exploitation, qui était alors dans un modèle de production très intensif avec élevage des taurillons. Il y a plus de 18 ans, Daniel prend le virage de l’agriculture biologique.

Sélectionnée dans les systèmes foin de Franche-Comté, la Montbéliarde s’est parfaitement adaptée au changement d’alimentation. Ses 80 laitières produisent aujourd’hui environ 7 500 litres à 41 g/kg de TB et 33,5 g/kg de TP. Au niveau national, la moyenne corrigée des Montbéliardes s’élève à 8 133 kg de lait avec 39 g/kg de TB et 33g/kg de TP. « La Montbéliarde nous donne pleine satisfaction en bio sur notre exploitation aux terres hétérogènes et à faible potentiel. C’est une bête rustique, facile à vivre, capable de marcher sur des kilomètres, une mamelle qui tient dans le temps, une bonne fécondité et santé mammaire. Nous sommes en moyenne à 150 000 cellules sur l’année avec une stabulation en litière accumulée. Nous avons eu cinq mammites durant l’hiver et surtout, elles se guérissent très facilement. C’est principalement les fonctionnels qui nous ont fait rester en Montbéliarde. Et en prime une bonne valorisation des veaux et des réformes à la fin. »

Au niveau national, la Montbéliarde affiche une bonne fertilité avec intervalle vêlage-vêlage de 399 jours, une forte résistance aux mammites (43 % de  mammites en moins  par  rapport  aux Holsteins) et une grande longévité  (20 % de Montbéliardes françaises sont en 5ème lactation et plus).

Semence sexée et blanc bleu

Daniel et Maxime Coutant apprécient les belles vaches et sont stricts sur le renouvellement de leur troupeau. « Les vaches pâturent sur 40 hectares et nous sommes intransigeants sur les pattes et la santé de la mamelle. Pour cela, on ne fait pas de sentiment sur les vaches à cellules et nous ne choisissons que des taureaux supérieurs à 110 en mamelle. » Le Gaec des Champs Fleuris participe au schéma de sélection d’Umotest avec Evolution et utilise beaucoup de taureaux génomiques, dont les premières filles arrivent en lactation aujourd’hui : « il y a du très bon comme du moins bon », constate Daniel. L’élevage fait également génotyper quelques mâles par le centre.

La semence sexée est utilisée quasi-systématiquement sur les génisses et constitue l’essentiel du renouvellement. Sur les vaches, les inséminations se répartissent pour 1/3 en pure Montbéliard (sexée ou non), 1/3 en croisement industriel avec du Blanc bleu belge afin d’obtenir des veaux vendus en bio entre 380 et 400 € à trois semaines. Le dernier tiers n’est pas inséminé et part à la réforme.

Produit viande non négligeable

Bien qu’elle soit de plus en plus laitière, la Montbéliarde tente de conserver ses qualités bouchères. « Nous sommes partis en bio avec pour objectif de faire de la qualité jusqu’au bout, y compris en viande. C’est pourquoi on prend soin de toujours finir nos laitières de réforme. Cela vaut le coup, le marché est là en bio. Finies, elles partent en « piécé » autour de 1 340 €/vache. Sans finition, le prix serait plutôt autour de 800 €. »

En 2006, Daniel et Maxime Coutant se sont associés à Paul Vivion, un voisin qui élève 35 Limousines biologiques. Les mâles limousins sont vendus à Unébio en veaux de lait sous la mère autour de 1100 € à 5 mois. Des tantes montbéliardes servent à compléter la tétée des Limousines, qui a lieu deux fois par jour en bâtiment. Tous les produits de l’exploitation sont vendus en bio, exceptés les quelques mâles montbéliards purs vendus en conventionnels : « ça ne vaut pas le coup de leur donner du lait à 450 €/1000 litres, mieux vaut s’en débarrasser le plus tôt possible ».

Les veaux montbéliards sont parfois réputés un peu capricieux. « C’est vrai que certains ont leur caractère ! Il faut être calme, les faire boire au seau-tétine les premières semaines et parfois attendre qu’ils aient suffisamment faim », explique l’éleveur. Les génisses sont ensuite élevées au foin avec maximum 1 kg de maïs grain humide ou de méteil, pour un âge au vêlage de 28 mois.

Vaches montbéliardesLe Gaec des Champs fleuris cherche à optimiser sa production de lait biologique en récoltant des fourrages de bonne qualité, dont beaucoup sont séchés en bottes. (©Terre-net Média) 

40 paddocks et 6 fourrages

Pour produire 7 500 litres par vache sans ensilage de maïs, Daniel et Maxime sont particulièrement vigilants sur la qualité des fourrages récoltés et pâturés. Les vaches sortent à l’herbe de mars à décembre, en pâturage tournant sur 40 paddocks de 1 hectare chacun ! « Après un mois de transition en sortie d’hiver, elles sont à l’herbe jusqu’en été, avec un peu de céréales et du foin fibreux le matin pour éviter l’acidose au printemps à cause de l’herbe trop tendre. »

En hiver, les éleveurs mélangent jusqu’à six fourrages différents, distribués avec une mélangeuse Keenan. La ration hivernale se compose :

  • d’ensilage herbe (RGA + trèfle violet),
  • d’ensilage de méteil (triticale, avoine, pois fourrager, vesce) à 15 % de MAT
  • d'enrubannage de regain, feuillu et très long à 17 % de MAT
  • de foin de prairies naturelles à flore variée, fibreux et séché au séchoir (600 bottes séchées par an pour 5000 litres de fioul)
  • de luzerne enrubannée ou en foin séché
  • 4 kg brut de maïs grain humide
  • 1 à 2 kg de méteil grain

En automne, une fois que tous les fourrages récoltés sont connus, les éleveurs planifient la ration jusqu’à la mise à l’herbe et la recalent chaque mois. « En agriculture biologique, il faut apprendre à s’adapter en permanence aux conditions de l’année et tirer le meilleur parti des fourrages disponibles, c’est essentiel pour bien optimiser son système. »

Quelques vaches du Gaec des Champs fleuris :

- RTL (Induvi) a produit 104 000 kg de lait en 10 lactations. Une vache exceptionnelle à fort caractère partie l’an dernier mais qui a laissé dans le troupeau une dizaine de filles et petites-filles dont certaines à très gros potentiel.

- Santiana (Ionone) a gagné deux fois le Space : championne adulte en 2008, grande championne en 2009 et meilleure laitière en 2010.

- Halloween (Dribble x Urocher), en deuxième lactation, sélectionnée pour le concours National au Space cette année.

Progression de 25 % depuis l’an 2000

Avec 440 000 vaches inscrites au contrôle laitier, la Montbéliarde se place deuxième race laitière française. Il faut dire qu'elle s’est sacrément retapée pour une race qui a failli disparaître dans les années 1920, menacée d’absorption avec les autres races Pie rouge (Fleckvieh, Simmental…), puis dans les années 1980, supplantée par la Holstein (voir l’histoire de la race). Depuis l’an 2000, le nombre de vaches a progressé de 25 % (+80 000 VL contrôlées) alors que la tendance générale sur la même période est à la baisse. La franc-comtoise a notamment progressé dans les élevages de l’Ouest, en Bretagne et Pays de la Loire où les effectifs ont triplé entre 1985 et 2010.
Aujourd’hui 10%  (environ  60  000  vaches) des  effectifs montbéliards  se trouvent dans les élevages de l’Ouest, où on la retrouve dans  tous  les  systèmes fourragers  existants :  des  systèmes  très  herbagers aux systèmes très intensifs (> 10 000 litres/VL) avec ensilage de maïs et atelier de taurillons. C’est  principalement le cas en Pays-de-la-Loire où 350 nouveaux élevages l’ont intégrée entre 2005 et 2015. En 10 ans, le nombre de Montbéliardes a progressé de 25 % en Bretagne et de 43 % en Pays-de-la-Loire.

La  Montbéliarde  se  disperse aujourd'hui dans  tous  les  pays  laitiers  du  monde. Des  expérimentations  étrangères (Irlande,   Pays-Bas,   Etats-Unis)   comparant   la   race avec   des   concurrentes   mondiales   démontrent   l'efficacité économique de la Montbéliarde. L’exportation d’animaux vivants et de semences de taureaux n’a jamais été aussi florissante : 800 000 doses et 14 000 génisses ont été exportées en 2015 pour être utilisées en pure ou en croisement (trois voies notamment avec la méthode Procross). C’est en Russie que l’on trouve le plus grand troupeau montbéliard, avec 2 000 vaches en production.

Concours National Montbéliarde le 14 septembre

LOrganisme de Sélection de la race montbéliarde a choisi le Space pour organiser son concours national 2016. Les meilleurs vaches françaises, dont une grosse partie auront traversé la France d’Est en Ouest, fouleront le ring du parc expo de Rennes le mercredi 14 septembre de 13 à 16h. (vous pourrez suivre le concours en direct sur Web-agri)
124 vaches ont été retenues pour le catalogue du national ( voir le catalogue des vaches inscrites ), dont 58 défileront sous l’œil expert de Philippe Gros, l’un des meilleurs juges de la race. Le concours sera suivi de la vente aux enchères « élite » avec 6 génisses montbéliardes.

Participants :
Doubs &Territoire-de –Belfort : 10 VL
Jura : 6 VL
Nord-est : 10 VL
Rhône-Alpes : 13 VL
Massif-central : 7 VL
Ouest : 12 VL

Pour montrer la dynamique de l’élevage de l’Ouest, l’OS Montbéliarde organise également des visites d’élevages : le mardi 13, portes-ouvertes à l’EARL Dabo à Bourgon en Mayenne et le jeudi 15 au Gaec Montbélys, à Iffendic,  à proximité de Rennes (départ en bus uniquement).

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