L’échauffement du foin jusqu’à une température de 40 ou 45°C est normal. Dans ce cas, au bout d’une semaine, la température redevient proche de la température ambiante. Il n’y a aucun risque à stocker les balles.
Quand le risque d’échauffement est important (teneurs en matière sèche inférieures à 80 % et densités de balle élevées), il faut absolument contrôler la température, notamment à l’aide d’une sonde thermométrique.
Si la température dépasse 60°C, il faut soit aérer le tas à partir du sommet ou en le déplaçant, soit prévoir un extincteur à proximité, et sortir les balles si celles-ci sont stockées dans un bâtiment. Au-delà de 80°C, le danger devient imminent. Il faut avertir les pompiers, sortir le matériel et fermer les portes et ouvertures.
Comment limiter le risque d’échauffement au champ ?
La réduction de la densité des balles peut être une solution partielle pour limiter l’échauffement. L’utilisation de presse à chambre fixe ou de type variable avec application d’une pression réduite voire quasi nulle sur le fourrage permet d’obtenir des balles de faible densité. Dans les situations de foins humides, l’utilisation des presses à haute densité (balle carrée) n’est pas recommandée.
Comment suivre la température sans sonde thermométrique ?
Avant le stockage, il est possible de mettre la main entre les couches de foin. La sensation de chaleur vive est présente lorsque la température est supérieure à 60°C.
Une fois le foin stocké, le mieux est de plonger une tige d’acier ou de cuivre au centre de la balle, de la laisser une heure. Une fois la tige retirée, si elle est trop chaude pour être tenue en main, cela signifie que le foin a atteint les 80°C et que le risque d’incendie est élevé.
Quelles conséquences sur la valeur alimentaire du foin ?
L’échauffement est le signe de l’activité métabolique des cellules de la plante et/ou de micro-organismes qui consomment de la matière organique digestible. De fait, un échauffement entraîne une diminution de la digestibilité (et donc de la valeur énergétique) ainsi que des pertes de matière sèche (de 2 à plus de 20 %). Par ailleurs, l’échauffement prolongé à des températures supérieures à 35°C entraîne une caramélisation du fourrage (réaction de Maillard). Les protéines des foins concernés sont alors moins dégradables et moins digestibles. Pour une même teneur en protéines, la valeur protéique peut ainsi être abaissée de plus de 15 % (tableau 1).
Dans ces situations, les analyses de fourrage couramment réalisées ne peuvent pas déceler cette baisse de valeur. Malgré une excellente appétence lorsqu’ils sont exempts de moisissures, il importe de tenir compte de la plus faible valeur énergétique et protéique des foins « caramélisés » dans le rationnement.
Tableau 1 : Baisse des valeurs énergétique et azotée des foins échauffés
| Température atteinte | Baisse de valeur énergétique | Baisse de valeur azotée |
Fermentation marquée | 50-60 °C (odeur de pomme pourrie ou d'acide formique ) | 5-15 % | 10-30 % |
Fermentation excessive : foin brun | 60-70 °C (odeur de tabac ou de café brûlé) | 15-30 % | 30-80 % |
Échauffement très élevé : foin noir | >75 °C (odeur de roussi) | 30-40 % | 100 % |
Source : Wahlen et Goerin, AFPF
Y a-t-il des risques sanitaires en présence de foin humide ?
Différents micro-organismes et moisissures sécrétant des agents toxiques peuvent en effet se développer sur des foins humides. Les conséquences peuvent toucher la santé des animaux, ainsi que celle des éleveurs (allergie, éternuement, irritation…). En cas de doute et si cela est possible, il convient de ne pas distribuer les balles aux animaux.
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