Earl de Charchenay (Deux-Sèvres)Du pâturage tournant dynamique pour les Blondes d'Aquitaine

| par | Terre-net Média

Avec cinq années de recul en pâturage tournant dynamique pour les 60 mères Blondes d'Aquitaine de son troupeau, Stéphane Faidy confie : « Si c'était à refaire, je le referai ! » Meilleure productivité des prairies, arrêt de la fertilisation minérale, docilité du cheptel... : l'éleveur des Deux-Sèvres constate de nombreux avantages.

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Installé à Saint-Martin-de-Saint-Maixent dans les Deux-Sèvres, Stéphane Faidy élève 300 chèvres et 60 mères Blondes d'Aquitaine sur 136 ha, dont 98 ha de prairies. Il explique  dans la vidéo ci-dessus : « On a un parcours de pâturage tournant dynamique (PTD) de 18 ha pour les mères en lactation et leurs veaux et 53 ha de pâturage tournant "simple" pour les génisses, vaches taries et vaches pleines. Les 27 ha restants sont consacrés à la fauche avec notamment 7 ha de luzerne. On essaie d'alterner les prairies de pâturage "simple" et celles de fauche pour diversifier les espèces présentes. » Concernant la récolte de l'herbe, l'éleveur privilégie le foin et l'enrubannage, « ce qui permet de déprimer les prairies multi-espèces. »

L'Earl Charchenay (79) en quelques chiffres :
136 ha de SAU dont 71 ha de PP, 27 ha de PT et 38 ha cultivés (blé, maïs, tournesol)
Troupeau de 60 mères Blondes d'Aquitaine
300 chèvres

Du pâturage tournant dynamique pour les mères et leurs veaux

L'exploitation est passée au PTD il y a 5 ans. « Sur ce parcours sont présentes des mères à veaux essentiellement. On gère le nombre d'animaux par paddock en fonction de la pousse de l'herbe. Au maximum, les bêtes restent 3 jours sur un paddock. » Pour ce faire, Stéphane se fie à la météo mais surtout au stade physiologique de la plante : « Le stade 3 feuilles est le plus intéressant : il assure une bonne production laitière pour les mères et une bonne croissance pour les veaux. C'est aussi en pâturant à cette période qu'on favorisera une bonne repousse par la suite. »

On laisse le troupeau sur une parcelle parking lorsque l'herbe ne pousse plus.Avec cette technique, Stéphane est parvenu à sortir ses animaux en février (contre fin avril auparavant) : « Ça nous permet de ne pas se faire dépasser sur la pousse de l'herbe. » Le temps de rotation varie entre 18 et 20 jours au printemps et 30-35 jours en plein été. « En période séchante, lorsque la pousse de l'herbe est stoppée, on cloisonne les animaux dans une parcelle parking et on les affourage dedans. On redémarre le pâturage lorsque l'herbe repousse. »

Autre aspect non négligeable : en PTD, les animaux sont plus dociles. En effet, les changements de paddocks réguliers habituent le troupeau à suivre l'éleveur, et ce dès le plus jeune âge pour les veaux.

Découpage des parcelles, abreuvement, fertilisation : bien préparer son PTD

La difficulté reste l'abreuvement : « Seuls 3 paddocks bénéficient d'une arrivée d'eau grâce à une source. Pour les autres, on sort la tonne à eau. » Le prochain objectif est donc d'enterrer un réseau d'eau pour se libérer de la contrainte.

Depuis la mise en place du PTD, l'exploitation a revu la fertilisation des prairies : les 50 unités d'azote/ha en minéral ont été supprimées et l'éleveur ne mise plus que sur les bouses et les légumineuses qui se sont fortement développées. D'ailleurs, les rendements en herbe ont augmenté : « Au début, on mettait 17 ou 18 animaux par paddock alors qu'on arrive à nourrir jusqu'à 24 animaux/paddock sur le parcours. »

Aucun regret pour l'éleveur qui préconise de bien réfléchir au découpage des parcelles, quitte à se faire accompagner. Il commence d'ailleurs d'ores et déjà à réfléchir à un second parcours de PTD pour valoriser les mâles en bœufs.

Focus sur les prairies multi-espèces

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Dans une seconde vidéo, Stéphane Faidy explique pourquoi il installe depuis 5 ans des prairies multi-espèces sur ses prairies temporaires. « Le gros objectif est de diminuer la fertilisation azotée et d'optimiser la qualité des fourrages. »

L'éleveur choisit ses espèces selon le type de sol et l'utilisation prévue (fauche pour du foin ou de l'enrubannage ou pâturage). Il cite : « Pour de la fauche, on a par exemple des mélanges à base de fétuque, dactyle, lotier et trèfle hybride. Pour le pâturage on va choisir d'autres espèces comme la fétuque élevée, la fétuque des prés, un ray-grass anglais en complétant avec les légumineuses comme le lotier, le trèfle blanc et trèfle violet, intéressants pour le pâturage. »

Pour la conduite, une fertilisation organique est apportée lors de la mise en place en fin d'été puis l'éleveur apporte une quinzaine de tonnes de fumier tous les 2-3 ans mais aucun apport minéral n'est fait.


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