Arbres fourragers Quelle est leur valeur alimentaire et quelles espèces privilégier ?

| par | Terre-net Média

Utiliser les feuilles des arbres comme complément de fourrage est une pratique qui revient au goût du jour. Mais quelle est réellement la valeur alimentaire des feuilles ? Et quelles sont les espèces d'arbres à implanter ? Camille Béral de l'Agroof a fait le point lors des journées AFPF.

Champs de trognesLes champs de trognes de muriers permettent d’assurer une production fourragère conséquente. (©Philippe Van Lerberghe - IDF)

L’agroforesterie, c’est-à-dire l’association d’arbres et de cultures et/ou d’animaux sur une même surface, a le vent en poupe. Parmi les objectifs recherchés par un éleveur qui se lance dans ce type de projet figure la production de fourrage supplémentaire, particulièrement appréciable en période de sécheresse.

Arbres fourragers, haies fourragères, tables fourragères, trognes… différents types d’aménagement agroforestiers à vocation fourragère existent comme l’a rappelé Camille Béral d’Agroof (société coopérative et participative spécialisée dans l’étude et le développement des systèmes agroforestiers) lors des journées AFPF de novembre dernier. Mais quelles sont les valeurs alimentaires des arbres fourragers ?

Mûrier blanc et frêne : un potentiel fourrager particulièrement intéressant

L’Inra de Lusignan s’est penché sur la question en évaluant la valeur nutritive des feuilles d’une cinquantaine d’arbres fourragers (en excluant les rameaux). L’institut de recherche a ainsi regardé la digestibilité et la MAT :

Valeurs alimentaires des arbres fourragersValeurs alimentaires des arbres fourragers (©Agroof - Emile et al., 2017)

Le mûrier blanc et le frêne sont les deux espèces d’arbres qui tirent leur épingle du jeu. « Ils ont une très bonne valeur alimentaire, avec une vitesse de disparition des matières sèches dans le rumen supérieure aux fourrages classiques, type ray-grass ou luzerne, et une dégradabilité théorique de l’azote intéressante », souligne Camille Béral. D’autres espèces ont aussi un potentiel non négligeable comme le noyer, le châtaignier, l’aulne blanc ou encore le tilleul.

Ce qui est aussi intéressant avec les arbres fourragers, c’est que, contrairement à la plupart des espèces prairiales, le potentiel fourrager des feuilles se maintient durant l’été et jusqu’à l’automne. Comme le montrent les graphiques, les matières sèches augmentent entre juin et octobre, la MAT diminue et la digestibilité diminue légèrement en restant correcte :

Arbre fourrager : MS, MAT et digestibilité en juin, août et octobreArbre fourrager : MS, MAT et digestibilité en juin, août et octobre (©Agroof - Emile et al., 2017)

Dans le cadre du projet Parasol, ont été mesurées l’ingestion et la digestibilité in vivo de feuilles de frêne commun et de murier blanc. Il en ressort que les feuilles de ces deux espèces d’arbres ont été plus ingérées que le foin classique (45 % de plus). Par ailleurs, les niveaux de matière organique digestible ingérée étaient très élevés, comparables voire supérieurs aux espèces fourragères les plus performantes. Ces ressources pourraient ainsi être utilisées pour les animaux les plus productifs. 

Retrouvez aussi le témoignage d'Adrien Messéan, polyculteur-éleveur dans l'Aisne (02) qui nourrit ses Limousines avec des feuilles d'arbres : « Un complément de fourrage pour combler le déficit en herbe »

 


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DÉJÀ 19 RÉACTIONS


Patrice brachet
Il y a 43 jours
En 76 j ai pratiqué puisqu’il n y avait pas encore l ensilage sur l exploitation. On avait 15 laitières et ma grand-mère disait : ça leur fait salive. Par contre je te dis pas le boulot pour nettoyer derrière. Alors les Co.....s
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db42
Il y a 44 jours
C'est aussi utiliser quelques années dans les monts du Forez quand un retraité passe 1h par jour a couper des branches qui gènes en tracteur et ainsi occuper des génisses 30min
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Jett
Il y a 43 jours
Et bien c'est merveilleux. Et il faut combien de kms de haies pour nourrir partiellement un troupeau?
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Pica Louis
Il y a 44 jours
Bien sûr que ce système ne peux pas permettre de nourrir 60 vaches laitières et ce n'est pas l’intérêt de cet article. "Faire la feuille" est une technique déjà utilisée dans certains secteur (nord Aveyron par ex) afin de nourrir une petite partie du cheptel (vaches taries) l'été.
Ça peut être intéressant d'intégrer le murier ou le freine en bordures de champs, j'ai été surpris de leurs fort pourcentage de digestibilité.
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Marie
Il y a 44 jours
La ferme france dans quelques années vu par des idiots ! Continuez dans ce système au lieu de chercher des solutions pérennes et l on va pas tarder à avoir les tickets repas. Bravo à notre pseudo collègue qui se fait de la tune en organisant des stages sur le sujet. Point positif cela améliore son quotidien après les stagiaires sont souvent dépendant du rêve et du rsa
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db42
Il y a 44 jours
Ah voilà des études intéressantes qui vont nous apporter beaucoup lorsque l'on aura croiser des vaches avec des girafes !
Ces gens là n'ont jamais élaguer des arbres et encore moins ramasser des branches qui ont étés piétinées par des bêtes car entre les multiples morceaux et les bouses bonjour.
Sans parler que dans des situations comme la photo d'illustration je pense que les feuilles consommées tout les 3/5ans sont loin de remplacer la perte de fourrage causer par les arbres.
Mais bon je fais confiance a ces gens pour bientôt nous prouver qu'il est plus intéressant économiquement d'aller garder les vaches au champs que de faire des clôtures.
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Jett
Il y a 45 jours
Beaucoup de monde a réfléchir à l'agriculture, qu'ils voient de loin. Mais bientôt plus personne pour y travailler! On est coincé entre un système productivisme qui nous demande toujours plus et tous ces chercheurs et technocrates qui sont une charge toujours plus lourde et une vision des choses à des années lumières de notre réalité.
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Chris
Il y a 41 jours
Merci pour tes réponses Patrice, par chez nous le Colza c'est à l'autochargeuse. J'ai un collègue qui fait ça, il complète Avec du maïs ensilage dans son autochargeuse et comme ça il distribué tout en même temps...
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Patrice brachet
Il y a 42 jours
Le colza enrubanné : super produit mais......super compliqué à récolter ! Déjà pour moi il faut des terrains portants ensuite éviter de rouler sur le produit l idéal serait une faucheuse avant avec recentrage du produit mais sans conditionneurs ( vicon kuhn krone) ensuite rouler à cheval sur l andain de fauche pour andainer ( pourquoi tout ce cinéma ? Et bien pour ne pas charger de terre) l idéal serait un andaineur à peignes attelé à l avant pour ne jamais rouler sur le produit. Ensuite bottelage avec un roud à rouleaux ( krone déconseillé trop de perte de matière ). Rendement jusqu’à 33 bottes hectares (1 tonne à 22% de ms variété ringo ). Pour le maïs , du plantes entières et de l’humide actuellement. Avant le taux d urée 280:300. Espérant avoir répondu à tes attentes
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Chris
Il y a 42 jours
Merci Patrice pour ta réponse complète :j'ai déjà utilisé ce produit, le PROTENSIL. Je le mettai pour la mise à l'herbe. Pour l'augmentation du lait et du tp, j'ai toujours mis ça sur le compte de la qualité de l'herbe !!! Revenons sur ta ration :Colza en enrubanné ? Peut tu m'expliquer comment tu fais ? Quand tu dis maïs ? Ensilage, épi ou grain ? Et avant l'utilisation du PROTENSIL t'étais à combien en urée ?
Merci pour tes réponses.
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