« Il faut que nos concitoyens se mettent à acheter des produits différents, il y a 10 à 15 millions de Français qui jusqu’à présent mangeaient dans la restauration hors foyer, et qui mangent à la maison, il ne faut pas acheter que du riz et des pâtes, il faut acheter des produits frais », a rappelé Didier Guillaume le 19 mars sur BFM.
Car si les achats de précaution réalisés par les Français juste avant le confinement ont profité à tous les types de produits, les produits frais risquent d’être vite délaissés par les consommateurs confinés qui réduisent leurs déplacements et donc leurs achats les plus réguliers.
Pour certains producteurs qui vendent essentiellement sur les marchés de plein vent, l’inquiétude est également de mise, car les étals au grand air sont encore autorisés avec des mesures de sécurité, le Conseil d’État s’est prononcé dimanche 22 mars en faveur d’une fermeture, leur fréquentation importante présentant un risque de propagation du virus.
Adapter la distribution
Pour les produits de saison difficilement stockables, comme actuellement les asperges ou les fraises, la situation est problématique, et risque de durer en l’absence de mesures spécifiques. Parallèlement, si la viande française a gagné temporairement de nouveaux consommateurs, le secteur risque par ailleurs d’être impacté par l’absence des barbecues qui accompagnent traditionnellement le retour du printemps ou par l’interdiction des réunions familiales, qui soutiennent par exemple la consommation de l’agneau au moment de Pâques.
Si la grande distribution aurait accepté de mettre en avant les produits frais français dans les rayons, cela n’empêche pas la diminution des achats et des commandes pour des produits plus ciblés. Ainsi, le Cnaol (Conseil national des appellations d'origine laitière) a alerté le 23 mars sur une baisse très importante des commandes, relevée depuis quelques jours par les transformateurs dans toute la France.
« Nous sommes effectivement confrontés à des décisions unilatérales de certains distributeurs qui stoppent brutalement les commandes jugeant que les produits sous signe de qualité ne sont pas de première nécessité », témoigne Dominique Chambon, producteur fermier de Rocamadour AOP.
La filière laitière appelle de son côté à la vigilance, car si l’ensemble des acteurs sont mobilisés, et que pour le moment, la grande distribution a pris le relai en ce qui concerne les volumes qui devaient être destinés à la restauration hors foyer, le Cniel craint un pic de collecte qu’il faudrait lisser pour éviter un afflux trop important de lait auprès des transformateurs. Par ailleurs, l'impact reste important pour les PME qui fournissent la restauration hors foyer, ou certains marchés de niche.
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