Covid-19L'aide au stockage privé de viande bovine est suspendue

| par | Terre-net Média

La Commission européenne a suspendu la présentation de demandes d'aide au stockage privé de viande de bovins âgés de huit mois ou plus, à compter du 9 juillet 2020. Pour Bruno Colin, président du conseil spécialisé « Ruminants » de FranceAgriMer, la mesure « n'a pas eu le vent en poupe ».

Carcasses bovines Le succès n'a pas été au rendez-vous pour l'aide au stockage privé de viande bovine. (©Terre-net Média)Face à la crise engendrée par la pandémie de Covid-19, Bruxelles avait annoncé fin avril des mesures d'urgence destinées à aider le secteur agricole européen, avant de les adopter début mai. Une partie vient d'être suspendue : l'aide au stockage privé.

Outre le fait d’accorder plus de flexibilité dans les programmes sectoriels et de permettre aux pays d’utiliser les fonds de développement rural pour aider les agriculteurs et les petites entreprises agroalimentaires, des aides au stockage privé pour les produits laitiers et la viande avaient été mise en place.

Les demandes de participation ont été ouvertes le 7 mai dernier, avec des durées de stockage variant selon les produits et fixées à 90, 120 ou 150 jours.

Mais la Commission européenne a pris la décision de suspendre la présentation de demandes d’aide au stockage privé de viande bovine fraîche ou réfrigéré eprovenant d’un animal âgé de huit mois ou plus et de « rejeter toute demande introduite avant la période de suspension pour laquelle la décision d’accepter la demande aurait été prise pendant la période de suspension. » Le règlement d’exécution (UE) 2020/1006 est entré en vigueur le jour de sa publication au journal officiel de l’Union européenne, le 9 juillet 2020, pour « éviter toute spéculation ».

Fin des aides au stockage privé en perspective

Si seule une suspension est annoncée pour le moment, la position de Bruxelles est sans équivoque : « L’examen de la situation sur le marché et de l’utilisation du régime d’aide au stockage privé de ces viandes (…) montre qu’il serait judicieux de mettre fin à l’octroi d’aides au stockage privé et de fixer une date de clôture pour la présentation des demandes. »

La Commission européenne a indiqué son intention de « soumettre pour avis au comité de gestion de l’organisation commune des marchés agricoles le règlement de clôture correspondant. Il est cependant probable que cela entraînera la présentation d’un nombre excessif de demandes relatives à ce régime d’aide. »

« Une mesure qui n'a pas eu le vent en poupe »

Au total, ce sont 350 tonnes de viande bovine qui ont été stockées en France et un peu plus de 2 500 tonnes au niveau européen, a indiqué Bruno Colin, président du conseil spécialisé « Ruminants » de FranceAgriMer.

« C’est une mesure qui n’a pas eu le vent en poupe. Elle n’a pas été beaucoup utilisée par l’ensemble de la filière viande, contrairement à la filière laitière qui y a eu davantage recours pour le stockage du beurre et de la poudre de lait notamment. »

Les jeunes bovins (JB) qui ne sont pas abattus et qui sont présents en stock sur pied dans les fermes sont relativement nombreux : l'équivalent d'une semaine et demie d’activité d’abattage. Alors « on sent bien qu’il y a une volonté des abatteurs de rester très prudents ».

Bruno Colin s’explique : « Quand on parle de stockage, il y a un cahier des charges qui impose que les volumes soient sortis au bout de 150 jours. Mais si on ressort de la viande que l’on a stockée face à des pays comme la Pologne (qui pourraient faire pression sur le marché en pratiquant des prix plus faibles), on risque de se retrouver avec de la viande qui sera mal valorisée. Aujourd’hui on a déjà des polonais qui se proposent de revenir sur des schémas de restauration hors-domicile avec des prix bas. »

Toutefois, il ne s’agit pas tout à fait du même produit : « Chez eux, c’est plutôt du JB issu du troupeau laitier alors que nous on a du JB issu du cheptel viande. » Mais une grande prudence des abatteurs reste de mise. Finalement, « si l’Europe arrête l'octroi des aides au stockage privé, c’est qu’on est au bout du système et que ça n’a pas trop pris ».

Retrouvez plus d'informations sur l' Observatoire des marchés de Web-agri

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article