Homéopathie en vaches allaitantesYves Morel, éleveur, a divisé ses frais vétérinaires par cinq

| par | Terre-net Média

Yves Morel, éleveur dans le Pas-de-Calais, soigne ses vaches allaitantes à l'homéopathie. Intégré à un groupe d'éleveurs, il a suivi plusieurs formations et s'est constitué « une pharmacie pour les 50 ou 100 ans à venir ».

Yves Morel soigne ses vaches allaitantes à l'homéopathieYves Morel soigne ses vaches allaitantes à l'homéopathie depuis maintenant trois ans et a considérablement réduit ses charges. (©Terre-net Média)

Installé depuis 1987 avec son épouse à Bécourt (62), Yves Morel est à la tête d’une centaine de bêtes à viande dont 25 mères croisées Normande x Parthenais. Il produit également 200 veaux de boucherie de façon intégrée et cultive 45 ha.

Depuis 2014, Yves s'est joint à une quinzaine d'éleveurs autour d’une même volonté : s’orienter vers les « médecines alternatives » pour réduire les charges et améliorer l’état général de leurs troupeaux. Porté par la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais, le groupe est devenu GIEE (groupement d’intérêt économique et environnemental) en 2016 suite à un programme de formation, de suivi et d’accompagnement technique. Après trois ans de pratique en homéopathie, l'éleveur a ouvert les portes de son élevage le 24 janvier pour faire son retour d’expérience.

L’éleveur a débuté l’homéopathie sur des problèmes de vêlages (non dilatation de la vulve, col qui ne s’ouvrait pas, vache qui ne pousse pas, etc.). Aujourd’hui, il a recours à l’homéopathie pour toutes les pathologies qu’il rencontre.

Pratiquer l’homéopathie nécessite une formation

Il existe trois manières de pratiquer l’homéopathie : de façon uniciste (en n’utilisant qu’un seul remède pour une pathologie), pluraliste (en utilisant plusieurs remèdes complémentaires les uns des autres dans le temps) ou complexiste (en utilisant une préparation composée de plusieurs remèdes mélangés). Ça vous semble déjà compliqué ? C’est pour cette raison qu’une formation s’avère souvent indispensable afin de mieux appréhender la pratique.

Yves est plutôt uniciste : il préfère utiliser un seul remède. Cependant, trouver le bon n’est pas forcément facile ! « Le plus important est d’abord de bien connaître ses animaux, explique-t-il. Il faut longtemps les observer pour ensuite reconnaître les comportements anormaux lors d’une pathologie. Les symptômes sont les clés de détermination du bon remède. » Pour rappel, l’homéopathie est régie par la loi des semblables : « toute substance susceptible expérimentalement de provoquer chez un individu sain et sensible une série de symptômes est capable cliniquement de guérir un malade présentant les mêmes symptômes » (d’après le Civam 53).

« Il faut être patient pour pratiquer l’homéopathie », affirme l’éleveur. D’abord parce qu’il faut constamment se plonger dans un livre pour trouver le ou les remède(s) qui s’associe(nt) aux différents symptômes relevés, la « Bible » comme il l’appelle. Il faut aussi être prêt à essayer un autre remède si le premier employé ne fonctionne pas : « pour certaines pathologies, j’administre un traitement toutes les cinq minutes. Si au bout de 20 minutes je ne vois pas de différence, je change de remède tout en vérifiant que celui-ci n’est pas antagoniste du précédent.

 « Ma pharmacie pour les 50 ou 100 prochaines années »

Yves Morel dilue ses granules d'homéopathie dans des flacons puis en prélève quelques gouttes dès qu'il en a besoinDe haut en bas : les granules, la première dilution (la "pharmacie"), les flacons utilisés pour les soins (©Terre-net Média) L’éleveur a fait le choix de n’utiliser les granules d’homéopathie qu’en dilution, plutôt que d’administrer directement les graines dans la gueule des animaux. « Il faut que le remède soit en contact avec les muqueuses (bouche, vulve ou muqueuse nasale), affirme Yves. Pour ma part, je trouve que c’est plus facile de travailler en liquide en pulvérisant le remède sur le nez de l’animal qui se léchera ensuite plutôt que devoir l’attraper et lui ouvrir la gueule pour y déposer la graine, au risque de se prendre un coup de tête. »

Après avoir acheté les remèdes indispensables (soit une cinquantaine de tubes d’homéopathie), il s’est constitué une véritable pharmacie ambulante. Pour chaque tube d’homéopathie, Yves a prélevé deux granules qu’il a diluées dans des flacons en verre (1/3 d’alcool pour la conservation et 2/3 d’eau). Ces flacons servent ensuite de base pour chaque traitement : dès qu’il a besoin d’un remède, il prélève deux gouttes de la dilution initiale qu’il dilue une fois encore dans de l’eau distillée et pulvérise le tout sur l’animal. « En fait, je n’ai eu besoin que de deux granules de chaque tube. Ensuite, ce n’est que le remède dilué que j’utilise. Et par deux gouttes à la fois, ma pharmacie pour les 50 ou 100 prochaines années est faite » se félicite l’éleveur.

Yves met cependant en garde ceux qui souhaiteraient employer la même méthode : « Attention à toujours bien utiliser le même contenant pour chaque remède car certains sont antagonistes. De la même manière, il vaut mieux éviter de mettre le remède dans le bac à eau des animaux car celui-ci restera toujours présent et pourra causer des pathologies aux animaux sains (loi des semblables : on soigne le mal par le mal). Vous pouvez cependant pulvériser la ration à l’auge. »

Frais vétérinaires divisés par 5

Il y a trois ans, les frais vétérinaires annuels de l’exploitation s’élevaient à 2 600 €. Aujourd’hui, trois ans après l’initiation à l’homéopathie, les chiffres ont bien diminué puisque la facture s’élève aujourd’hui à 500 €/an. L’éleveur n’achète d’ailleurs plus aucun antibiotique. « Ce n’est pas le prix qui peut freiner un éleveur à s’orienter vers l’homéopathie mais le temps à y accorder, affirme Yves. À 2 € le tube de granules, ça ne ruine pas la ferme. On peut même acheter les tubes à plusieurs et se partager les granules puisqu’il n’en faut que deux pour faire la dilution. »

Au total, l’éleveur estime avoir dépensé une centaine d’euros dans les tubes et 200 € en flacons. « Il y en a pour plus cher en contenant qu’en contenu, ironise-t-il. » Il faut également compter le coût d’une formation puis l’achat de quelques livres.

Il conseille aux « débutants » de se focaliser sur une seule pathologie au départ en administrant quelques granules à l'animal malade (sans faire tout le protocole de dilution) afin de facilement vérifier les résultats et pouvoir être convaincu avant de se lancer sur d’autres pathologies.

Astrid, la femme d’Yves, est plutôt orientée vers l’aromathérapie. Elle intervient notamment sur l’atelier des veaux de boucherie en diffusant des huiles essentielles (via un nébuliseur) une semaine après leur arrivée pour atténuer les problèmes respiratoires. Elle manipule cependant les huiles avec plus de précautions que l’homéopathie car les effets secondaires peuvent être importants (notamment des avortements fréquents chez les vaches).

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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


PATRICE BRACHET
Il y a 285 jours
Pour l homéopathie trois fois f accord pour les abeilles les apiculteurs ont un grosse part de responsabilité : je m’explique est-ce que j’ai 200 vl si je peux en nourrir que 50 eh bien Monsieur c est le cas pour les ruches et pour info j ai un des cadors de l abeilles à côté de chez moi je lui ai proposé d installer ses ruches à côté de mes méteil ( sans traitement) il avait 40 jours de fleurs il n a même pas donné réponse Pour info lors d une conférence de presse je l ai signalé aux DDT Alors il y’a des bons et comme ailleurs des mauvais qui aboient car là je vous parle d un national !!!
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Jacques TURCHET
Il y a 288 jours
Bonjour,

Je voudrais tout d'abord féliciter Yves Morel d'avoir pris cette décision et je ne peux que l'encourager à continuer dans cette voie et continuer à se former pour d'autres pathologies. Les médicaments de synthèse engendre tous des effets secondaires qui peuvent provoquer d'autres désordres dans l'organisme personne ne peut le nier mais on continue dans cette voie quand même. Je n prétends pas que tout peut être guéri par l'homéopathie en cas de pathologies graves il faut utiliser les moyens rapides mais surtout ne pas abuser de ces produits systématiquement pour n'importe quoi. Je ne vais pas me lancer dans ce commentaire dans un cours de biochimie et sur la différence entre une molécule reproduite par synthèse et la même molécule naturelle car ça serait un peu long et inutile ici, je dirais simplement qu'il y a une différence structure moléculaire que le vivant ne reconnait pas et les élimine l très mal. Il n'y à qu'à voir le problème actuel avec les abeilles par l'utilisation des traitements parasitaires et infectieux depuis des années sans oublier les phytosanitaires qui font de gros dégâts un peu partout dans les ruchers.

J.TURCHET
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