Rapport de la Fao sur l'élevageLes émissions de gaz à effet de serre diminueraient-elles ?

| par | Terre-net Média

Le rapport de la Fao (Food & Agricultural organisation) publié fin septembre indique que l'élevage émet près de 15 % des gaz à effet de serre de la planète. Selon cette organisation des Nations-Unies, ces émissions pourraient être potentiellement réduites d'un tiers.

Toutes filières de production animale confondues, les émissions de gaz à effet de serre (Ges) s'élèvent à 7,1 gigatonnes d'équivalent CO2 par an, soit 14,5 % de toutes les émissions d'origine anthropique. C’est ce que mentionne le dernier rapport de la Food and Agricultural Organisation (Fao) intitulé "Tackling climate change through livestock : A global assessment of emissions and mitigation opportunities"  (lien du rapport en anglais).

En 2006, le rapport "Livestock's long shadow" (L’ombre portée par l’élevage) qui évaluait  à 18 % la part de l’élevage dans les émissions de gaz à effet de serre avait fait grand bruit. L’impact de l’élevage dans le changement climatique serait-il donc sur la bonne voie ?

14,5 % dont 9,3 % par les bovins

Néanmoins, l’élevage de ruminants à travers le monde contribue pour 10 % de l’ensemble des émissions de Ges, tous secteurs d’activité confondus et de 4,5 % pour les élevages de monogastriques. Cela porte l’impact de l’élevage bovin à 9,3 %, 4,3 % étant liés à l’élevage laitier et 5 % à l’élevage allaitant. La part des petits ruminants est de moins de 1 %.

Les principales sources d'émissions sont la production et la transformation de fourrage (45 % du total), la digestion des bovins (39 %) et la décomposition du fumier (10 %). Le reste est imputable à la transformation et au transport des produits animaux.

rapport FAO impact de l'élevage sur le changement climatiqueEmissions mondiales de Ges selon les productions : bovin viande, bovin lait, porc, buffle, poulet de chair, ovin/caprin, autres volailles. (©Fao) 

Impact de l'élevage bovin sur le changement climatiqueEmissions de Ges par l'élevage bovin (lait à gauche, viande à droite). Le méthane entérique CH4 arrive en tête, suivi des émissions de N20 par les déjections, du CO2 lié à l'alimentation. Les émissions des bovins viande sont fortement impactées par l'expansion du pâturage sur les forêt primaires.   (©Fao)

Les systèmes herbivores peu productifs émettent davantage de Gaz à effet de serre par kilo de viande ou de lait.

Selon le rapport de la Fao, les systèmes pâturant extensifs émettent généralement plus de Ges que les élevages bovins plus productifs. Cela est particulièrement vrai pour les bovins viande d’Amérique latine et des Caraïbes, où les surfaces pâturables progressent au détriment des forêts primaires. Dans ces régions, un tiers des émissions de Ges des bovins viande proviennent de la déforestation. Les émissions les plus élevées sont identifiées chez les bovins d’Asie du Sud et du Sud-Est, de l’Afrique sub-saharienne et d’Amérique du Sud à cause d’une faible digestibilité des fourrages (produisant davantage de méthane par kilo de produit), d’une longue période d’élevage et de faibles rendements en viande ou en lait.

En Europe, 80 % de la viande bovine provient du troupeau laitier, ce qui limite l’impact sur l’effet de serre. En effet, le rapport mentionne que les émissions moyennes sont de 2,8 kg d’équivalent CO2 par kilo de gras et protéines corrigées dans le lait, tandis qu’elles sont de 46,2 kg d’eq. CO2 par kilo de carcasse de viande.

Potentiel de réduction de 30 %

En examinant les émissions à la loupe, le rapport de la Fao révèle que des réductions importantes sont « à la portée des éleveurs ». Selon cet organisme rattaché aux Nations Unies, « les émissions de Ges produites par l'élevage pourraient être réduites de 30 % en utilisant plus largement les meilleures pratiques et technologies existantes ».

Des réductions importantes d'émissions peuvent être obtenues dans toutes les espèces, dans tous les systèmes et dans toutes les régions, soutient le rapport de la Fao, le plus gros potentiel de réduction étant détenu par la filière des ruminants à faible productivité d'Asie du Sud, d'Amérique latine et d'Afrique.

Néanmoins, dans les pays développés, où l'intensité des émissions est relativement faible, mais où le volume total de la production, et, de ce fait, des émissions, est élevé - même de légères diminutions de l'intensité pourraient produire des gains importants. C'est le cas, par exemple, des élevages laitiers d'Europe et d'Amérique du Nord, ainsi que des élevages porcins d'Asie de l'Est.

Stockage du carbone

Les élevages bovins sont responsables de 65  % des émissions totales de Ges du secteur de l'élevage, mais ils présentent aussi le plus gros potentiel de réduction de ces émissions.
Selon l’Institut de l’élevage, le potentiel de réduction de la contribution du secteur aux émissions de Ges est évalué à 20 % en France. « L’évolution positive des pratiques d’élevage (réduction des apports de fertilisants, augmentation de la productivité animale, optimisation de l’alimentation,…) a permis une baisse de l’empreinte carbone de 15 à 25 % entre 1990 et 2010, tout en maintenant globalement  les volumes de production, ajoute l’Idele. D’autre part, le stockage de carbone par les prairies permanentes et/ou prairies temporaires associées aux cultures, joue un rôle positif sur l’impact de l’élevage sur le changement climatique. »


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