Prix pour l'agrobiodiversité animaleVache nantaise, b½uf Moka, brebis Sasi Ardi et Boulonnaise récompensés

| par | Terre-net Média

La fondation du patrimoine et le laboratoire Ceva santé animale récompensent les associations qui ½uvrent pour la préservation des races d'animaux d'élevage à très faibles effectifs. Le prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agrobiodiversité animale 2017 a été remis pour quatre races jeudi soir au Salon de l'agriculture.

S elon un rapport de la FAO paru le 27 janvier 2016, 1 458 races d’animaux d’élevage sont actuellement menacées d’extinction dans le monde. L’Europe déplore une forte proportion de races menacées. Près de 100 races d’animaux de ferme ont disparu entre 2000 et 2014. Conscients de ces enjeux, la Fondation du patrimoine et le laboratoire Ceva santé animale ont créé en 2012 le " Prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agrobiodiversité animale ". En cinq ans, ce concours a permis de découvrir plus de 170 initiatives menées sur l’ensemble du territoire et de récompenser 16 lauréats pour lesquels ce prix aura donné une impulsion à leur projet personnel et professionnel.

Grand prix d'honneur pour la fête de la vache nantaise et des races locales (Loire-Atlantique). Dotation de 25 000 €

Le jury a souhaité cette année récompenser de manière exceptionnelle, à travers la mention Grand Prix d’honneur, l’association Pas Bête la Fête , pour son action originale et audacieuse en faveur des races locales. Cette initiative répond bien aux objectifs généraux du prix qui est d’assurer la promotion et la valorisation des races locales à faibles effectifs. Si à l’origine cet événement s’adressait plus particulièrement à la race bovine nantaise, il a considérablement élargi ses objectifs et est devenu la « Fête des races locales » qui a lieu tous les quatre ans et dont la 8e édition se déroulera en septembre 2018. Ce rendez-vous unique connaît un véritable succès (45 000 visiteurs et 1 300 bénévoles en 2014). Outre la présence de nombreux animaux et associations de races, le principal souci des organisateurs est de promouvoir l’intérêt écologique et économique de l’agrobiodiversité animale et d’aider à la formation et à l’installation d’éleveurs, sans en ignorer les difficultés.

1er prix : la brebis Sasi Ardi (Pyrénées-Atlantiques) . Dotation de 10 000 €

Peu connue en dehors de sa région, la race Sasi Ardi (ou brebis des broussailles) figure depuis 2016 sur le catalogue du ministère de l’agriculture qui reconnait officiellement les races françaises du territoire. Elle est particulièrement apte, par sa rusticité, à tirer parti des zones broussailleuses de la moyenne montagne du Pays Basque. Elle se caractérise par ailleurs avec deux produits carnés typiques - l’agneau de cinq mois et le mâle de 28 mois - dont la qualité gustative de la viande est très appréciée localement, dans un cas comme dans l’autre. Le jury a été séduit par le projet économique présenté, basé sur l’accompagnement technique des éleveurs et la promotion des deux produits typiques qui devraient permettre d’assurer le développement de la Sasi Ardi. On compte aujourd’hui moins de 900 animaux répartis sur 15 élevages du Pays basque, ce qui place la race parmi les plus fortement menacées d’abandon.

Brebis basque Sasi Ardi Brebis basque Sasi Ardi (©Christophe Lebrun)  

2e prix : le bœuf Moka (Ile de la Réunion). Dotation de 6 000 €

Le bœuf Moka , issu d’une histoire complexe faite de multiples influences qui font son originalité, est une race à aptitudes mixtes propre à l’île de La Réunion. Elle a été inscrite récemment au catalogue des races officielles du ministère de l’agriculture. Sauvegarder et promouvoir le bœuf Moka font consensus dans les milieux agricoles, naturalistes et scientifiques. Aider à l’installation de nouveaux éleveurs, valoriser les produits issus directement ou indirectement du bœuf Moka au travers de circuits courts, développer des actions de communication auprès des consommateurs locaux et des agriculteurs, constituent les principaux axes d’action en sa faveur. Le jury a souhaité encourager cette belle initiative d’Outre-Mer pour mettre en place un plan de sauvegarde en faveur de cette race qui risquait de disparaître. L’usage des animaux en tant que moyen de locomotion ou de charroi des cannes ayant fortement diminué, les cheptels de Moka s’amoindrissent : avec moins de 600 mères recensées, le bœuf Moka est une race à faible effectif. Durant de longues années, la race s’est façonnée à l’image de son terroir, entretenant avec lui des liens très forts.

Boeuf Moka de trait sur l'Ile de la Réunion Bœuf Moka de trait sur l'Ile de la Réunion (©APPER-FDP)

3e prix : le mouton boulonnais (Nord). Dotation de 4 000 €

Le mouton Boulonnais est une très ancienne race du littoral de la Manche et de la mer du Nord, qui avait failli disparaître dans les années 1980. Sa rusticité et ses qualités de marcheuse permettent à cette race d’être utilisée dans les nouveaux systèmes d’écopâturage, qui sont en plein développement, et en pâturage itinérant sur des espaces sensibles le long du littoral. Par ailleurs, la qualité de l’agneau Boulonnais est très appréciée localement et sa réputation se conforte. Le jury a été sensible au dynamisme du candidat ainsi qu’au sérieux du projet bien intégré dans l’environnement local. Il y a actuellement 2 500 moutons, dont un bon millier contrôlés, dans une petite cinquantaine d’élevages.

Moutons Boulonnais pâturant sur les caps de la Côte d'Opale Moutons Boulonnais pâturant sur les caps de la Côte d'Opale. (©CRRG Nord Pas-de-Calais)  

 


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Patrick Patrick
Il y a 300 jours
Un bœuf ? non mais le journaliste a du le regarder d'assez haut, sur la photo elles ne sont pas difficiles à remarquer...
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