GénétiqueQuelque 180 vaches limousines embarquent pour les steppes mongoles

| Afp

Quelque 180 bovins limousins vont vivre mardi le voyage de leur vie, à bord d'un avion cargo qui décollera de Châteauroux (Indre), destination la Mongolie, à 500 km au nord d'Oulan Bator, où leur mission est d'améliorer la race locale.

Des bêtes sélectionnées dans 26 exploitations françaises.
La race limousine est la mieux adaptée aux conditions d'élevage
et au climat de Mongolie. (© Terre-net Média)

A quelques heures de ce voyage de plus de 7.000 km, l'unique passager de l'avion, Gilles Lequeux, responsable technico-commercial d'Interlim Génétique Service, à l'origine de cette exportation, est serein.

« L'an dernier, certains bovins ont beuglé au moment du décollage, puis nous n'avons rien entendu durant la dizaine d'heures de vol », plaisante-t-il, soulignant le « grand confort des conditions de voyage » pour les animaux qui, répartis dans des box, bénéficient d'une lumière tamisée et de la climatisation.

C'est à Oulan Bator que l'épreuve la plus dure attend les 173 génisses et 8 taureaux. A peine arrivés, ils seront chargés à bord de camions pour prendre la direction de l'exploitation où ils doivent améliorer la race locale. Un trajet de 14 heures marqué par des « conditions de voyage qui sont difficiles car il y a peu de bitume », reconnaît Gilles Lequeux. Une fois à destination, les bovins pourront paître en toute liberté au milieu des 50.000 hectares de steppes de cet élevage de 6.000 têtes de bétail, le plus important élevage privé du pays.

230 bovins importés l'an dernier 

ls auront quelques semaines pour se préparer à l'âpreté du climat de ce pays comptant trois millions d'habitants. Si l'été les températures grimpent jusqu'à 40°C, l'hiver, elles tombent en dessous de - 40°C et sont accompagnées d'un vent glacial. « Les 230 bovins qui ont été importés l'an dernier ont tous passé l'hiver et se sont remarquablement comportés », affirme Antoine Guérin, le directeur général français de la société mongole à l'origine de cette importation. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que son client mongol a choisi la race limousine, par rapport notamment à une race anglo-saxonne. « Elle est la mieux adaptée aux conditions d'élevage et climatiques du pays », souligne Antoine Guérin.

Pour être certain que les animaux résisteront à cette rigueur, Gilles Lequeux a sélectionné des bêtes provenant de 26 exploitations, réparties sur l'ensemble du territoire, issues d'élevages « où il y a de la rusticité », situés « plutôt en plaine que sur des plateaux ». Afin d'appréhender au mieux les conditions d'élevage dans ce pays, des représentants d'Interlim se sont rendus à plusieurs reprises, depuis 2008, sur l'exploitation où ils ont dispensé des conseils en matière d'alimentation et  de logement.

« Un investissement à long terme »

De son côté, l'éleveur mongol est venu plusieurs fois en France. L'objectif de cette importation est « de constituer un noyau de race pure et, à terme, qu'une partie des mâles fassent du croisement pour améliorer les races locales afin de les revendre à d'autres éleveurs », explique le responsable technico-commercial d'Interlim. L'agriculture et l'élevage sont la deuxième source de revenus en Mongolie, pays enclavé entre la Russie et la Chine. Actuellement producteur de viande de « qualité ordinaire », le pays a « une demande de viande de meilleure qualité, notamment de la part de ces deux pays », selon Gilles Lequeux. « C'est un investissement à long terme », a-t-il ajouté.

Pour les agriculteurs français, cette exportation représente un débouché intéressant car les bêtes nous sont « achetées plus cher que sur le marché français », souligne Bruno Jingeaud, responsable des vaches limousines au Gaec Juillet, installé à Moutier-d'Ahun (Creuse), et qui pour la deuxième année consécutive envoie sept génisses. Au total, cette opération représente 900.000 euros, ce qui comprend l'achat des animaux, les frais sanitaires et la logistique d'acheminement.


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