ReportageAu Gaec l'Abbaye (35), près de la moitié des vaches laitières sont en location

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Pour agrandir son troupeau, le reconstituer après un problème sanitaire ou garder des capacités financières pour d'autres projets, la location de vaches laitières est une solution à explorer. C'est celle retenue par Marie-Hélène et Hubert Morin, producteurs de lait en Ille-et-Vilaine qui ont fait appel à la société Gestel.

Hubert Morin du Gaec de l'Abbaye (35) dans son troupeau« On loue la ferme, les terres, pourquoi pas les vaches ? » Ainsi, Hubert Morin (35) loue 30 vaches prim'holsteins à la société Gestel. (©Terre-net Média)

Sur les 70 vaches qu’élèvent Marie-Hélène et Hubert Morin, en Gaec à Saint-Sulpice la Forêt (35), les 30 Holsteins ne leur appartiennent pas. Si comme la quarantaine de Brunes et de croisées, elles contribuent à remplir le tank, ces 30 vaches, elles, appartiennent à la société Gestel qui les loue aux éleveurs.

Brune + Holstein dans le même élevage : le duo gagnant ? C'est en tout cas ce que pensent aussi les associés du Gaec Beausapin (50) qui élèvent ce type de troupeau mixte. Retrouvez leur témoignage via le lien ci-dessus.

En 2009, la néosporose est détectée dans le troupeau des Morin. Bilan : 25 vaches contaminées sont à réformer en urgence pour assainir le cheptel. « Nous ne pouvions pas attendre que nos propres génisses entrent en production. Économiquement, il nous fallait maintenir la production laitière, se souviennent les éleveurs. Comme on avait encore pas mal de prêts en cours, c’était délicat de réemprunter. »

On loue la ferme, les terres, pourquoi pas les vaches ?Connaissant Gestel par un collègue qui avait recours à la location de cheptel, Marie-Hélène et Hubert se renseignent. « Après tout, on loue la ferme, les terres, pourquoi pas les vaches », estiment les éleveurs qui décident de louer 30 vaches, rassurés par les garanties sanitaires.

Les choses se font rapidement : les démarches débutent au printemps, le contrat est signé en juin et les génisses choisies sur pied. « Le choix se fait soit au centre d’allotement d’Avranches, soit chez leurs éleveurs naisseurs. Pour limiter le stress dû au transport, on favorise la proximité », souligne Nicolas Martin, le technicien qui suit l’élevage de Marie-Hélène et Hubert.

La balance oscille entre 1 200 et 1 800 € pour le coût d'une génisses mais savez-vous combien vous coûte exactement l'élevage de vos élèves ? Retrouvez le détail poste par poste dans l'étude du BTPL en cliquant sur ce lien.

Les 30 génisses amouillantes arrivent en septembre. « On était un peu stressés d’avoir autant de vêlages, alors on a installé notre caravane à 20 mètres du box de vêlage pour les surveiller la nuit », s’amusent Marie-Hélène et Hubert. Tout s’est bien passé et les génisses ont fait leurs preuves dans le troupeau. Au fil des années, elles ont été réformées, certaines de leurs filles ont pris la relève. « On tient à jour un inventaire précis pour indiquer quelles bêtes appartiennent à Gestel », précise Hubert.

Si on loue un tracteur, pourquoi pas des vaches

« Aux États-Unis ou au Canada, le système de location de cheptel existe depuis longtemps, explique Benoit Bebin, responsable de région. Créé 1972, Gestel a gardé ce concept de location mais en l’adaptant à notre agriculture. » Ainsi, le cheptel n’est pas détenu par des fonds de pension mais par des investisseurs privés, qui possèdent 30 000 vaches, élevées par 950 à 1 000 éleveurs.

Louer des génisses prêtes à vêler permet d’agrandir rapidement son troupeau, ou de le reconstituer suite à un accident sanitaire. C’est aussi un moyen de préparer la transmission de son exploitation. « Le cédant transmettra un bail plutôt que de vendre le cheptel, ce qui limitera l’endettement du jeune », explique Benoît Bebin. Enfin, Gestel peut également racheter des vaches qui seront laissées en location sur l’exploitation « afin d’apporter une capacité financière pour d’autres projets ».

Génisses laitières à l'augeHubert Morin conduit de la même façon toutes ses génisses. Même pour celles qui seront reprises par Gestel, il choisit le taureau. « Je fais surtout attention à la facilité de naissance comme ce sont des génisses ». (©Terre-net Média)

De Fortes exigences sanitaires

Gestel propose des génisses laitières de race pure. Le contrat de location court sur 10 ans puis est renouvelable chaque année. La société assure un suivi technique, qui revient à 47 €/génisse/an. Ainsi, Nicolas Martin vient quatre fois par an faire un point avec les éleveurs sur la croissance des génisses.

Avant de mettre des vaches en location, Gestel étudie bien sûr la situation comptable de l’exploitation mais aussi son niveau sanitaire, afin de s’assurer que les génisses qui repartiront vers d’autres élevages soient saines. Le vétérinaire référent est consulté et l’élevage doit être adhérent au GDS. L’exigence sanitaire sera maximale pour les génisses mises en location. « Quand je suis allé les choisir, j’ai demandé leur statut pour la BVD, la paratuberculose et la néosporose », se souvient Hubert Morin.

Les animaux en contrat doivent être assurés. « On a perdu des génisses d’une réaction anaphylactique, partagent Hubert et Marie-Hélène Morin. Comme elles étaient assurées, ça nous a permis de les remplacer sans trop de dommage économique. »

Si les produits, lait, veaux et réforme, sont à l’éleveur, il doit payer l’équivalent de 10 % du cheptel loué sous forme de génisses amouillantes, avec un différé de deux à trois ans pour le premier loyer. « Pour mes 30 vaches, je dois chaque année 3 génisses prêtes à vêler à Gestel », chiffre Hubert Morin. Si l’éleveur souhaite garder ses animaux ou si Gestel ne souhaite pas les reprendre, suite, par exemple, à un problème sanitaire, la location reviendra à 1 400 euros par génisse due, soit pour 10 vaches louées.

Alors qu’ils commencent à penser à la transmission de leur exploitation, Marie-Hélène et Hubert Morin trouvent que la location du troupeau est un atout supplémentaire pour intéresser un futur repreneur et faciliter ses investissements.


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DÉJÀ 11 RÉACTIONS


gg1969
Il y a 34 jours
en effet les exploitations qui ont suivi cette methode ont fait banque route eleveur dans le 62 c etait des voisins
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kaci
Il y a 35 jours
bonjour est ce que vous pouvez louez des vache laitire pour l exportation en algerie merci
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koufra
Il y a 35 jours
En fait il s agit du retour au métayage ou les paysans sont taillable et corvéable a merci
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gabme
Il y a 37 jours
bonsoir
cette société profite à merveille;e du système nous avons été confronté à ces voleurs qui hypothèquent les biens de la famille et qui font danser mieux vau arrêter que de travailler avec ces bandits renseignez vous sur la rentabilité de l'investissement surveillez bien le sanitaire des animaux mis en place c'est 1 arnaque je ne comprend pas que des articles positifs passent dans la presse j'ai 2 dossiers à la maison vous avez mon adresse mail je suis prêt à vous expliquer
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Taxi
Il y a 38 jours
Pour connaître une dizaine de fermes laitières qui travaillent en partenariat avec l’agence de location de vaches nommée dans cet article, une seule à cesser son activité.Parmi ces fermes certaines ont un contrat qui frôle les 20 ans d’âges.
Comme quoi pour continuer une aventure il faut accepter parfois d’être transporter d’urgence par des brancardiers pour connaître des jours meilleurs...
Puis aussi l’aspect fiscal de la formule n’a pas été abordé et c’eest regrettable .
De plus en plus les banques deviennent frileuses aux petits financements et quand on additionne tous les frais x et y on constate qu’elles ne remplissent plus leurs vrais rôles.
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Charles P
Il y a 39 jours
Gestel nous suit sur nos développements en apport de trésorerie sans augmenter notre dette et en remboursant en génisses sur leurs animaux, le modèle idéal, surtout lorsque les banques bloquent !
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Terminé
Il y a 39 jours
Ha c'est sûr que gestel
Va étudier la situation comptable avant, les exploitations en difficultés vont vendre leurs vaches pour payer des dettes, c est très souvent retarder pour se retrouver avec des gros soucis derrière.
C'est toute la preuve que notre agriculture va très mal, l agriculteur est dépossédé de tout plus rien il ne peut acquérir, obligé de vendre son capital pour payer ses dettes. La filière laitière française est en danger. Les banques il y a bien longtemps qu elles ne font plus rien,
Bien au contraire elles font un travail de sape et font encore suicider des éleveurs tellement elles vous écrasent.
Cette situation actuelle est juste lamentable, l eleveur produit du lait comme un esclave, gestel est un autre outil d un grand piège qui vient vous capter aussi votre argent, au bout vous êtes juste ruiné. Un faux espoir... Bien bien réfléchir avant de s engager, très très alléchant au départ c est fait pour mais après c'est irréversible les désillusions arrivent...
Tout cela est un triste constat de triste situation des éleveurs français, ce n'est surtout pas du gagnant gagnant !!!!
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Enzo
Il y a 40 jours
C'est une énorme arnaque, qui nous a fait arrêter le lait. Les seuls à gagner de l'argent sont les investisseurs.
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Hounkpatin K.Janvier
Il y a 41 jours
Bonjour,
Je suis porteur d'un projet d'une industrie multi sectorielle au Togo pour l'Afrique .
Je vous vous sollicite pour un partenariat enfin d'atteindre mes objectifs .
Élevage de 5000 vaches laitière .
Je reste à votre disposition pour des informations nécessaires concernant le projet pour un partenariat durable .
Cordialement .Janvier
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PierreC
Il y a 41 jours
Qd on fait vraiment le calcul, on tombe sur du 26, 7% (faites le calcul sur 10ans, c'est le minimum obligatoire). Rapprochez vous de votre banque ou de solutions alternatives comme Miimosa. Gestel est une arnaque !
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