La Confédération paysanne a demandé jeudi à Mâcon l'arrêt d'un projet de ferme en Saône-et-Loire qui pourrait accueillir plus de 4.000 bovins destinés notamment à l'export, qu'elle juge emblématique des « dérives » liées à « l'industrialisation de l'agriculture ».
« Ce que nous demandons, c'est l'arrêt de ce projet », a indiqué le porte-parole du syndicat agricole Laurent Pinatel lors d'une conférence de presse. Pour lui, « l'agriculture industrielle prend la place des autres ». « C'est ce système qu'il faut dénoncer ». « On s'est trompés collectivement » en disant qu'il fallait toujours « mettre plus d'animaux dans les élevages », a ajouté le responsable.
Selon Laurent Pinatel, ce projet est contradictoire avec les états généraux de l'alimentation, qui posent la question des méthodes pour « produire mieux et en phase avec les attentes des consommateurs ». La Confédération paysanne s'inquiète aussi du « financement opaque » du projet, de la diffusion « sous-estimée » de polluants ou encore de la possible propagation de maladies.
D'autres organisations professionnelles défendent le projet. « Le marché à l'exportation a sa place. C'est un outil utile, nécessaire, pour la filière », a ainsi fait valoir Bernard Lacour, président de la FDSEA de Saône-et-Loire, demandant toutefois « à l'administration d'être vigilante en termes sanitaires et de suivi environnemental. »
Selon la demande d'autorisation adressée à la préfecture par l'éleveur, injoignable jeudi, le projet consiste à « accueillir des bandes de jeunes bovins, pour mise en quarantaine sanitaire durant cinq semaines avant d'être exportés vers des centres d'engraissement en France ou à l'étranger », notamment vers les « pays du Maghreb (plus particulièrement l'Algérie et le Maroc) et la Turquie ». « Au terme du projet de développement, l'effectif instantané pourra atteindre un maximum de 3.910 bovins en préparation à l'exportation », en plus du troupeau existant de 320 vaches allaitantes et 240 bovins à l'engraissement, précise le document.
Ce projet est aussi dénoncé par les riverains, qui s'inquiètent des nuisances et ont monté une association, et par la fondation Brigitte Bardot, qui faisait fin août un parallèle avec la ferme des « 1.000 vaches » qui fait polémique dans la Somme. Le préfet de Saône-et-Loire devra se prononcer sur le projet après avoir reçu différents avis dont celui, favorable, rendu par la direction régionale de l'environnement (DREAL) de Bourgogne Franche-Comté. Une enquête publique sur la question s'est achevée le 22 septembre et a vu affluer les observations, dont une pétition de l'association Agir pour l'environnement qui a recueilli plus de 66.000 signatures. Le commissaire enquêteur rendra ses conclusions fin octobre ou début novembre.
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