Abattoir de Houdan (78)Amendes requises contre cinq personnes suite à une plainte déposée par L214

| AFP

Des amendes ont été requises jeudi contre le directeur, trois ex-salariés et un agent public travaillant à l'abattoir porcin de Houdan (Yvelines), poursuivis après une plainte déposée en 2017 par l'association L214 pour mauvais traitements à animaux.

Deux militants de cette association, qui lutte pour l'abandon de tout produit animal dans l'alimentation, s'étaient introduits illégalement sur le site fin 2016 et avaient filmé l'étourdissement des cochons au CO2. Leur vidéo avait été diffusée sur France 2 dans l'émission « Envoyé spécial ». Deux amendes maximales de 750 euros et une troisième de 1 500 euros ont été réclamées contre Vincent Harang, le directeur, à qui il était reproché des installations non conformes, des locaux mal aménagés et un manque de formation du personnel. Des amendes de 400 et 750 euros ont été requises contre trois ex-employés - absents à l'audience - ayant utilisé notamment un aiguillon électrique de façon répétée ou ayant porté des coups de pied aux bêtes récalcitrantes et affolées dans le couloir les menant au puits à CO2, notamment dans un passage problématique à angle droit. Enfin, une amende maximale de 750 euros a été requise contre un agent de la Direction départementale de protection de la population (DDPP). Il lui était reproché d'avoir donné des coups d'aiguillon électrique à des animaux alors qu'il n'était là que pour contrôler la chaîne d'abattage et non pour aider les opérateurs.

« Par facilité », il a été fait un « usage interdit » des aiguillons, notamment sur la tête des animaux, le tout « pour respecter un rythme, une cadence de travail », a reproché le procureur Michel Pélégry. L'abatteur a indiqué avoir procédé après diffusion de la vidéo à des travaux d'amélioration de ses locaux. Des « installations à l'économie », a-t-on regretté côté parties civiles. Les amendes requises « restent dérisoires car quel abattoir va se dire "Je vais me mettre aux normes parce que je risque une sanction grave"... », a déploré de son côté Brigitte Gothière, porte-parole de L214, interrogée par l'AFP à l'issue de l'audience.

Outre L214, huit autres associations de protection des animaux, se sont portées civiles. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pour leurs clients. Pour Nicolas Cassart, avocat de l'abatteur, il n'y a « pas d'éléments pour dire que le nombre de cochons dans les stabulations n'a pas été respecté », le personnel était bel et bien « formé » et les installations « conformes ». Concernant d'éventuelles maltraitances aux animaux, son client s'est défendu en disant qu'il ne pouvait « pas tout contrôler ». D'autant que la profession est déjà « extrêmement règlementée et extrêmement contrôlée », a fait valoir Me Cassart. Un argument balayé par l'une des avocates de L214, Me Hélène Thouy, qui a rappelé le faible taux de contrôle des élevages et abattoirs, citant un rapport rendu l'an dernier par la Cour des comptes européenne : « 1 % », le taux « le plus bas d'Europe ». La décision du tribunal est attendue le 15 mars. L214 a publié depuis 2013 plusieurs vidéos choc montrant des dysfonctionnements dans des abattoirs français. Les deux militants de L214 qui avaient filmé l'étourdissement des porcs au CO2 à Houdan avaient été condamnés en octobre 2017 à 6 000 euros d'amende, dont 5 000 avec sursis pour « violation de domicile ». L'établissement Guy-Harang, dernier abattoir porcin d'Ile-de-France employant une centaine de salariés, est régulièrement la cible d'activistes antispécistes.


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