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Cliquez sur la vidéo pour lancer l'interview d'Hervé Guyomard, chercheur à l'Inra
Le laboratoire d'innovation territorial (LIT) « Ouest territoire d'élevage », mis en place par l'Inra, vise à améliorer les conditions d'élevage de la ferme jusqu'à l'abattoir. Cela passe par l'amélioration du bien-être animal et la réduction des antibiotiques en élevage.
Définition d'un référentiel bien-être
Hervé Guyomard, chercheur à l'Inra, coordonne le laboratoire. il explique : « Le LIT sera officiellement en place en janvier 2019 pour une durée de 10 ans. C'est un gros travail pour mettre en place une démarche de progrès au niveau de l'élevage, du transport et de l'abattage des animaux. Les travaux concerneront trois filières : les bovins lait, les volailles et les porcs, d'abord dans l'ouest puis plus largement dans l'hexagone. »
Le groupe de travail rassemble de nombreux organismes, du producteur au consommateur. Les Chambres d'agricultures de Bretagne font par exemple partie du projet, tout comme des coopératives, des centres de recherches, des écoles, mais aussi des industriels et des associations de défense du bien-être animal comme CIWF ou Welfarm... L'expert affirme : « La démarche vise à associer toutes les parties prenantes. On essaie de définir un référentiel de bien-être. Cela prend la forme d'un escalier avec plusieurs paliers à gravir. Plus on monte cet escalier et plus on est exigent. On cherchera alors à faire monter les éleveurs en haut de ces marches »
« Le progrès a un coût, les éleveurs doivent s'y retrouver »
« Pour améliorer les conditions d'élevage en conciliant bien-être et santé des animaux, nous travaillerons par exemple sur la question du pâturage au niveau de l'organisation du parcellaire, sur l'usage des antibiotiques en cas de mammites, sur l'écornage, etc. L'idée est de faire progresser les éleveurs. Cela passe par de l'expérimentation afin de trouver les bonnes solutions. Nous nous inspirons d'ailleurs beaucoup des pays anglo-saxons comme le Danemark, l'Allemagne ou la Hollande. Il faut que nous rattrapions notre retard par rapport aux pays du Nord pour être sur la même marche au niveau de la législation européenne. »
« Pour les expérimentations, on constituera des fermes noyaux qui testeront les solutions en faveur du bien-être. Nous évaluerons alors leurs impacts sur le bien-être des animaux mais aussi sur l'économie de la ferme. On envisage pour ces exploitations des compensations financières en fonction du risque encouru en testant ces nouveautés. Si les essais se concrétisent, la diffusion des solutions à mettre en place se fera par les canaux qui existent déjà, notamment les réseaux de chambres d'agriculture. »
« Rien ne sera rendu obligatoire pour les éleveurs, les pistes d'amélioration ne seront que proposées à la filière. Par contre, on réfléchit à un étiquetage ou un label qui valorisera cette exemplarité dans les différents circuits de distribution. En effet, le progrès a un coût et il faut que les éleveurs, les transporteurs et les abatteurs s'y retrouvent. »
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