[Témoignage] TransmissionFranck Houssais : « Tout vendre, tout louer, continuer seul ou s'associer »

| par | Terre-net Média

Franck Houssais, éleveur en Ille-et-Vilaine, hésite entre plusieurs solutions pour sa fin de carrière. Dans deux ans, sa femme sera à la retraite et il se demande s'il continuera seul les années qu'il lui reste à faire, s'il s'associera avec un tiers, ou alors s'il louera ou même vendra sa ferme. Quelle stratégie privilégier ? Ayant bien anticipé la réflexion, il a encore un peu de temps pour se décider.

temoignage franck houssais transmission space 2019« Dès que ma femme partira à la retraite, je ne veux pas être présent sur la ferme plus d'une semaine sur deux », prévient l'éleveur. (©Franck Houssais) 

Parce que son épouse sera à la retraite dans deux ans et puisqu'étant plus jeune, il lui reste encore neuf ans à travailler, Franck Houssais se pose beaucoup de questions sur la transmission de son exploitation, à Domalain à l'est de l'Ille-et-Vilaine, et envisage plusieurs stratégies : « tout vendre, tout louer », poursuivre seul quelques années en arrêtant la production laitière ou « s'associer » avec quelqu'un.

Lire aussi l'article sur cet éleveur de la série "Témoignages transmission" ainsi que tous les témoignages de cette série : 
Franck Houssais : « Plusieurs options possibles » d'où l'intérêt « d'anticiper »

« Transmettre à des jeunes »

Même si « la ferme semble de petite taille », l'éleveur préférerait « la transmettre à des jeunes − un couple, deux associés ou un chef d'exploitation avec un salarié » − car en productions animales, la charge de travail est importante. En effet, il est crucial aujourd'hui, selon lui, que les producteurs « se dégagent du temps libre », pour leur famille comme pour eux-mêmes. D'ailleurs, s'il continue à travailler, en s'associant avec une tierce personne, Franck ne souhaite pas être à plein temps dans l'élevage. « Dès que ma femme aura pris sa retraite, je ne veux pas être présent plus d'une semaine sur deux », confie-t-il.

Écouter le témoignage vidéo complet de Franck Houssais en cliquant sur le curseur :

Le futur cédant, qui parle de transmission hors cadre familial, a pourtant deux enfants, dont un s'interroge sur l'opportunité de reprendre la ferme. « Il s'interroge seulement », souligne avec prudence celui qui a prévu d'autres alternatives sachant que ces interrogations pourraient ne pas se concrétiser finalement. Il ne lui ferme malgré tout pas la porte : « Il a encore deux années pour réfléchir. Il peut essayer, soit sous forme salariée ou s'il est plus sûr de lui, en association sans avoir à investir sur les postes lourds de l'exploitation, en n'achetant par exemple que du cheptel. Ainsi, il ne prend pas de risque. »

« On se connaît, on travaille déjà ensemble »

Si cela ne se fait pas et que l'éleveur décide néanmoins de créer, pour sa fin de carrière, une société avec un tiers, ce dernier pourrait être son actuel salarié. « Un jeune qui est posé et travaille bien mais qui doit prendre un peu de maturité. » Il faudrait aussi qu'il en ait envie, souligne Franck. « Ça arrive un peu vite dans sa vie professionnelle. Ce serait cependant une configuration idéale, avance-t-il. On se connaît, on travaille déjà ensemble. Pour avoir déjà vécu dans une autre vie la formule sociétaire, ce n'est pas toujours simple. »

Voir également le témoignage de Damien Moisan, éleveur sur le stage de parrainage« Tester le métier, le projet et l'entente avec les associés »

Laissons le futur retraité mûrir son projet de transmission. Pourquoi pas le recontacter d'ici un ou deux ans, pour voir où il en est ? Pour l'heure, il a déjà plein d'idées pour occuper sa retraite. « J'aurai beaucoup de temps mais je pense que j'en manquerai quand même », fait-il remarquer avec humour. Entre le bricolage, la voile, les petits enfants et tout simplement profiter de la vie, « je serai très occupé ». C'est en tout cas tout le mal qu'on lui souhaite !

ferme de franck houssais a domalain ille et vilaineIl y a 10 ans, Franck et sa femme ont installé des panneaux photovoltaïques pour « sécuriser leur fin de carrière et leur retraite avec un revenu complémentaire ». (©Franck Houssais) 

L'exploitation en quelques chiffres
  • 45 ha en agriculture biologique
  • 350 000 l de lait/an
  • 400 porcs/an vendus en direct
  • Un atelier photovoltaïque de 35 kWh, créé il y a 10 ans pour « sécuriser la fin de carrière et la retraite avec un revenu complémentaire ».
  • Un salarié à tiers temps.

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 32 RÉACTIONS


polo
Il y a 17 jours
BRAVO à tous les agriculteurs à notre époque.A lire les commentaires certains sont fiers de leur métier, c'est très dur et les requins de financiers ne sont pas tendre envers nous...
Répondre
tintin
Il y a 19 jours
nous avons un très beau métier mais attention la passion ne nourrie pas l estomac!!
Répondre
Jmb67
Il y a 20 jours
Il faut oser, Notre métier c'est d'être être autonome, innovant et de dépendre de personne un vrai défi aujourd'hui.
Répondre
titian
Il y a 20 jours
C'est bien le bio, mais objectivement il y aura pas de la place pour tout le monde sur ce créneau pour une bonne valorisation lié aux contraintes.
Comme me l'a dit il y a pas longtemps un collègue et comme vous le sous entendez, c'est triste à dire mais il faut toujours garder de l'avance sur la moyenne pour s'en sortir.
Répondre
Jmb67
Il y a 20 jours
Il y a d'autres voies pour l'agriculture, celui qui ose trouvera de l'efficacité...... Nous avons fait le pas du Bio après 30 ans d'agriculture conventionnel. Aujourd'hui nous sommes toujours a la recherche de nouvelle façon de travailler pour trouver de l'efficacité et le maximum d'autonomie......
Répondre
Patrice Brachet
Il y a 20 jours
Directement en rj car on avait une salariée à l époque. Maintenant c est les mêmes traitements Faut faire gaffe à tous ce qui est crédit bail , leasing et globalement tout ce qui est en location. Dans ce cas ne pas avoir peur de se faire encadrer et éventuellement prendre un avocat Ne pas hésiter d aller vers des associations Nous en Dordogne on a quelques un de très compétent à la chambre et il a l oreille des juges
Répondre
steph72
Il y a 20 jours
Patrice,t'as été en procédure de sauvegarde ?
Répondre
gillesdu01(2ddg)
Il y a 21 jours
@Cyrille Létard , il faut aller au bout de ses rêves , peu importe la suite , c'est mieux que d'avoir des regrets toute sa vie .
Bon courage .
Répondre
titian
Il y a 20 jours
Avec France TV je crains que Patrice déchante un peu, même si l'autre jour j'ai vu un reportage pour une fois plutôt bien fait sur le magazine JT de la 3 à propos dds filières lait de montagne AOP.
Donc "wait and see".
Répondre
hub
Il y a 20 jours
Tiens donc ,la télé seraient elles redevenues frequentables ??? :p)
Répondre