Grippe aviaireRelaxe pour une éleveuse ayant refusé d'abattre ses canards

| AFP

Une éleveuse des Pyrénées-Atlantiques, poursuivie pour avoir refusé en 2017 l'abattage préventif de ses canards contre la grippe aviaire, a été relaxée lundi par le tribunal correctionnel de Pau qui a en revanche condamné un syndicat agricole.

C athy Chabalgoity, responsable d'une exploitation à Barcus contre qui avaient été requis trois mois avec sursis et 8 000 euros d'amendes, a été relaxée de toutes les poursuites . Le syndicat agricole ELB (Euskal Laborarien Batasuna)-Confédération paysanne a en revanche été reconnu coupable d'avoir fait obstacle aux opérations d'abattage et condamné à 5 000 euros d'amende. Il devra également verser un euro de préjudice moral au directeur de la Direction départementale de protection des populations (DDPP) et 2 071,72 euros à la DDPP pour son préjudice financier. 10 000 euros d'amendes avaient été requis.

Dans un communiqué, le syndicat, qui « envisage de faire appel », s'est félicité de la relaxe de l'éleveuse mais regrette que « la justice punisse le droit légitime à l'action syndicale » . Pointant une « justice à deux vitesses », le syndicat a estimé que « la répression syndicale s'abat systématiquement sur ceux qui s'opposent à l'industrialisation de l'agriculture », notant que d'autres affaires « bien plus graves ne sont toujours pas à l'ordre du jour » comme le scandale de 2013 de la viande de cheval vendue comme du bœuf.

Le 14 puis le 21 avril 2017, 250 personnes s'étaient réunies devant l'exploitation de l'éleveuse pour en bloquer l'accès aux services sanitaires qui devaient y procéder à l'abattage préventif des canards. Elles estimaient que les animaux étaient « sains ». À l'audience, Cathy Chabalgoity avait indiqué n'être « pas d'accord avec les mesures d'abattage préventif systématique » mais avait affirmé que le blocage n'était pas de son ressort. Pour mettre un terme à l'épidémie de grippe aviaire dans le Sud-Ouest, le gouvernement avait imposé au printemps 2017 un vide sanitaire « obligatoire » dans les élevages de palmipèdes de 1 134 communes sur cinq départements. Des millions de volatiles avaient été abattus. Trois élevages dont celui de Barcus, où les abattages avaient été bloqués, avaient été placés sous « surveillance sanitaire » mais la préfecture avait saisi le parquet pour « entrave à une disposition réglementaire ».


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