Grippe aviaireLes mesures d'abattages « indispensables », selon le président des Chambres

| AFP

Les « mesures radicales » d'abattages préventifs prises pour enrayer la grippe aviaire dans le sud-ouest de la France sont « indispensables » pour « arrêter la crise » et retrouver la confiance des pays importateurs, a souligné mercredi le président des Chambres d'agriculture Sébastien Windsor.

Le chef français des services vétérinaires Loïc Evain avait indiqué la veille à l'AFP que plus de 200 000 canards avaient déjà été abattus en France pour endiguer l'épizootie qui fait tout particulièrement rage dans les Landes, et que 400 000 palmipèdes supplémentaires étaient en passe de l'être.

La gestion de la crise par les autorités sanitaires est dénoncée par deux syndicats agricoles, la Confédération paysanne et le Modef. Ils s'opposent aux abattages préventifs d'animaux sains, dénoncent la lenteur de la mise en œuvre des abattages dans les foyers confirmés, mais aussi le transport d'animaux potentiellement contaminés jusque dans des abattoirs au risque d'une dissémination accrue.

Les mesures sont « radicales », mais « indispensables », a jugé Sébastien Windsor, président de la tête de réseau des Chambres d'agriculture, APCA, lors de ses vœux à la presse mercredi. « Il faut le faire comme il faut, avec les bonnes pratiques », notamment pour éviter que les mesures d'abattage n'accentuent la propagation, a-t-il ajouté.

Et d'insister : « Il faut arrêter la crise pour ne pas perdre la confiance des marchés », à l'image de la Chine qui a officialisé mercredi son embargo sur les volailles françaises, en réalité effectif depuis la détection du virus dans un premier élevage de canards français début décembre.

Cette crise renvoie les éleveurs de canards du Sud-Ouest aux douloureux épisodes de grippe aviaire des hivers 2015-2016 et 2016-2017 : plus de 25 millions de canards abattus (sur quelque 35 millions élevés en France) lors de la première épizootie, et 4,5 millions lors de la deuxième.

Dans l'espoir d'éviter la répétition d'un tel scénario, la filière a notamment investi dans les bâtiments d'élevage pour renforcer la biosécurité.

« Je pense qu'il va falloir amplifier tout ce qui avait été mis en place à la fois au niveau des investissements et au niveau de la formation », a remarqué la nouvelle directrice générale de l'APCA Isabelle Chmitelin, ancienne directrice de cabinet du précédent ministre de l'agriculture Didier Guillaume.

En attendant, a-t-elle souligné, l'impératif est « de gérer vite et bien cette crise, y compris en passant par des mesures radicales, pour montrer (aux pays importateurs) en quoi notre système sanitaire est efficace et permet de circonscrire la maladie ».

L'interprofession du foie gras, Cifog, a parallèlement demandé mercredi dans un communiqué « un renforcement des moyens humains des services de l'État sur le terrain afin d'accélérer » la lutte contre l'épizootie « alors que des foyers se multiplient très rapidement dans le département des Landes et commencent à toucher d'autres départements comme les Pyrénées-Atlantiques et le Gers ».


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