Confédération du RoquefortLe Bleu de brebis ne menace pas le Roquefort AOP

| AFP

La Confédération générale de Roquefort a tranché : pour les consommateurs, il n'y pas de risque de « confusion » entre le traditionnel fromage AOP et le Bleu de brebis commercialisé depuis plus d'un an par Lactalis, une conclusion jugée « aberrante » par José Bové.

Également estampillé Société, le Bleu de brebis fabriqué à Rodez au lait pasteurisé a la même couleur blanche et persillée et un emballage presque identique au Roquefort produit par le même groupe.

Sa commercialisation en avril 2019 avait suscité une levée de boucliers de syndicalistes de la filière, dénonçant une menace pour le marché du Roquefort.

« Compte tenu des résultats des études menées par l'Ifop (sur un échantillon de 700 personnes) et par la Commission organoleptique de la Confédération (tests à l'aveugle sur le goût) », la « comparaison ne prête pas à confusion », affirme dans un communiqué l'organisme de défense et de gestion de l'AOP Roquefort, estimant que « la coexistence est possible » entre les deux fromages.

Mais pour certains acteurs de la filière, dont l'eurodéputé José Bové, cette conclusion est une « hérésie » et « un instrument de destruction de l'appellation d'origine ». « Le seul argument de la Confédération, c'est de dire qu'il y a eu un sondage Ifop. Mais la confusion existe à tous les étages, puisque c'est toujours l'ovale vert de Société, c'est tous les codes du Roquefort Société qui sont sur l'étiquette », a dit José Bové à l'AFP. Selon lui, « il y a clairement une fraude car le consommateur va croire qu'il mange du Roquefort alors que c'est du lait pasteurisé qui peut être produit n'importe où ».

« La Confédération de Roquefort pour moi n'existe plus et doit se dissoudre puisqu'elle manque à tous ses devoirs qui sont la défense » de ce label décroché dès 1925 par le Roquefort produit avec un cahier des charges rigoureux dans la localité du même nom », a-t-il ajouté. « On attend de voir ce que va dire l'Inao (Institut national des appellations d'origine). On envisagera alors les recours qu'il faut, soit contre Lactalis soit contre la Confédération », a-t-il affirmé.

Confrontée à un recul des ventes depuis le début des années 2000, la filière emploie quelque 1 700 salariés et fait tourner quelque 2 000 exploitations laitières dans le bassin de production.


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