La consommation de volailles en France n'a finalement baissé que légèrement en 2020 malgré la crise du Covid-19, le bond des achats de poulet compensant en partie le fort recul sur les pintades ou les canards, a indiqué mardi l'interprofession Anvol.
« Avec la restauration qui a fermé en 2020, on avait des craintes de perdre énormément de volumes », a expliqué lors d'une visioconférence Anne Richard, directrice d'Anvol, qui rassemble les producteurs de poulets, dindes et canards maigres (hors foie gras). « Finalement, il y a eu une hausse des achats des ménages dans les magasins de 9,3 %, ce qui est très important, et ce qui amène à une consommation totale (sur tous les circuits, y compris la restauration hors domicile, NDLR) qui est en baisse, mais simplement de 0,7 % », s'est-elle réjouie.
« Cette hausse de 9,3 % n'est toutefois pas homogène selon les espèces », a relevé Madame Richard, « et notamment les espèces qui ont beaucoup plus été en difficulté, comme les pintades, canards, cailles et pigeons, puisque ces espèces sont vendues essentiellement en restauration ». Les Français ont consommé l'année passée 1,88 million de tonnes de volailles, contre environ 1,90 million en 2019, précise l'interprofession dans un dossier de presse. L'Hexagone conserve ainsi sa place de 3e pays consommateur de volaille en Europe, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.
Le poulet a tiré son épingle du jeu. Avec un bond de 12,3 % dans les achats des ménages et une hausse de 1,3 % au global (restauration hors domicile comprise), le poulet représente 71 % des volailles vendues en France. La consommation de dindes à domicile a également progressé, de 3,6 % (+ 1,8 % au total). Mais, malgré une hausse des achats des ménages pour les canards (+ 4,2 %), la consommation a chuté de 17 % tous circuits confondus, « en raison du fort impact de la fermeture de restaurants pour cette filière », a justifié Anvol. Les pintades ont connu une évolution similaire puisque la consommation a décliné de 11,5 % au total.
En revanche, la production de volailles s'est dégradée l'année passée (- 1,4 % par rapport à 2019). Les productions de canards et pintades ont respectivement plongé de 12,4 % et 12,8 %, selon l'interprofession qui estime que « ces deux filières sont aujourd'hui en grande difficulté ». « La situation est aussi très difficile pour les filières cailles et pigeons », a indiqué Anvol, qui a fait savoir que « les éleveurs de ces filières [étaient] toujours en attente de la mise en œuvre de l'aide de 3 millions d'euros promise par le gouvernement ».
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