Deux militants de l'association de défense des animaux L214 ont été interpellés dans la nuit de lundi à mardi dans un abattoir de Houdan (Yvelines) alors qu'ils venaient recharger les caméras filmant l'endormissement au CO2 des porcs avant abattage, a-t-on appris auprès des gendarmes.
Les deux hommes, cagoulés et en tenue de camouflage au moment de leur interpellation, avaient placé la veille quatre caméras GoPro en plusieurs points de l'abattoir, et notamment sur les parois des caissons servant à descendre les animaux dans un espace où ils sont endormis au CO2. Mais l'une des caméras s'est détachée et est tombée lundi aux pieds d'un employé chargé de la saignée. Celui-ci a aussitôt prévenu la direction de l'abattoir.
Vincent Harang, le directeur, a alors porté plainte auprès de la brigade de gendarmerie de Houdan qui, après avoir visionné les caméras de vidéosurveillance de l'entreprise montrant deux personnes s'introduisant dans l'abattoir, a décidé de mettre en place un dispositif, avec l'appui d'un peloton de surveillance et d'intervention (PSIG). « On a fait le pari qu'ils allaient revenir chercher leur matériel assez rapidement », les caméras ayant une capacité de stockage limitée, selon une source proche de l'enquête. Neuf gendarmes ont donc procédé à l'interpellation du duo, qui avait pénétré dans les locaux vers minuit. Leur matériel a été saisi. Les deux hommes, dont Sébastien Arsac, co-fondateur de L214, feront l'objet d'une convocation devant un officier de police judiciaire le 12 juin 2017 pour « violation de domicile » et « tentative d'atteinte à la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l'image ».
Contactée par l'AFP, une porte-parole de L214 a indiqué que les militants ne s'étaient pas rendus dans cet abattoir « par hasard » : celui-ci leur « a été signalé en raison de la présence d'un puits à CO2 », une technique qui est selon l'association « un procédé extrêmement choquant qui est fortement remis en question par des études scientifiques ». L'action de L214 « n'était pas légale, mais n'en reste pas moins légitime », a-t-elle ajouté.
Un abattoir « très bien noté »
L214 dénonce régulièrement à travers des vidéos les conditions de mise à mort dans des abattoirs. Une commission d'enquête parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français a abouti le 20 septembre à la préconisation de 65 mesures dont le renforcement de la vidéo-surveillance et de la formation des employés.
Selon Vincent Harang, son abattoir a été audité à deux reprises cette année, notamment par la Direction générale de l'alimentation, et à chaque fois a été « très bien noté ». Quelque 90 personnes travaillent dans cette entreprise qui abat 150.000 porcs par an, a indiqué le chef d'entreprise à l'AFP. Il a formellement exclu la possibilité d'une complicité d'un de ses salariés dans cette action militante. Ce type d'actions « nous fait perdre des parts de marché », a par ailleurs déploré Vincent Harang. Il s'est cependant dit « prêt » à recevoir des militants de L214 pour qu'ils viennent filmer dans son abattoir « s'ils ne viennent pas masqués ». Son établissement a déjà fait l'objet d'une action d'« éco-warriors » anglo-saxons il y a quelques années, a-t-il rappelé : trois camions avaient alors été incendiés dans l'enceinte de l'entreprise. Et le mouvement de « libération animale » 269 Life a également manifesté pacifiquement en juin dernier devant les grilles de l'abattoir.
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