Grippe aviaireDes éleveurs jugés pour avoir refusé l'abattage préventif de leurs canards

| AFP

Des éleveurs basques qui avaient refusé l'abattage préventif de leurs canards lors de l'épizootie de grippe aviaire en 2017 devront s'en expliquer devant le tribunal correctionnel de Bayonne le 18 juin, a indiqué le procureur de la République.

Quatre éleveurs, trois membres de la famille Lataillade et Jean-Michel Berho, ainsi que Panpi Sainte-Marie, secrétaire général du syndicat ELB (Euskal Herriko Laborarien Batasuna), le pendant de la Confédération paysanne au Pays basque, sont poursuivis pour avoir refusé de se plier aux injonctions des autorités sanitaires, selon Samuel Vuelta-Simon.

En juin 2017, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait imposé aux Lataillade, éleveurs à Bidache, d'abattre eux-mêmes une partie de leurs canes et interdit la commercialisation de leurs canetons. Ils avaient alors imaginé l'opération « Adopte un caneton », en accord avec le syndicat ELB, et continué à vendre ces canetons de race locale à des éleveurs solidaires.

« Au lieu de tuer bêtement des canards sains qui avaient développé d'eux-mêmes des anticorps à la maladie, on avait organisé une adoption », explique Panpi Sainte-Marie, qui qualifie aujourd'hui les poursuites judiciaires d'« acharnement ».

Deux mois auparavant, des rassemblements citoyens à l'initiative d'ELB avaient empêché à deux reprises l'entrée des services vétérinaires, venus pour les opérations d'abattage, dans l'exploitation de Jean-Michel Berho à Domezain. Des rassemblements du même type avaient eu lieu les mêmes jours devant deux autres exploitations des Pyrénées-Atlantiques, notamment à Barcus dans la ferme de Cathy Chabalgoity. Cette éleveuse a été relaxée en décembre par le tribunal correctionnel de Pau, qui a en revanche condamné ELB à 5 000 euros d'amende pour entrave aux agents de la Direction départementale de la protection des populations.

Dans le cadre de l'épidémie de grippe aviaire dans le Sud-Ouest au printemps 2017, les trois élevages de palmipèdes étaient concernés par un « vide sanitaire obligatoire » imposé par les autorités. Après les blocages, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait saisi le parquet pour « entrave à une disposition réglementaire ».


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