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[Paroles de lecteurs] Élevage laitierEt vous, quels sont vos critères pour évaluer la rentabilité ?

 À chaque lecteur de Web-agri, son critère d'évaluation de la rentabilité des exploitations laitières. (©Terre-net Média)
À chaque lecteur de Web-agri, son critère d'évaluation de la rentabilité des exploitations laitières. (©Terre-net Média)

Nombre d'hectares de surface fourragère principale, coût alimentaire, marge brute/ha ou sur heures travaillées, marge nette, EBE, revenu agricole, produit/revenu... chaque lecteur de Web-agri semble avoir son ou ses propres critères pour mesurer la rentabilité en production laitière. Et si le plus important était « le prix du lait », comme le suggèrent certains ?

 

Vincent Delargillière est dubitatif quant aux critères présentés dans l'article Chiffres économiques − Les bons critères pour évaluer la rentabilité de son élevage laitier, paru la semaine dernière sur Web-agri. « 6,5 ha pour produire 100 000 l de lait/an, bah voyons... », écrit-il sur Facebook. Il demande même à son auteure, Delphine Scohy : « Tu es certaine de toi ? » 

Maxime Rocabois lui répond : « En Bretagne, on arrive à moins de 6 ha en année normale. »

Vincent Delargillière s'inquiète : « Je suis à la rue ! Si je regarde ma ferme, cela signifie que je devrais sortir 1 850 000 l !! J'en produis 420 000 l avec le lait aux veaux. »

« 800 000 l avec 40 ha de SFP dans certains secteurs

»

Maxime Rocabois lui pose la question : « Vous avez combien d'hectares de SFP ? »

Vincent Delargillière : « 123 ha. »

Maxime Rocabois poursuit : « Pour faire 420 000 l de lait ? »

Vincent Delargillière confirme : « oui. »

Pierre-m Douinot intervient, s'adressant à @Maxime Rocabois : « Avec 40 ha de surface fourragère principale, on produit 800 000 l sans problème dans certains secteurs. »

« Pour quel coût alimentaire ? »

Mais c'est Vincent Delargillière qui enchaîne : « Avec combien d'aliment acheté ? »

Maxime Rocabois reprend la parole, à l'attention de @Pierre-m Douinot : « oui, ça se fait mais si c'est pour arriver à 150-170 € de coût alimentaire sur l'atelier laitier, il vaut mieux augmenter la SFP. Je sais de quoi je parle : 460 000 l sur 27 ha en élevant les génisses. »

Pierre-m Douinot, à destination de @Vincent Delargillière : « Certainement bien trop aux yeux de certains qui ne s’arrêtent qu’à ce poste de charges d'élevage... Par contre, lorsque l’on regarde ce qui compte le plus, soit au final... le résultat : l’ultra intensif dégage plus d’EBE, surtout dans nos secteurs où il faut commencer par proposer 10 000 € pour avoir un hectare de terre ! » Il poursuit, en direction là de @Maxime Rocabois : « 150 à 170 €, c’est beaucoup, élevage des génisses compris. »

« Dégager le maximum de marge brute/ha »...

Vincent Delargillière n'est pas d'accord : « 10 000 €, ce n'est pas énorme... Le prix du foncier n'a pas de rapport en absolu. Si je suis ton raisonnement, faut pas de terre, acheter tout et faire du hors sol ? »

Pierre-m Douinot persiste : « C’est certain quand c’est un héritage. Lorsqu'il faut rembourser la banque qui a financé, c’est une autre histoire !! Bien sûr qu’il y a un rapport entre le coût du foncier agricole et la nécessité de dégager le maximum de marge brute a l’hectare !!! »

... pour payer le foncier.

Gil Chavallier entre dans le débat : « L'EBE ou la marge brute n'ont que peu de valeur, à la différence du revenu/produit. Sur ce critère, Vincent doit être loin devant ceux qui font 100 000 l sur 6,5 ha ! »

« Ou d'EBE »

Maxime Rocabois réplique : « Si tu achètes tout et t'installes après un tiers, je peux te dire que tu n'as pas le choix de sortir de l'EBE et de la marge brute à l'hectare ! Vincent produit 3 000 l de lait/ha. Même à 300 € de MB, ça donne 900 €/ha donc 600 € d'EBE grand max, soit 72 000 €. Tout juste de quoi payer les annuités de la terre ! Je vois pas comment il dégage du revenu sauf si papa et maman lui ont tout léguer comme pour beaucoup de jeunes éleveurs, ce qui fait mal au moral des autres. Sinon ce sont des gens en fin de carrière qui n'ont plus d'investissement. »

Et Gil Chavallier rétorque : « L'annuité de terre revient à une volonté d'enrichissement. Rien à voir avec le revenu agricole... Car si tu acquières des terres à 10 000/ha, tu les revendra 10 000 voire plus. 72 000 € d'EBE, ça ne veut rien dire, c'est un chiffre bidon inventé par je ne sais qui... Seul le revenu agricole compte ! »

Un chiffre inventé par je ne sais qui, et qui ne veut rien dire.

Vincent Delargillière, à @Maxime Rocabois : « Parle de ce que tu connais s'il te plaît. Avec 3 000 l/ha, je ne sors pas 600 € d'EBE/ha... mais un peu plus. Et mes parents ne m'ont pas donné la ferme... Explique-nous comment tu nourris tes vaches et génisses, et en produisant 460 000 l de lait avec 27 ha de SFP ? »

« Seul le revenu compte ! »

Maxime Rocabois, à @Gil Chavallier : « (...) S'il y avait un modèle idéal, tout le monde le saurait et les candidats à l'installation en élevage ne manqueraient pas. Chaque organisation de producteurs, ou région, ne valorise pas la production de manière identique. Avec un prix de base de 323 €/1 000 l comme en Bretagne, tu ne ferais pas beaucoup plus que 600 € d'EBE, crois-moi... ou alors viens nous montrer comment faire ! »

S'il y avait un modèle idéal, on aurait des candidats à l'installation... 

Goueltas Le Berrigaud coupe net la discussion, questionnant ses collègues : « Y a encore des gens qui se basent sur la marge brute comme critère de rentabilité en élevage laitier en 2021 ? Déja que l'EBE je trouve ça limite, mais alors la marge brute ?? Sérieusement ??? »

« Ou alors la marge brute sur heures travaillées ?, propose Nicolas dans les commentaires sous l'article (...) Et tu aperçois que de nombreux parents à la retraite travaillent ! »

 Y a encore des gens qui se basent sur la marge brute ?

« La marge brute, plus technique qu'économique »

« Cela fait 20 ans que je ne raisonne plus avec la marge brute, qui est plus un critère technique qu'économique, témoigne Moty. Dans les groupes à l'époque, il n'était pas rare de voir ceux qui avaient les meilleures MB avoir les revenus les + faibles et vice versa. Ce qui compte c'est l'EBE et même mieux, la marge nette. On peut avoir un produit brut faible, moins des charges opérationnelles très faibles, moins des charges fixes très faibles. On obtient alors un revenu correct. »

Les meilleures marges brutes pour les plus faibles revenus. Et vice versa !

« Le critère qui nous donnera plus de rentabilité, c'est le prix du lait », reconnaît Maxime Rocabois.

« Le prix du lait » ou « son coût de production» 

Roto est du même avis : « Augmenter le prix de vente des produits agricoles tout simplement, ça va aider pas mal de monde !! (...) » 

« Pour gagner sa vie en production laitière, il faut avoir des surfaces à pâturer à côté de la salle de traite, résume popeye. 50 à 60 ares/vache sans engrais chimique mais avec 50 % de légumineuses (qui le remplacent) et là vous avez un coût de production du lait inferieur à 40 €/1 000 l. Après ça, la productivité/vache ne présente plus aucun intérêt car si vous achetez du concentré pour produire plus, vous perdez le bénéfice de l'investissement... »

Si vous achetez du concentré pour produire plus, quel intérêt ?

Et Jmb de conclure : « Chaque exploitation est différente, il est difficile de se comparer, mais des pratiques de certains peuvent être intéressantes pour nous faire évoluer. »

Journaliste installation/transmission des exploitations

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