Dans l’Oise, Alexandre Smessaert s’est penché sur le coût de fonctionnement de ses robots de traite. Chaque mois, les frais équivalent à la mensualité d’achat de l’équipement.
Combien coûte vraiment un robot de traite ? Posez la question à un éleveur, il vous donnera sans peine son prix d’achat. Et le montant est loin d’être dérisoire. Pourtant, il ne représente qu’une partie du coût de fonctionnement réel. Pour y voir plus clair, Alexandre et son père, Luc Smessaert, éleveurs laitiers dans l’Oise, ont accepté de sortir leurs factures. Résultat : les frais liés à l’utilisation du robot sont presque aussi onéreux que son prix d’achat.
En 2021, Alexandre et Luc ont troqué ses robots GEA pour deux VMS de chez DeLaval. Coût de l’opération : 240 000 € pour l’achat des matériels, accompagnés de quelques adaptations dans la stabulation. « Cela me revient à 2 110 € par mois avec les frais financiers sur dix ans », résume Alexandre.
À cela s’ajoutent les frais d’entretien et les consommables. « De 2021 à 2025, j’ai bénéficié d’un contrat de quatre ans pour la maintenance et les consommables à prix préférentiel, car le robot était neuf et certains composants encore sous garantie. » Compter 1 200 € par mois pour ce service tout compris. Ajouter ensuite les consommables liés aux options spécifiques choisies par l’éleveur, notamment le suivi de la repro et de la qualité du lait pour 300 € chacun. Au total, entre 2021 et 2024, les deux robots ont coûté 3 910 € par mois, hors eau et électricité. Compter 45 €/1 000 l.
Les frais de maintenance augmentent avec l’âge du robot
Mais après quatre ans, l’histoire se corse. L’offre de maintenance initiale est caduque. « Je pouvais la poursuivre, mais le montant doublait à 2 200 € par mois », résume Alexandre Smessaert. Un montant équivalent à la mensualité liée à l’achat du robot. « Sur quatre ans, cela revenait à 90 000 €. Je trouvais que ça commençait à faire beaucoup, remarque l’éleveur. Lorsque l’on achète un matériel, on nous présente d’abord son coût d’achat, puis dans un second temps les frais de maintenance. »
Une autre option était possible : passer un contrat d’entretien régulier avec le concessionnaire, et assumer le coût des consommables et des pannes éventuelles. C’est ce qu’a choisi Alexandre pour 2025. « C’était un pari », admet l’agriculteur. Les frais d’entretien revenaient alors à 425 € par mois, auxquels il a fallu ajouter l’ensemble des achats de pièces, produits d’hygiènes et des interventions. Après coup, l’éleveur en a eu pour 750 € par mois. « J’ai été gagnant. J’en ai eu pour 1 176 € par mois, mais c’est assez aléatoire. Je n’ai pas eu de grosses pannes à déplorer… Peut-être aurions-nous dû prendre cette option dès le début, mais cela suppose d’être un peu joueur et de bien connaître sa machine. »
Le robot a changé ma manière de produire.
Pas question pour autant de remettre en cause la traite robotisée : « J’ai de très bonnes relations avec mon concessionnaire, et le robot a changé la manière de produire sur la ferme. Avec 110 vaches, en 3h30 d’astreinte par jour, le travail est fait. » Les chiffres sont à mettre en perspective avec les économies de main-d’œuvre réalisées. « Cela coûte cher au quotidien, mais ça apporte aussi de la liberté. »
Chez Alexandre, le contrôle des cellules a également remplacé le contrôle laitier, et le suivi repro permet de repérer les chaleurs discrètes. « Le coût de fonctionnement d’un robot est difficile à analyser, parce qu’il permet aussi de gagner des points sur le plan technique ce qui amortit une partie des investissements », insiste l’agriculteur.


Deux nouveaux robots en avril
À tel point qu’Alexandre et son père attendent l’arrivée de deux nouveaux robots de traite en avril. Pour l’éleveur, mieux vaut amortir un robot neuf que d’avoir des lignes de frais de fonctionnement. Sur les cinq prochaines années, la mensualité des nouveaux s’ajoutera à celles des anciens. Compter 3 710 € par mois pour le financement des robots et 1 600 € de forfait de maintenance (entretien, dépannage et consommables compris), soit un coût total de 5 310 € par mois ou 61 €/1 000 l (à production constante). Reste à voir si l’éleveur ajoutera des options à ses nouveaux robots de traite.
En parallèle, le changement de robot permet de bénéficier d’équipement récent, avec des frais de maintenance réduits et des gains de performance. Avec un débit de traite adapté à chaque trayon, DeLaval promet une diminution du temps de traite. « En théorie, nous devrions gagner 2 minutes par vache laitière, et donc pouvoir charger un petit peu plus la stalle », explique Alexandre qui compte également sur le gain de productivité pour amortir son installation.

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