Chez Matthieu Carpentier, le silo libre-service va fêter ses 50 ans

Matthieu Carpentier éleveur laitier
Ce système d'alimentation est en place depuis 1977 sur cette exploitation de polyculture-élevage laitier. (©Terre-net Média)

Face aux rations mélangées, le système d'alimentation des vaches laitières en silo libre-service est pour la plupart d'entre nous aux oubliettes. Pourtant, il a été très célèbre il y a quelques décennies. Avec un gain de temps au quotidien et des charges de mécanisation moindres, ce système compte encore quelques adeptes.

Au GAEC des campagnes à Pierrefitte-en-Beauvaisis (Oise), le silo libre-service est en activité depuis près de 50 ans. C'est Rolland Carpentier, le grand-père de Matthieu qui a mis en place ce système d’alimentation des vaches laitières en 1977, avec aire paillée et aire d’exercice extérieure. « C’était ce qui se développait à l’époque », retrace Matthieu, mais cette méthode d’alimentation s’est essoufflée face à l’essor des rations mélangées dans les années 90-2000.

L'installation s'est améliorée à mesure que l'exploitation a évolué. Auparavant, les granulés étaient distribués en salle de traite. En 1987, Thierry, le père de Matthieu, a installé un distributeur automatique de concentrés (Dac), et une troisième stalle a été mise en place en 2020. Avec 30 vaches laitières en 1987, puis 40 en 2000, l’effectif a atteint les 80 vaches laitières en 2018 avec l’arrivée de Matthieu.

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Moins chronophage au quotidien, et moins de charges

Pour l'alimentation des animaux, le télescopique avec un godet suffit pour tout faire, « pas besoin de bol mélangeur, ni de distributrice, lance Matthieu. Et en dix minutes par jour les vaches ont à manger ». À la belle saison, le volume de lisier sur l'aire d'exercice extérieure est faible : un curage par jour suffit à garder l’espace propre, contre deux l'hiver. Il justifie cette faible mécanisation par une utilisation réduite du télescopique par rapport à un système plus classique, « mon télescopique est de fin 2010, et n’a que 7 000 heures ; ça ne fait pas beaucoup en 15 ans dans une ferme laitière », lâche l'éleveur.

L’un des inconvénients de ce système reste le nettoyage en vue du chantier d’ensilage. Au Gaec des campagnes, pour répartir cette charge de travail, il n’y a pas un seul silo mais deux en face à face. « Quand le premier silo est vide, on peut le nettoyer et il est déjà prêt. Comme on étale le travail, le jour J c’est un peu moins contraignant », explique Matthieu.

En revanche, la contention des animaux constitue un point faible. « Pour tout ce qui est manipulation et contention des animaux, on n’a pas de cornadis pour attraper tout le monde. Donc les vaches sont triées une à une à la sortie de la salle de traite si on a besoin de faire des soins », déclare-t-il. Aussi, lorsque le temps est pluvieux, le volume de lisier à curer est conséquent, « donc il faut du stockage en face ».

« Un libre-service piloté. »

Pour l’entretien quotidien, « on éboule le front d’attaque avec le télescopique deux fois par jour », explique Matthieu. « On aime bien dire que c’est un libre-service piloté parce qu’en principe, le silo est à hauteur d’homme et les vaches se débrouillent, mais ici le silo fait 3 m de haut pour 12 m de large », précise-t-il. En parallèle, pour l’apport de fibres, une balle d’enrubannage d’herbe de prairie est distribuée chaque jour.

« L’aliment liquide, baromètre de la ration. »

Dans cette exploitation, le libre-service ce n’est pas qu’au silo ! Les vaches ont accès à de l’aliment liquide en libre-service : de la mélasse dans un bac à roues. L’aliment liquide est considéré comme le « baromètre de la ration », parce que les vaches en consomment davantage s’il y a un déséquilibre dans la ration. « Si elles ne passent pas assez de temps au Dac, s’il y a trop de concurrence, ou si elles n’ont pas suffisamment d’aliment pour faire face à leurs besoins, elles vont compenser avec de l’aliment liquide », commente Matthieu. Concrètement, « la consommation d’aliment liquide donne un indicateur de ce qui se passe dans la ration ».

Un silo ouvert toute l’année

Lorsque la pousse de l’herbe et la portance des sols le permettent, les vaches vont en pâture. Selon les conditions météo, la stabulation est fermée aux alentours du 15 avril jusqu’au 1er octobre, mais le silo reste tout de même accessible. « Toute l’année, elles ont une base maïs dans la ration », assure-t-il.

Une fois par an, le maïs est distribué à l’auge : le jour de l’ensilage. Ensuite, un des deux silos reste fermé pour plusieurs mois, alors que le premier est ouvert le lendemain même. « Les trois premières semaines, on donne du maïs en cours de fermentation aux vaches, ça crée des variations de production sur cette période alors il faut surveiller de près », prévient Matthieu.

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