Nurserie : ils ont investi 150 000 € pour leur confort et celui des veaux

« Des meilleures conditions d’élevage permettent l’expression du potentiel génétique des animaux, il faut savoir investir pour de la rentabilité », assure Fabien Guille.
« Des meilleures conditions d’élevage permettent l’expression du potentiel génétique des animaux, il faut savoir investir pour de la rentabilité », assure Fabien Guille. (©Terre-net Média)

Après plusieurs années d’essais concluants sur le logement individuel des veaux, les associés du Gaec des trois sites ont franchi le pas. Ils ont investi près de 150 000 € pour une nurserie tout confort : cases individuelles à roulettes, DAL, igloos et barrières doubles, tout est pensé pour le bien-être des animaux et des Hommes.

Chez Fabien et Sébastien Guille, au Gaec des trois sites à Hernicourt (62), les veaux passent leur deuxième hiver dans la nouvelle nurserie. Auparavant, ils étaient logés dans le bâtiment des vaches laitières, mais depuis 6 ans, le logement individuel des veaux a été choisi pour remédier aux problèmes respiratoires. Fabien, l’associé responsable de l’élevage sur cette exploitation en polyculture-élevage, a voulu tester l’efficacité du logement individuel des veaux avant de se lancer dans de réels investissements. « Pendant 4 ans, ils étaient dans des cubis de 1 000 litres aménagés en niche à veau à l’extérieur, puis on a visité plusieurs systèmes pour voir ce qui se fait avant d’investir », raconte l’éleveur.

Rigueur et praticité

Dans le bâtiment de près de 650 m2, sorti de terre en 2023 et mis en route en janvier 2024, « on a un fonctionnement en marche en avant, détaille Fabien. Les mâles et les femelles sont bien séparés : les mâles sont au plus près de l’extérieur parce qu’ils sont vendus à 15 jours, et les femelles passent de parc en parc dans l’ordre logique jusqu’au bout du bâtiment ».

Chaque fois que l’on entre dans le bâtiment, tremper ses bottes dans le pédiluve est un passage obligé, un premier bain dans l’eau, puis le deuxième dans une solution désinfectante.

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« L’objectif, c’est de ne rentrer aucun matériel dans le bâtiment » et tout est aménagé en conséquence. Les cases à roulettes permettent de déplacer le veau sans que le marchand de bestiaux n’entre réellement dans le bâtiment, et pas besoin d’aller dans le bâtiment pour curer le fumier des cases, c’est la case tout entière qui sort du bâtiment pour être curée, lavée et désinfectée. En anticipation aux potentielles réglementations sur l’élevage collectif des veaux laitiers, ces cases individuelles sont en réalité des cases doubles avec une paroi amovible ; ce qui donne une case de 120 cm de profondeur et 180 cm de large avec une paroi centrale.

Fabien a opté pour des cases individuelles à fond plein « parce que les caillebotis sont plus compliqués à nettoyer avec les trous », explique-t-il. Pour une bonne évacuation des jus, la case est légèrement inclinée et les jus sont réceptionnés dans un caniveau.

Pour limiter au maximum le risque de contaminations croisées, bien que les seaux tétines soient nettoyés entre chaque buvée, chaque case et son seau correspondant sont numérotés, « comme ça chaque case à son seau et chaque seau à son veau », explique l’éleveur. Au même titre que la case, le seau est désinfecté entre chaque occupant.

Igloos et barrières doubles pour le confort des animaux et des éleveurs

Après les deux à trois semaines en case individuelle, les génisses passent en parc collectif avec une distribution du lait au DAL. A ce moment, les veaux sont déjà habitués à la poudre de lait, « ils ont le lait de leur mère les quatre à cinq premiers jours de vie, et après on les met à la poudre. De ce fait, ils ont un changement à la fois », sourit Fabien.

Une boucle d’identification permet au DAL d’identifier chaque veau lorsqu’il se présente pour boire, « le lait est préparé au cas par cas, distribué à 45°C, et la distribution est plafonnée à 10 litres par jour et par veau ». Les deux premières cases collectives permettent l’accès au DAL, puis le sevrage a lieu aux alentours de 110 kg.

Les parcs collectifs sont équipés d’igloos, « pour que chaque veau se régule de lui-même s’il a chaud ou s’il a froid, explique l’éleveur. L’atmosphère n’y est pas humide grâce aux quatre bouches d’aération en haut », poursuit-il. Longtemps, le point noir des igloos a été le paillage, mais ce modèle est équipé d’une trappe pour apporter la litière à l’intérieur de l’igloo, « directement à la pailleuse, en même temps qu’on paille les parcs », lance Fabien.

Dans cet objectif de rendre le travail plus facile et agréable, chaque poteau intermédiaire aux différents parcs est équipé de barrières doubles. Fabien l’accorde, « ça fait deux fois plus de barrières à acheter, mais on peut manipuler les veaux tout seul et facilement ». Lors de la pesée pour le suivi mensuel de croissance et de GMQ, ces jeux de barrières transforment le quai qui longe les cornadis en un couloir de contention, « sans avoir à courir, ni mélanger les lots ». Aussi, des barrières extensibles au niveau des igloos permettent d’enfermer les veaux à l’intérieur, « pour le curage de l’aire paillée par exemple, mais aussi pour les maintenir dans l’aire paillée quand on veut curer les igloos », explique-t-il.

« Investir pour de la rentabilité »

La nurserie du Gaec des trois sites aura nécessité « un investissement de 100 000 € pour le bâtiment, auxquels il faut ajouter le béton, les cornadis, les igloos, les cases et autres aménagements, ce qui nous a menés à 150 000 € à peu près », estime Fabien.

Même si le bâtiment est très ouvert, la toiture isolée maintient une certaine atmosphère à l’intérieur, et un filet brise-vent installé dernièrement protège de la pluie et des courants d’air.

L’éleveur le reconnaît, « les veaux, c’est assez sensible. Avant on était moins techniques, les conditions d’élevage n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui et ça se ressent au niveau des performances. Des meilleures conditions d’élevage permettent l’expression du potentiel génétique des animaux, il faut savoir investir pour de la rentabilité », tranche-t-il.

Pour optimiser les conditions de vêlage, une mesure de pH urinaire est effectuée, ainsi qu’une évaluation de la note d’état corporel des vaches taries lors de la visite bimensuelle du vétérinaire pour le suivi repro et santé. Aussi, les veaux sont pesés chaque mois, pour avoir un suivi de croissance et du GMQ.

Avec légèreté, Fabien compare son élevage à une course de F1, « parmi les premiers, tout se joue à des quarts de seconde, ça se joue à rien. C’est pareil en élevage, il faut aller chercher les derniers détails pour performer et j’aime ça ».

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