Grâce au développement croissant de la génétique en élevage, les indicateurs de variabilité génétique profitent du nombre de générations connues en constante augmentation pour s’affiner d’année en année.
En génétique, les chercheurs regardent deux indicateurs pour évaluer la bonne santé d’une race : la consanguinité, et la diversité génétique. La première mesure la probabilité qu'un individu ait deux allèles identiques par descendance, elle sert à identifier le risque d’accumulation de gènes délétères au sein d’une race. La seconde mesure la richesse et la répartition des allèles parmi les individus. En bref, plus il y a de diversité, plus la capacité d’adaptation de la race est grande.
On le sait, les races laitières ne sont pas forcément de bonnes élèves en la matière. D’après le rapport Varume 2025, qui analyse chaque année la variabilité génétique sur le troupeau bovin, la consanguinité moyenne varie de 2,1 en race Simmental Française, à 6,8 pour l’Abondance. Pour visualiser, un enfant né de deux cousins germains affiche un coefficient de consanguinité de 6,25 %. Toutefois, la consanguinité sur 3 générations, qui correspond à ce que l’on appelle « consanguinité proche », reste très faible. Elle est comprise entre 0,07 % en Prim’holstein et 0,32 % en Jersiaise, « cet indicateur prouve que les éleveurs suivent les propositions d’accouplements raisonnés » rapporte l’Idele.
Dans un webinaire, Coralie Danchin, du service génétique de l’Idele, explique que la consanguinité proche (issue d’un croisement entre ancêtres récents) est plus dangereuse que la consanguinité totale (issue de l’accumulation par génération). En effet, dans le cas de la consanguinité totale, le processus naturel de purge génétique vient éliminer progressivement les allèles néfastes au fur et à mesure des générations. « Avec de la consanguinité proche, on n’a pas ces effets, et c’est là qu’on a l’expression la plus probable d’anomalies génétiques ».
C’est pourquoi il est intéressant de se pencher sur le niveau de diversité génétique affiché en races laitières. Pour ce faire, les chercheurs utilisent la notion d’ancêtre efficace. Ils regardent alors les quelques animaux qui ont transmis une partie importante de leur patrimoine génétique à la population actuelle.
12 ancêtres efficaces à l’origine de la diversité génétique en race Abondance
En race Abondance, 12 ancêtres efficaces à contribution équivalente suffisent à expliquer la diversité génétique actuelle. Attention, cela ne veut pas dire que 12 animaux suffiraient à recréer la race. Les généticiens utilisent avant tout cette notion pour mesurer l'importance des lignées fondatrices. Mais c'est relativement peu. Du côté des races allaitantes, il n'est pas rare de compter une quarantaine d'ancêtres efficaces voire davantage. En Simmentale française, 46 animaux expliquent le niveau de diversité actuel. « Globalement les races internationales, exceptée la Prim’holstein -avec 18 ancêtres efficaces-, ont un nombre d’ancêtres efficaces supérieurs aux autres, probablement du fait des flux de gènes avec l’étranger », explique l’Idele.
En Abondance, 4 ancêtres expliquent 50 % de la variabilité génétique sur la population femelle. En Holstein, 6 animaux expliquent à eux seuls près de la moitié de la variabilité génétique actuelle de la race ! Elevation, un taureau né en 1965, contribue à 12,3 % du patrimoine génétique moyen des vaches Holstein.
Plus le nombre de générations connues est élevé, plus l’information communiquée est considérée comme fiable. Naturellement, cet indicateur croit au fil des années parce que des générations supplémentaires sont remontées.
En races laitières, le nombre de générations connues est globalement élevé, - de 7 pour les Jersiaises, à 12,4 en race normande.
Pour être publiés, les rapports doivent dépasser le seuil de 2,5 générations connues.
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