Avec la hausse des prix de la viande, les distributeurs boudent le label rouge

Vaches limousines en prairie
L'écart de prix entre la viande sous label et la viande standard se restreint, mais reste difficile à valoriser pour les distributeurs. (©Terre-net Média)

À l’occasion du son point presse annuel, les viandes Limousines Label Rouge ont fait état du désengagement de certains distributeurs envers les labels. En cause : la hausse du coût de la viande, qui rend les filières qualité encore plus onéreuses pour les consommateurs.

« Avec la hausse des cours des bovins, certaines enseignent se désengagent du Label Rouge », alerte Jean-Marie Escure, directeur de Limousin promotion Label Rouge à l’occasion du point presse annuel de l’association. Parmi les têtes d’affiche, Auchan, Casino et leurs filiales Monoprix ainsi que Carrefour ont fait le choix d’arrêter ou de restreindre leurs gammes de viandes Limousines Label Rouge.

Chez les autres distributeurs, « tout dépend de la stratégie des directeurs de magasin ». Avec une logique de franchise, les gérants de magasins Leclerc, Super U ou Intermarché sont libres d’élaborer une stratégie au cas par cas.

414 points de distribution perdus.

« Il ne s’agit pas de pointer du doigt les distributeurs, mais plutôt de constater que le phénomène est général », poursuit le directeur. L’année dernière, l’association comptait 1 589 points de vente. Elle en compte 1 175 actuellement. Avec la hausse des cours de la viande, difficile pour les distributeurs d’écouler plusieurs gammes de viande dans leurs étals. La hausse du prix de la viande a considérablement réduit le delta de prix entre viande standard et sous label qualité. « Le point positif reste que pour la majorité des productions, les prix du marché sont au niveau des coûts de production voir au-delà. »

Mais pour les représentants du Label, les distributeurs font fausse route. « Le prix du bœuf a presque doublé en 3 ans. Il aurait été normal que les prix progressent plus vite en rayons, mais les distributeurs sont réticents à augmenter les prix. Et il n’y a pas d’alternative. Il faut passer les hausses. La seule solution, c’est de proposer la viande autrement au consommateur, avec des portions plus petites ou des préparations pensées autrement », insiste Jean-Marie Escure.

Le retrait du Label Rouge sur fond de signature de l’accord UE-Mercosur n’augure rien de bon pour les représentants de l’association. « Le plus gros enjeu pour les consommateurs aujourd’hui en magasin, c’est d’identifier l’origine des viandes. Et le Label Rouge est justement une solution pour savoir que l’on bénéficie d’une viande qui a été tracée tout au long de la chaîne », estime Jean-Christophe Dufour, Président de Limousin promotion.

La production de bœuf limousin en retrait de 9,3 %

Ainsi, la production de viande de bœuf limousin est en baisse de 9,3 % par rapport à 2025. La production de veau du Limousin affiche le repli le plus important, avec une baisse de la production de 20,5 %. Cela s’explique à la fois par un désengagement des éleveurs envers une production chronophage, et un effet de rattrapage des prix favorise le retrait des distributeurs.

L’association des viandes Limousines mise sur le Salon de l’agriculture, pour mettre en avant les productions sous indicateur de qualité. « Il faut profiter de l’audience qui nous est donnée auprès des consommateurs, comme des distributeurs », insiste le président de l’association, également préoccupé par l’image dégagée par la filière en ce contexte sanitaire particulier. « Il faut faire attention à comment nous communiquons pour ne pas faire peur au consommateur. Il ne faudrait pas que la crise de la DNC ait des répercussions trop grandes sur la consommation, car on sait que les crises sanitaires vont généralement de pair avec un désengagement des consommateurs. »

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